PREFACE XI
toute la science pendant ces vingt-cinq dernières années. La séparation optique des cristaux a créé la pétrographie, qui a complètement renouvelé les sciences géologiques. La séparation des principes immédiats des alliages est aujourd'hui possible, mais depuis un très petit nombre d'années seulement, par les méthodes de la métallographie microscopique dues au professeur Sorby de Sheffield et à un ingénieur français, M. Osmond. Les recherches sur les alliages ont subitement pris un essor imprévu ; deux puissantes sociétés industrielles, la Société des ingénieurs mécaniciens de Londres et la Société d'encouragement de Paris se sont mises à la tête de ce mouvement en subventionnant largement les études faites. Mais ce mouvement ne date que de cinq ans, il est postérieur à la publication de l'ouvrage de M. Hiorns. Un résumé sommaire de ces travaux récents est donné par M. Boudouard dans un appendice placé à la fin du volume. Etait-il bien opportun alors de publier la traduction d'un ouvrage qui est appelé à être remplacé un jour par des traités composés sur des bases toutes différentes ? Si ces traités devaient paraître demain, une semblable publication aurait été inutile. Mais en s' instruisant de l'expérience du passé et calculant le temps qu'une science nouvelle met à s'établir sur des bases définitives, on trouve environ un quart de siècle. Cela a été le cas de la chimie pondérale sortie des travaux de Lavoisier, de la chimie organique sortie des travaux de Gehrardt, de la mécanique chimique sortie des travaux de S^^-Claire Deville, de la pétrographie sortie des travaux de Sorby et de des Cloizeaux. Sur les alliages il n'a paru encore que des mémoires isolés et assez décousus ; les premiers ouvrages d'ensemble qui paraîtront sur la matière seront nécessairement des ouvrages exclusivement scientifiques et dépourvus d'intérêt pratique ; il faudra ensuite un temps assez