‹ Les alliages métalliquesChapitre 53 sur 112 · OS · texte numérisé non relu

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BRONZES CHINOIS ET JAPONAIS 231

de cuivre, 8 de chacun des alliages A et B. Le cuivre est d'abord fondu, puis on ajoute les alliages A et B ; le mélange est alors agité avec une tige de bois ou d'argile (on doit rejeter le fer), jusqu'à ce que la masse soit homogène ; on s'en assure par une prise d'essai. Une seconde qualité d'alliage, meilleur marché que la précédente, est composée de 92 parties de cuivre et 4 de chacun des deux alliages A et B.

Un grand obstacle à l'emploi des bronzes d'aluminium est la difficulté que l'on rencontre pour les braser et les souder. La « Cowles Electrice Smelting Company » recommande les procédés suivants.

§ 82. — Brasure. — Le bronze d'aluminium se brase aussi bien qu'aucun autre en employant 0,25 de soudure de laiton (30 0/0 de cuivre et SO 0/0 de zinc) et 0,75 de borax.

§ 83. — Soudure. — Pour souder le bronze d'aluminium avec une soudure tendre, les parties destinées à être réunies doivent être bien propres et exemptes de graisse. Elles sont d'abord mises dans une solution concentrée de sulfate de cuivre, et on installe dans le bain une lige de fer doux en contact avec les extrémités devant être soudées. Après quelques instants, la surface du métal sera cuivrée. On retire du bain, on lave à l'eau et on polit les surfaces. Ces surfaces peuvent alors être étamées, de la manière ordinaire, avec le chlorure de zinc et la soudure tendre.

Mierzinski dit que Hulot emploie an alliage de soudure ordinaire (50 parties de plomb et 50 d'élain), avec 12,5, 25 et 50 0/0 d'amalgame de zinc.

Bronzes chinois et japonais.

§84. — Les Chinois et les Japonais ont atteint une grande

ALLIAGES METALLIQUES

perfection dans la fabrication des bronzes pour œuvres d'art. Le premier alliage est appelé shakudo et contient :

Cuivre 94,61 95,77

Argent 1,55 0,08

Or. . . 3,73 4,15

Plomb 0,11 »

Ces métaux furent employés pour les grands travaux d'art, tels que les statues colossales. Le professeur Roberts-Austen dit que la quantité d'or est très variable ; quelques spécimens qu'il a analysés contenaient 1,5 0/0 d'or.

Un autre alliage est le shibu-ichi, dont on a fait beaucoup de variétés. Les métaux précieux étaient employés pour produire un effet donné.

Cuivre 67,31 51,05

Argent 32,17 48,83

Or traces 0,12

Fer. 0,52 »

L'or permet à l'alliage de prendre une belle patine de couleur pourpre sous l'action de certaines solutions acides, pen-. dant que le shibii-ichi possède une teinte gris d'argent, devenant très belle sous l'influence de l'atmosphère. Il y a trois solutions généralement en usage ; leurs compositions respectives sont les suivantes ; on les emploie bouillantes :

Vert de gris

oore.ïo

Sulfate de cuivre . .

Nitre

Sel commun ....

Soufre

Eau

Vinaigre

4ii'543

0 lit 142

BRONZES CHINOIS ET JAPONAIS

« La plus employée est le n° I. Si l'on fait bouillir le n" III, la solution de cuivre pur tourne au rouge brun, et le shakudo, qui contient de l'or, devient pourpre. Le cuivre contenant une petite quantité d'antimoine donne un résultat tout autre. Mais le cuivre produit au Japon est souvent le résultat de la fusion de minerais complexes, et les méthodes de purification ne sont pas aussi parfaites que dans l'Occident. Le résultat est le suivant : ce qu'au Japon les ouvriers en métaux appellent antimoine (on en trouve dans la variété de cuivre que l'on nomme kuromi) est un mélange complexe d'étain, de

Fig. 13.

cobalt et d'autres métaux ; l'opérateur a ainsi toute une série de matériaux, qui lui permettent d'avoir un effet déterminé. Chaque teinte particulière est due à de très petites quantités d'une impureté métallique. Une autre matière appelée mokumè,(\m signifie grain du bois, est très rare. Elle peut être imitée en soudant ensemble, les unes sur les autres, des lames minces de différents métaux ou alliages (1) (fig. 13). On perce des trous coniques A de profondeurs différentes, ou bien on fait des entailles longitudinales B en forme de V ; puis on martelle la masse jusqu'à ce que les trous disparaissent ; les

