VICES DE L'ENSEIGNEMENT
On a donné à la jeunesse, depuis quelques années, un enseignement toujours plus étendu qui a fini par devenir universel, ericyclopédique : la conséquence n'a pas tardé à se produire. Le nombre des hommes superficiels va augmentant tous les jours, et il n^y eut jamais autant d'esprits ayant appris plus de choses et en ignorant davantage.
Le sentiment de la liberté a été absolument méconnu dans l'organisation de l'enseignement public. Voyez le résultat : l'initiative de l'esprit a été bientôt frappée de paralysie ; et rien n'est devenu plus rare parmi nous qu'une intelligence personnelle, capable de vouloir et de penser par elle-même.
Enfin, les diverses branches de renseignement supérieur se sont de plus en plus divisées, isolées, quelquefois opposées, en facultés spéciales, en hautes écoles, en internats : les intelligences se sont bientôt à leur tour divisées, isolées, groupées en sectes, en partis politiques et religieux.
D semble à Tobservateur que notre pays soi* atteint d'une sorte d'épilepsie, ce mal mysté* rieux et terrible qui se traduit par d'affreuses convulsions et dont la cause secrète est dans le défaut de coordination cérébrale.
Ce n'est point sans douleur que nous constatons de telles plaies. Une des souffrances les plus cruelles pour le patriotisme est celle de rhomme qui voit sans illusion les maux de la patrie, et qui a conscience de ne pouvoir les guérir. Si la vérité austère n'était préférable à tout, mieux vaudrait le chauvinisme aveugle qui se refuse à voir le mal ou la naïveté de l'esprit crédule, persuadé qu'un discours ou un livre suffit à tout guérir.
Quand on jette un regard d'ensemble sur l'histoire de l'instruction publique en France, on la voit se partager naturellement en deux époques.
La première est celle de l'ancien régime • elle se termine à la Révolution^ avec l'ancien