L'ÉGLISE DE FRANGE
naîtra dans son culte, ses œuvres de charité, sa hiérarchie, ses vertus mêmes; mais non dans sa philosophie supérieure. Il réussira difficilement à imposer le respect à cette opinion moderne que la science fascine et à rallier à lui les esprits d'une haute culture que la splendeur doctrinale seule peut réduire. Il n'acquerra pas non plus ces développements puissants qui ne sont stimulés que par les grandes luttes et qu'il n'a obtenus qu'aux jours déjà loin où, dans les universités du moyen âge et de la renaissance, il s'est vu en contact intime, et quelquefois en conflit, avec les sciences humaines, toujours en mouvement.
Il ne suffirait point que l'Église de France eût ses chaires nominales au Collège universel, elle aurait encore besoin de chaires entourées d'étudiants nombreux.
C'est aux évêques qu'il appartiendrait de les choisir, dans chaque diocèse. Cette élite des aspirants au sacerdoce formerait, au Collège universel de France, l'École normale supérieure
du clergé. C'est ainû que se ferait le rapprochement si nécessaire entre les hommes de la science terrestre et les hommes de la science divine, destinés les uns et les autres à être les guides de Thumanité.
Rien n'empêcherait d'ailleurs de réunir ces jeunes gens dans un internat pour leur donner un refuge contre le tourbillon de la grande Ville y et leur permettre de puiser aux sources de toute science, sans danger pour la vie morale.
Nous exprimons ces vœux, nous esquissons ces pensées avec discrétion et respect, nous souvenant que notre rôle doit se limiter à émettre les vœux dont la réalisation n'appartient qu'à l'Église et à sa hiérarchie.
Le jour où nous verrons en France, audessus de nos facultés et des hautes écoles spéciales, un grand foyer de science universelle, nous n'aurons plus rien à envier à la docte