‹ Les alliances de la FranceChapitre 14 sur 26 · LUTION DE JUILLET VENAIT DE S* ACCOMPLIR · texte numérisé non relu

LUTION DE JUILLET VENAIT DE S* ACCOMPLIR

Et la révolution de Belgicpie qui, cette fois, a été accomplie par la destruction de l'œuvre anglaise de 1815, au profit de qui se consomme-t-elle? Au profit de l'Angleterre seule qui nous bafoue et nous bumilie à un point sans exemple dans nos annales. Non! jamais la rougeur de la honte ne monte au front comme à la lecture de cette page dégoûtante de notre histoire!... (V. loc, cit., t. H, p. 415 et suiv.)

Dans la question qui a pris le nom de Conslantinople et iV Alexandrie, au sujet de Méhémet-Ali et de ses prétentions sur l'Egypte et la Syrie, (juc fasuit l'AngleteiTC ou soit lord

Palmerston? Il nous poussait à la guerre contre la Porte et la Russie...

Si des troubles agitent la Syrie en 1840, qui les excite encore? Lord Palmerston! C'est lui qui est Tànie dcce traité du 15 juillet 1840 qui place la France au ban des nations!... Que de difficultés n'a pas soulevées lord Ponsonby, ambassadeur à Constantinople, pour maintenir ce traité du 15 juillet, d'accord avec le même Palmerston! Que de tracasseries n'a-t-il pas, ce chicaneur et tracassier, comme l'appelait Metternich, suscitées aux puissances continentales à cette occasion !

Qui fournissait des armes, des munitions de guerre à Abd-el-Kader, si ce n'est l'Angleterre? Qui donnait asile à ce cbef arabe sur le territoire du Maroc, si ce n'est une puissance excitée contre nous par l'Angleterre?

Qui a poussé Abderhaman à la guerre contre la France, si ce n'est l'Angleterre? La convention de 1844 qui a terminé cette lutte, et les satisfactions dérisoires données à la France, Louis-Pbilippe aidant, prouvent surabondamment que les Anglais étaient là comme à Anvers...

Et la révolution de la Grèce en 1845, et les troubles de l'Achaïe, de la Messénie, de lAcarnanie, de Nauplie, qui les a excités, si ce n'est l'Angleterre par son ambassadeur Edouard Lyons, qui prenait, h jeu découvert, fait et cause pour les révoltés, dans le but d'écarter Coletti, qui avait les idées françaises, pour lui substituer Mavrocordato, l'homme aux sympathies anglaises?...

J'invente si peu, dans cet exposé sommaire, que, pour le soutenir, j'invoquerai le témoignage d'un homme qui admire l'Angleterre, qui est passionné pour elle, M. 0. d'Haussonville. Voici ce qu'il écrit dans son livre de la Politique

du gouvernement de 1830 (pages 133-154, t. I) : « S'agis- <t sait-il de suivre son dessein favori j de nous brouiller « avec les autres puissances, lord Palraerston ne craignait « pas d'employer les moyens les plus compliqués. C'est ainsi «{ qu'en 1855, à propos des affaires de Grèce, ce même mi- «t nistre, dont l'agent a presque ouvertement patronné les mou- «'. vements insurrectionnels dirigés contre le gouvernement « du roi Othon, nous dénonçait à l'indignation des cours du «i Nord comme de dangereux promoteurs de propagande «1 constitutionnelle à Athènes... »

Cela ne nous apprend rien de nouveau; seulement cela nous confirme une fois de plus que les Anglais savent prendre toutes les allures et tous les langages, et qu'il doit être excessivement intéressant pour M. d'Haussonville d'apprendre que l'Angleterre fulmine contre la propagande constitutionnelle lorsque, elle, Angleterre, fuit le commerce le plus universel de ce genre d'industrie politique, en important des constitutions en France, en Espagne, en Portugal, à Naples, en Sicile, dans le Piémont, voire même dans la Grèce pour laquelle Ed. Lyons réclamait les formes représentatives anglaises!... Je l'avoue, cela est on ne peut plus édifiant.

Puisque nous sommes en train de citer un orléaniste, dont l'opinion sur l'Angleterre ne sera pas suspectée, achevons d'éclairer, par ses propres paroles, la situation la plus voisine de nous.

Grégoire XVI était mort... Le conclave, ouvert le 14 juin 184G, avait rapidement proclamé le cardinal Mastaï. Cette élection avait jeté la joie dans toutes les âmes. Pie IX était en cominiiriauté d'idée avec les Balho, les Azeglio, les Giohcrti, puhlicistcs, de même qu'avec les prédicateurs non moins célèbres Ventura, Mazzani, Galuzzi.

Pie IX était un pape guelfe, c'est-à-dire tout Français. Il pouvait de grandes choses, si on le laissait libre dans ses clans. Livré à lui, Pie IX aurait çtc la résurrection, la vie de l'Italie; contrarié par un stupide et pervers libéralisme anglais, ce ne pouvait être que le deuil et la mort...

Que font les libéraux anglais-italiens? Ils laissent l'influence de la France et tournent leurs regards vers l'Angleterre... Voici de quelle manière cette situation est expliquée par M. d'Haussonville (t. II, p. 234-255) : »c Depuis que nous patronnions en Italie les causes des réformes modérées, là, comme ailleurs^ l'Angleterre s'était portée la tutrice des opinions ardentes (dites donc révolutionnaires et ne déguisez pas le mot!). Exploitant (comme toujours) la mauvaise humeur que causaient à quelques patriotes inconsidérés notre refus de nous associer au projet extravagant d'un levée de boucliers contre l'Autriche, la plupart des agents consulaires, et une foule d'agents obscurs plus ou moins avowës par lord Palmerston, s'appliquaient à montrer l'Angleterre comme prête à saisir le rôle que la France, protectrice infidèle, et liée, disaient-ils, par d'autres engagements, n'osait jouer en Italie!... »

Le même auteur ajoute (p. 249) à l'occasion de la mission ^ de lord Minto : « Le public était flatté de voir un membre du cabinet de la reine Victoria quitter Londres pour venir s'occuper des affaires de la péninsule ; il se plaisait à y trouver la preuve de la sympathie britannique pour la cause italienne. L'influence de l'Angleterre en était accrue;

1 Les Anglais ont nié la mission de lord Minto. Il est vrai que tout mauvais cas est niable. M. de Ficquelmonl a dit à ce sujet : « L'ingéranee de lord Minto dans les affaires d'Italie , dans les années 1847 et 18^8, a été de notoriété publique. » (T. I, p. 219.) 11 n'y a donc pas à en douter.

))lus cette influence se développait en Italie^ plus la fièvre révolutionnaire redoublait d'intensité, La mission anglaise causait une émotion extraordinaire, dont les exaltés ne manquaient pas de s'emparer pour la traduire en mouvements tumultueux...

« Elles (les manifestations tumultueuses) naissaient naturellement autour de lui...; elles le précédaient ou le suivaient partout... Turin, Gènes, Florence, Naples, la Sicile, ne l'avaient pas plutôt reçu qu elles étaient visitées par rémeute. On eût dit que le sol de l'Italie tremblait et s'enflammait DE LUI-MÊME SOUS LES PAS DE l'eNVOYÉ BRITAN-

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