(1) RoBEitïs-AusTEN, JoufTi . Soc . of Arts, 26 oct. 1888.

trous seront alors remplacés par des cercles irréguliers, et les entailles par des lignes. Les proéminences telles que G peuvent être produites en frappant sous la pièce avec desinstruments lourds ; elles sont ensuite limées jusqu'au niveau de la lame. Les alliages ainsi préparés montrent à leur surface des dessins très compliqués, et on produit un effet remarquable si les couleurs de l'alliage sont ensuite développées par des moyens convenables.

« Les ouvriers en métaux de l'Orient mélangeaient souvent les métaux et les alliages de différentes couleurs en les versant ensemble à une température voisine du point de solidification du plus infusible des métaux et alliages associés. De cette façon, en versant le plus fusible (alliage gris cuivre argent) dans le cuivre fondu qui se trouve juste à son point de solidification, les métaux s'unissent, mais ne se mélangent pas complètement ; on obtient un alliage truite. »

Quelques bronzes chinois et japonais ont une couleur foncée, et dans quelques cas ils possèdent une très belle patine noir mat.

Les analyses suivantes sont dues à H. Morin :

4,36 82,12 9,90 0,S3 l,8fi ))

Cuivre

Plomb

Arsenic . . . . .

Il a été montré que la couleur noire particulière appartient au bronze, et n'est pas due à une couche superficielle de sulfure. Elle augmente en intensité avec la proportion de plomb présent. La présence du zinc atténue plutôt la couleur.

BRONZES CHINOIS ET JAPONAIS

Morin a cherché à imiter ces bronzes (1) :

Etain . . . .

Cuivre.

Plomb

Fer

Zinc ■ . .

Le n° I a donné un alliage excessivement difficile à travailler, et sans fournir quelques résultats supérieurs quant à la coul»ur, les pièces coulées étaient extrêmement cassantes. Le n" II, au contraire, est un alliage ressemblant exactement au bronze chinois. La cassure et son poli sont identiques, et chauffé dans un moufle, il prend vite la couleur particulière noir mat, tant admirée dans les spécimens chinois. Jusqu'ici, il a été difficile, sinon impossible, d'obtenir cette coloration foncée avec les bronzes modernes ; la surface s'écaille s'ils sont chauffés dans les mêmes conditions.

Christofle et Douillet confirment les résultats des analyses de Morin, mais ils montrent que la présence du plomb n'est nullement nécessaire pour la production d'une belle patine noire. Par des procédés d'oxydation spéciaux, ils ont obtenu successivement sur du cuivre pur une patine brune, jaune orange, rouge et noire; ils pensent qu'il se produit de l'oxyde cuivreux sous deux états moléculaires en même temps que du sulfure de cuivre.

Deux bronzes japonais, ayant la couleur du laiton, analysés

(1) La soudure employée par le professeur Boberts-Austen contient :

Argent 5S,5

Cuivre 18,5

Zinc 26,0

(2) Comptes rendus, t. 18, p. 8H .

par Kalischer [Dinglerspolyt. J., t. 323, p. 93), contenaient :

Etain .

Cuivre. . ... . . . .

Plomb

Zinc . . . .

Fer . .

Des bronzes japonais analysés par Maumené {Comptes rendus, t. 80, p. 1009) ont donné les résultats suivants :

Cuivre

Etain

Anlimoine

Plomb

Zinc

Fer

Silice

Soufre

Résidus

Ces alliages montraient une texture dure et granulée, avec de petites cavités à l'intérieur ; ils étaient sains à l'extérieur. En présence de beaucoup d'antimoine, leur couleur devient violette ; elle est rouge, s'il y a beaucoup de fer. Les échantillons avaient de 5 à 12 millimètres d'épaisseur. Les alliages n'étaient probablement pas faits en fondant les métaux ensemble, mais préparés directement en partant des minerais.

Métaux blancs pour coussinets.

§ 85. — Les métaux entrant dans la composition de ces alliages sont le cuivre, l'étain, l'antimoine, le plomb et le

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