‹ Les allemandsChapitre 78 sur 89 · DEVOIRS DE LA FRANGE S · texte numérisé non relu

DEVOIRS DE LA FRANGE S

grandes agglomérations, quelles que soient les vicissitudes de leurs destinées, elle a sa place à tenir.

Nul n'a le droit dans le pays, ni gouvernants ni gouvernés, de se soustraire à ces devoirs sacrés, sans forfaiture.

Qu'il me soit permis, en terminant ces pages, après avoir vécu loin de la patrie, de dire comment je comprends les devoirs d'un mâle et vigilant patriotisme.

Avant tout, veillons, et soyons forts. La loi de conservation le demande.

Quelque sympathie que notre peuple inspire à d'autres, à quelque reconnaissance qu'il puisse prétendre, il ne doit compter ni sur la reconnaiss€mce ni sur la sympathie. De tels sentiments sont nobles, mais fragiles, en politique surtout, où l'intérêt parle le premier et le dernier.

Et puis, il ne faut pas l'oublier, l'Allemagne nous craint, nous jalouse, nous hait.

Elle nous craint, parce que, victorieuse, elle

nous a mortellement blessés, en nous mutilant

Elle nous jalouse, parce qu'elle voit en nous

les seuls rivaux redoutables, et que si on peut

'«incre U France endormie et amoindrie, on

peut tout redouter de la France debout et

résolue.

Elle nous hait, parce que, dans l'exécution de son programme, le Pangermanisme rencontrera fatalement la France plus hostile encore à ses rêves que la Russie.

Si de tels sentiments devaient rester à l'état platonique, nous pourrions les dédaigner; mais ils se traduisent par des faits publics et par tout un plan dont le dernier mot est notre isolement, notre amoindrissement, notre morcellement peut-être. Tout ce que la crainte, la jalousie, la haine peuvent inspirer à une race qui veille avec âpreté à ses intérêts, et qui n'est pas suspecte de dévouement chevaleresque, la politique allemande le pratique envers la France.

La vigilance et la force sont donc pour nous un patriotique devoir. Le culte de la justice est

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