IDÉES PHILOSOPHIQUES
tifs auront une conscience plus énergique de leur unité. C'est ce qui explique Timporlance du mouvement antisémitique en Russie, en Hongrie, en Allemagne, et l'indifférence qu'il rencontre dans notre propre pays.
Les idées philosophiques ne m'ont point paru passionner les esprits. L'ère des maîtres est close. Aucun ne fait école ; aucun ne domine toute une génération, comme aux jours d'un Kant, d'un Wolff, d'un Hegel, d'un Fichte ou d'un Schelling". Dans le monde entier, d'ailleurs, sans en excepter aucun peuple, la philosophie traverse une période de déclin. Où est la tête puissante qui ouvre à la pensée de ce siècle des perspectives nouvelles, dans la création de systèmes nouveaux?
Les croyants regardent vers le moyen âge; et ils sont contraints de franchir cinq siècles en arrière pour trouver un maître. Ils essayent avec peine de rajeunir la scholastique et de la féconder à la clarté des sciences modernes. En
Italie, de grands esprits comme Rosmini e< Gioberti n'ont guère réussi à renouveler la philosophie ancienne; en Espagne, balmès n'a pas fait école ; en France, les hautes tradition? du spiritualisme cartésien se maintiennent laborieusement ; en Angleterre, le positivisme a résolument fermé la porte aux recherches métaphysiques ayant pour objet Celui qu'il nomme VI?icognoscible, et la philosophie se limite au domaine de V Expérimental. En Allemagne, Lotze est le dernier des philosophes qui ait exercé dans les universités une certaine maîtrise. La plupart des professeurs, actuellement, se rallient à Herbart.
Trois grands génies dominent, à mon avis, toute la pensée philosophique allemande et en déterminent la direction : Spinoza, Leibnitz, Eant.
Les tendances panthéistes, qui recherchent l'unité à outrance et qui aiment à se formuler en système, relèvent de Spinoza. Le goût de rérudition vaste et de Téclectisme conciliant