LAITON FONDU
ciaux. Si l'additioii du plomb, de rétain ou du fer donne de bons résultats dans des cas spéciaux, la présence simultanée de deux ou de tous ces métaux est généralement nuisible, quelle que soit l'action de l'un quelconque s'il est seul. En fait, il peut être donné comme règle générale, non pas sans exceptions, qu'un alliage de deux métaux est plus stable qu'un alliage de trois ou plus ; plus grand est le nombre des métaux alliés ensemble, plus grande est la difficulté pour obtenir des pièces coulées uniformes et saines. Le plomb spécialement a une tendance à se séparer du mélange par refroidissement, produisant des taches noires invisibles, surtout s'il y en a 2 0/0 et plus.
Si le métal est coulé en grande quantité, ou si les pièces sont de grandes dimensions, il est établi que, pendant la solidification, une plus grande proportion de cuivre se réunit dans la partie inférieure de la coulée, et l'alliage est ainsi sujet à avoir une couleur plus intense dans cette môme région que dans la partie supérieure. Les constituants d'uù alliage de deux ou plusieurs métaux tendent à se séparer d'après leurs densités respectives ; cette tendance est d'autant plus marquée que les constituants sont plus nombreux et leurs densités plus différentes. Mais si les métaux forment une combinaison chimique, cette séparation n'aura plus lieu.
Pour montrer la différence de composition entre les parties supérieures et inférieures du laiton fondu, l'auteur a fait les déterminations suivantes. Différentes variétés de laiton ont été fondues ensemble, de façon à donner différentes qualités, et coulées dans des moules découronnés en fer de 100 mm. de haut et environ 20 mm. en carré.
l'intérieur il se forme des couches concenlriques autour d'un solide noyau cylindrique.
Laiton fondu.
§ 29. — La composition du laiton employé pour les pièces coujées varie considérablement ; elle dépend beaucoup des usages auxquels sont destinés les objets fabriqués, et aussi de la couleur particulière que l'on désire obtenir. Ainsi les alliages de joaillerie, ayant une couleur jaune-rougeâtre, contiennent de 82 à 90 0/0 de cuivre, pendant que ceux tenant de (iO à 70 0/0 de cuivre sont d'une couleur jaune. La composition la plus généralement employée est celle-ci : 66,6 0/0 de cuivre et 33,4 de zinc ; c'est le laiton type anglais. Il se comporte très bien sous le laminoir et le marteau, et peut être employé pour l'étirage en fils. Le laiton fondu contient généralement plus de zinc que celui qui est fait pour la fabrication des feuilles, des fils et des tubes ; c'est pourquoi il est plus fusible. Les matières premières ne sont pas choisies avec autant de soin, de sorte que le laiton fondu est souvent plus impur que le laiton laminé, beaucoup de débris étant mélangés au métal neuf. Les impuretés les plus communes sont le plomb, l'étain et le fer. Ces métaux ne sont pas toujours désavantageux ; le plomb est généralement ajouté dans la proportion de 1 à 2 0/0 dans le laiton employé pour le trav9,il au tour et à la lime ; il donne de la finesse au métal et préserve les outils de l'encrassement. La présence d'un peu d'étain est avantageuse si l'on désire de la dureté, comme dans le cas des coussinets. Un peu de fer durcit le laiton et augmente sa ténacité et son élasticité. Mais il n'est pas convenable d'introduire des métaux autres que le cuivre et le zinc, à moins que ce ne soit pour des usages spé-