INFLUENCE DE L'ENSEIGNEMENT
régime lui-même, après une dm*ée de près de douze siècles. Elle est essentiellement caractérisée , au point de vue du corps professoral, par la prédominance de TÉglise et du clergé; la façon même dont l'enseignement est organisé trahit cette prédominance. L^ensemble et la synthèse des sciences est sous Tempire souverain de la théologie qui domine et inspire toutes les sciences inférieures. Quant à l'institution même, elle a le caractère de corporation; elle forme une sorte de puissance autonome, se recrutant elle-même sous la haute protection des rois, des évêgues et des papes, et tenant quelquefois en échec leur autorité.
La seconde époque ne date, à vrai dire, que de la constitution de 1808, où le génie despotique et militaire de l'empereur change en milice la corporation universitaire, et en fait une administration de TÉtat, sous le nom d'Université impériale de France.
De 1789 à 1808, le génie ardent de la Révolation ne chôme pas ; le problème de l'instruc-
tion publique et de sou organisation nouvelle est constamment agité, soit dans F Assemblée législative, soit dans la Convention nationale. Mais la théorie, les préjugés nouveaux, la méconnaissance des besoins et des nécessités pratiques égarent les esprits.
Ce sont des littérateurs et des écrivains : ce ne sont pas des politiques ni des hommes d'action. Ils ont édicté des lois, comme on écrit un livre; ils ont été des Jean-Jacques, mais non des Lycurgues. Ds ont eu l'incroyable naïveté de croire qu'on fait un peuple à coups de lois. Ils ont agi comme si la France com* mençait avec eux, et comme si l'ancien régime avait été anéanti d'un coup de décret. Plus préoccupés de détruire que d'édifier, de prévenir un retour offensif du monde monarchique que de servir, sans préjugés, la vérité politique et la patrie, ils ont méconnu ce qui était éternel dans la nature humaine, et, en proclamant les droits de l'homme, ils n'ont pas même songé à lui rappeler ses devoirs; ils n'ont vu que