LE CLERGÉ DE ROTTENBOURG
année sous une discipline plus stricte, et dans la retraite. C'est son grand séminaire. Le juget-on digne, on lui confère tous les ordres; il est instruit de la science professionnelle dos prêtres, de la liturgie et de Tadministration des sacrements; et, à sa vingt-cinquième année, le voilà prêt à exercer les fonctions du pasteur. Reconnait-on en lui des dispositions à une culture intellectuelle plus élevée, on le renvoie à l'université comme répétiteur, et il y subit les examens du doctorat qui lui ouvriront la carrière de renseignement universitaire. Le prêtre jouit ainsi de la considération qui, partout, en Allemagne, est attachée au titre de docteur, et même à quiconque a reçu le baptême de la science académique.
Il faut voir là une des causes les plus actives de la supériorité du clergé allemand, au point de vue de l'érudition et de la science, entre les divers clergés du monde. Ces mêmes conditions produiraient partout des effets identiques,
el on ne saurait trop espérer de l'avenir, si Torganisation du haut enseignement universitaire venait redonner à FEspagne,. à l'Italie et à la France les grands esprits qui furent à la fois les lumières de leur Eglise et Thonneur de la littérature de leur pays.
Liberté des uDiversiié^ allemandes. ^ Absence de programmes. —Grandeur démocratique du titre de doctenr.— Gomment les univerôités, eu Allemagne, maintiennent TuDité du savoir. — En France, l'unité du savoir purement administrative. — Obligation pour tout étudiant, en Allemagne, de suivre les cours d'histoire et de philosophie qui forment l'unité logique et pratique des sciences. — Importance de notre école normale et ses lacunes.
Revenons sur Tun des caractères les plus importants à signaler dans le système pédagogique des universités allemandes : la liberté..
Autant le soldat est discipliné, en Allemagne, autant l'étudiant y est affranchi. Autant Tindi-
vidualité est écrasée dans rorganisation militaire, autant elle est libre et respectée dans Torganisation universitaire. Ici, l'obéissance passive, aveugle, automatique, inflexible; là, Fesprit d'initiative sous un règlement large, au profit du dernier venu des étudiants, comme du premier des maîtres. Si Tannée peut se comparer à une machine colossale dont tous les mouvements sont réglés géométriquement , l'université est un être organisé et vivant qui se meut lui-même.
Nul programme. La science est libre, les méthodes sont libres, le choix du sujet est libre, le professeur est libre , l'étudiant même est libre. La liberté anime, vivifie, afi'ranchit tout.
Avant chaque semestre, le sénat de l'université arrête et approuve les sujets que chaque professeur doit traiter, ainsi que les heures des leçons. Le maître en informe les étudiants par une simple affiche écrite de sa main, signée de son nom et placardée sur le tableau noir.