VICES DE L'ENSEIGNEMENT
dans les cadres de cette armée de travailleurs. Ils se recrutent par ordre d'en haut. Une place est-elle vacante? c'est au ministre de la remplir : il est le grand mécanicien. Une roue se briset-elle dans la machine? on en met une autre.
Voilà où en est réduit le corps professoral dans ce pays où la liberté a tant de peine à passer du vocabulaire dans les mœurs, et semble n'être qu'un thème à discours, ou une arme aux mains des minorités ou des partis affamés de tyrannie et d'absolutisme.
Chose étrange I ce pays passionné pour la liberté n'a réussi qu'a produire une organisation asservie à l'État, au pouvoir, sans la moindre indépendance. Ces législateurs, qui rêvaient de former l'homme moderne en lui donnant une culture universelle, n'ont guère abouti qu'à créer des spécialités de plus en plus étroites. Cette nation, qui a, la première, exalté la tolérance comme une vertu civique et inscrit dans le code de ses principes la liberté de conscience, n'a -p&Â pu s'élever à voir autre chose dans Tinstruc-
su LES ALLEMANDS
tioii nationale qu'un moyen de faire prévaloir telle ou telle doctrine, et surtout de déraciner l'ancienne foi religieuse.
n n'est pas possible de relever des contradictions plus choquantes. En les voyant se perpétuer, on se demande avec angoisse s'il ne faut pas désespérer d'un pays où le sens pratique reçoit de tels affronts, et où les errements, loin d'être corrigés par l'expérience, ne font que s'enraciner pour devenir une routine indestructible.
Pour peu qu'on soit habitué à rechercher les causes des phénomènes que présente la vie d'un peuple, on n'hésite jamais à les demander aux institutions nationales.
Voulez-vous savoir pourquoi l'esprit français est aujourd'hui ce qu'il est? Étudiez le mode d'organisation de l'enseignement public. L'homme est ce qu'on le fait; or, comment se façonne l'esprit de la jeunesse française, si ?e n'est par le régime de notre instruction natio-