LA JEUNESSE UNIVERSITAIRE
réserve. Les étudiants en théologie sont, comme les autres, incorporés à Tannée du pays. Je me rappelle avoir vu à Tûbingen, dans les vacances de 1882, plus de vingt élèves de la faculté de théologie catholique prenant part aux grandes manœuvres d'automne, et sacrifiant ainsi le temps du repos à un devoir patriotique qui ne souffre pas d'exception, en Allemagne.
Le régiment, de passage à Tûbingen s'est reposé, le dimanche, dans la petite ville universitaire. Les vingt étudiants sont venus voir leurs maîtres, et ils ont fêté avec eux ce dimanche sous l'habit et le casque militaires, comme ils le faisaient sous la redingote et la casquette de l'étudiant.
Est-ce habitude d'obéir? Est-ce amour de la patrie et goût des armes? Est-ce réserve de caractère? Je ne saurais le dire; mais je n'ai entendu aucune plainte sur cette loi rigoureuse qui enchaîne tous les Allemands sous les drapeaux.
La passion patriotique inspire, dans la jeunesse ^omme dans le peuple, certaines sympathies ou antipathies ardentes. Ace point de vue, le monde des étudiants est l'image fidèle de la nation tout entière. On y sent déjà gronder la haine du Slave ; et la question juive, le sémitisme et l'antisémitisme, y trouve un écho retentissant.
L'Allemand se considère à la fois comme une race et comme un peuple. S'il regarde avec répulsion le Juif et le Slave, et avec jalousie le Latin, c'est qu'il voit en eux des races différentes et rivales.
L'hostilité particulière que provoque le Juif jusque dans la jeunesse lettrée parait avoir sa racine dans le patriotisme et le sentiment religieux. L'Israélite est, par sa nature, mêlé à tout, et cependant distinct de tout. Il me semble d'essence parasitaire. Il aura toujours pour ennemis les êtres organisés sur lesquels il s'implante ; et l'opposition qu'il soulèvera sera d'autant plus vive que ces êtres coUec-