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Et 3finto acceptait toutes ces ovations , excitait tous ces tumultes qui devaient produire l'assassinat de Rossi, l'éclosion de Mazzini et l'expulsion du saint-père !...
Je voudrais en finir avec toutes ces citations, tout importantes qu'elles sont, tant elles justifient, je ne dirai pas mon opinion personnelle, mais l'opinion publique sur la conduite de rAngieterre qui appelle la réprobation de tous les peuples. Mais je ne puis résister à citer encore une fois, parce que c'est le plus cbaud partisan des Anglais qui parle. Écoutons-le donc encore au sujet des affaires de Sicile et de Suisse en 1847 : « Depuis (juclque temps, à Païenne, comme dans presque toutes les villes popideuses, il y avait une espèce de club sous le nom de casino. Là se réunissaient des personnes de tout rang et de toute condition... Les émissaires anglais ne manquaient pas non plus; ils chauffaient de leur mieux des ressentiments qui ne demandaient qu'à éclater...» (Ibid., t. II, p. 200-7.)
Et puis, un peu plus loin (p. 428): «« Irriter les Italiens contre l'Autriche, tel a été, on effet, le résultat de la poli-
tique suivie par l'Angleterre dans le nord de l'Italie; au midi, ce fut la jalousie des Siciliens contre les Napolitains que les agents de lord Palmerston se complurent à exciter imprudemment.,. »
Y a-t-il, dans l'univers, une puissance qui fasse de telles choses ?
Qu'ai-je besoin de parler maintenant de la Suisse et des perfidies de l'agent anglais, qui a l'air de s'entendre avec M. Bois-le-Comte « et qui fait hâter sous main la marche « des troupes expédiées de Berne contre les malheureux « défenseurs de Fribourg et de Lucerne?»Il y a peu d'occasions où la fourberie et le machiavélisme de Palmerston aient été plus odieux que là...
Cessons de prouver que la lumière du soleil nous éclaire, et achevons ce chapitre par une pensée du même auteur, qui a pris des cyprès pour des lauriers :
« Ces mêmes puissances du Nord, si hostiles en 1830, « qui avaient eu si grande hâte, en 1840, de prendre parti u contre nous et pour l'Angleterre au sujet des affaires du « Levant; qui étaient restées passives et neutres, en 1846, «t après les mariages espagnols; en 1848, après les affaires « de Suisse, se mettaient avec nous et contre l'Angleterre. «t Nous n'avions pas passé de leur côté, elles avaient passé «t du nôtre. C était le tour de V Angleterre d'être placée dans « l'isolement! » (Ibid., t. II, p. 382.)
Si isolement il y a, il n'a pas été long... Louis-Philippe a été le jouet des Anglais après avoir voulu les jouer luimême, notamment dans les mariages espagnols ; et le véritable isolement a été celui de Claremont!...
Puisons sur tous ces faits d'une énormité inouïe et d'autant plus épouvantables qu'ils sont sans cesse renaissants,
un sentiment aussi vrai que profond que nous rencontrons dans la bouche d'un diplomate étranger, au sujet de la politique britannique :
•t S'il était possible de rassembler un aréopage composé des hommes les plus suges de tous les États européens, pour délibérer sur les moyens de rétablir un droit public qui serait oblgatoire pour les nations et pour les gouvernements, la première question que cet aréopage aurait à examiner serait celle de savoir s't7 peut être libre à un peuple qui veut continuer à faire partie de cette grande association politique qui forme l'Europe, de se donnpr des lois qui auraient en elles un principe de constante hostilité contre les autres peuples. Aucune forme de gouvernement ne peut doniler le droit d'avoir, dans sa législation, des principes hostiles aux autres États.
« Les pays libres, comme tout État quelconque, n'ont de droits que sur eux-mêmes. Ils ne peuvent, à aucun égard , faire l'application de leurs principes aux relations des États entre eux : car la liberté qui donnerait des droits sur les autres serait une arme doppression que chacun aurait le droit de chercher à briser. Les rapports des États doivent être réglés par d'autres lois que celles qu'il peut plaire à un peuple de se donner. Tous les gouvernements ont des intérêts communs à défendre : ce sont ceux de la paix générale, de Tordre et de la justice. Mais il paraît qu'on ne sait plus, ou que beaucoup de gens no veulent })lus savoir, les conditions qui sont inséparables d'un véritable état de paix. »
Il est évident que l'Angleterre s'arroge, indépendamment de la liberté des mers, un droit de visite sur tous les contiiicnls. Sa |)ulitiqu(' toute mercantile revêt plusieurs foniies; lanlcU elle est directe et arrive par le gouvernement, tantôt
moins directe el se produit par des agents plus ou moins secrets, comme on l'a vu en Sicile et en Italie. Sa politique emprunte aussi au patriotisme anglais son zèle, son intelligence et ses ardeurs, comme nous l'avons vu au sujet du libre échange et naguèfe encore à l'occasion du congrès de la paix. Après s'être faite libérale, cette même politique se fait philanthropique, comme nous l'avons vu au sujet de l'abolition de l'esclavage. Tous ces moyens, toutes ces formes cachent la même pensée, celle de nuire à la nation qui s'engage ou que l'Angleterre force à s'engager. Nous savons ce que vaut la liberté qu'elle (Jonne; étudions aussi ce que vaut sa charité. Car ce serait connaître incomplètement le génie anglais que de ne le juger que sur les protocoles de sa diplomatie. Ce sera l'objet des chapitres suivants.
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