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RELIGION ET LIBERTÉ

qu'ils n'aient point compris que Tirréligion n'a Tamais rien fondé : leur patriotisme n'a pas été plus fort que les vains systèmes dont il a subi le joug. S'ils eussent aimé leur pays davantage, leur cœur eût été plus clairvoyant que leur raison.

J'ose affirmer qu'avant dix ans la démocratie et la République eussent rallié les esprits dans l'unité et dans la paix, si leurs chefs avaient su donner à tous les croyants une satisfaction légitime, ouvrir dans l'àme des masses ces sources d'abnégation et de sacrifice, de consolation et d'espérance que le christianisme seul possède, et que nulle doctrine, nul système, ne remplaceront jamais.

Ceux-là seront de grands politiques qui pacifieront les consciences, et qui réussiraient à enseigner au pays cette simple chose : l'identité de la liberté et du respect.

Mais les nations modernes ne sont pas de simples tribus primitives et sauvages n'ayant entre

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elles qn*iin rapport dé voisinage hostile ou ami ; elles sont les membres vivants d'une même civîll^^ation qui a fini par embrasser Thumanité tout entière et qui voit au-dessus des petits intérêts particuliers le progrès général du monde dans la liberté, dans la justice et dans la vérité. Un pays est d'autant plus grand qu'il prend une meilleure part à cette tâche sublime, et qu'en travaillant à développer son esprit national, il coopère plus efficacement au progrès de Thumanité.

U est des peuples égoïstes par tempérament et par volonté, il en est de généreux par vocation et par génie.

Nul pays n'a compris avec plus de clarté que le nôtre et poursuivi avec im enthousiasme plus at dent cet idéal qui domine l'évolutioti humaine. Depuis un siècle, malgré les révolutions du dedans, les guerres au dehors, il en a toujours été obsédé. La France est devemie le pays le plus démocratique, même sous un empire absolu; et aujourd'hui encore, en dépit des

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