PREFACE IX
faux se coudoient, le faux souvent plus abondant que le vrai. Une place prépondérante y est occupée par des analyses détaillées de quelques mémoires scientifiques, célèbres par le nom, de leur auteur, mais trop souvent dépourvus d'intérêt pratique.
Le traité de M. Hiorns mérite une place à part, en raison de l'expérience personnelle de son auteur. Vivant et travaillant à Birmingham dans un des principaux centres de la fabrication des alliages il a pu, tant par sa fréquentation des usines que par ses recherches de laboratoire, s'initier à bien des secrets d'une industrie restée jusqu'ici un peu mystérieuse. La précision des détails, la variété des formules contenues dans son ouvrage inspirent à première vue une confiance dont nous avons pu contrôler le bien fondé sur différents points qui nous étaient plus particulièrement connus. Ce n'est certainement pas un ouvrage bien rédigé ; il manque d'ordre, il est surchargé de répétitions et pourtant la lecture en est attrayante. Il a une certaine saveur de vieux bouquin ; on y trouve des collections de recettes sentant leur alchimie, qui font bien comprendre ce qu'a été cette industrie des alliages et comment elle s'est développée. Les redites, généralement si fastidieuses, se font accepter parce que chacune d'elles correspond en réalité à un fait distinct. C'est le résultat d'une visite d'usine, c'est la lecture d'un mémoire qui ont en quelque sortb été photographiés au passage. Et chaque répétition nouvelle d'une formule est, par l'accord d'un plus grand nombre de témoignages, une preuve de plus de son exactitude. Ce livre clôt une longue période de tâtonnements empiriques ; il en fait connaître les résultats avec toute la précision que comporte le sujet.
Si c'est l'ouvrage du passé, est-ce aussi celui de l'avenir ? Certainement non. M. Hiorns dans la préface de l'édition