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RELIGION ET LIBERTÉ

honoré? La religion n'est-elle pas la plus haute forme de la conscience? Quelle loi pourra être obéie dans une nation où 'la conscience n'est plus hhre?

Ainsi, sans la religion, pas de liberté.

Que les impatients, ceux qu'irritent les misères, les abus dont la religion est victime, sachent attendre. Leurs colères sont inutiles contre ce que l'Esprit vivant de Dieu n'anime plus. Les violents ressemblent à des bûcherons abattant le chêne pour couper ses branches mortes.

La loi d'ailleurs, une loi équitable, peut contenir tous les récalcitrants; et il n'est pas un patriote, quels que soient ses croyances, ses convictions et son état, qui refuserait de s'y soumettre. La religion serait un motif de plus,

car la soumission à Dieu implique la soumission aux lois.

C'est donc une haute obligation, pour un gouvernement qui voudrait être libéral, de montrer en quelle estime il tient, non pas toute

religion, — car ]a religion est susceptible de vérité et d'erreur, de fausseté même et de crime, — mais la religion vraie, celle qui a pour base ce spiritualisme dont notre philosophie française a donné au monde moderne la formule la plus précise, celle qui a trouvé dans le christianisme sa dernière expression, et dans le catholicisme sa plus parfaite organisation sociale

En agissant ainsi, il s'aliénerait sans doute plus d'un sectaire, mais il serait sûr de trouver dans Fâme du pays un écho puissant. Quel spiritualiste lui refuserait son adhésion? Et combien compterait-on en France d'esprits fermés qui ne répondent pas au nom de Dieu?

En dehors de là, c'est la chute du génie français, c'est le scepticisme, c'est l'intérêt et l'intérêt privé, comme loi dernière, c'est la raison positive aveuglée par les faits; c'est l'idéal voilé, l'idéal sans lequel aucun peuple ne saurait vivre.

Je m'étonne que des républicains inteli'gonts n'aient pas songé à tenter cette expérience,

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