‹ Les alliances de la FranceChapitre 16 sur 26 · CHAPITRE XL · texte numérisé non relu

CHAPITRE XL

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Lliistoirc de rAngIctcrrc, dc])iiis deux sièeles, est le martyrologe des nations.

La Grande-Bretagne a tout saerifié à ses spéculations mercantiles: dignité, honneur, bonne foi, loyauté! Elle a pris tous les masques, celui de l'intérêt, de Tamitié, du dévoueluenl; elle a usé de tous les moyens, terreur, despotisme, cruauté. La force de ses rivaux a été son seul guide. Là où elle peut commander, elle n'obéit pas. Là où elle rencontre des influences contraires, les caresses et les perfidies ne lui font pas défaut.

Le but d'une telle conduite est îin, l'écoulement de ses produits. Que lui importe la moralité des peuples? que lui importent leurs traditions, leurs intérêts intérieurs ou extélieufs?... Il n'y a qu'un intérêt pour le gouvernement anglais, c'est l'intérêt anglais; et, pour le faire triompher, tous les moyens sont bons.

Aussi n'y a-t-il pas, sur le globe, un point où son in- Huencc ne domine.

Klle domine non-seulement par ses débouchés plus nombreux et plus faciles, mais encore par ses immenses ca])i-

taux. Le Portugal, l'Espagne, le Piémont sont tenus par le lien des emprunts vis-à-vis de l'Angleterre. Tous les nouveaux Etats de l'Amérique du Sud sont depuis longtemps dans le même cas. Les Anglais ont partout des capitaux immenses engagés dans les entreprises de tout genre et sur tous les continents : constructions de chemins de fer, éclairages au gaz, fabriques de toutes sortes, filatures en Allemagne, en Russie, en France. Les mines du Mexique, du Pérou, du Chili, du Brésil sont exploitées par eux. Une partie de la culture des vignes d'Oporto et de Sicile, ainsi que le commerce des soufres de ce dernier pays, appartiennent presque entièrement aux Anglais.

Naguère ne citait-on pas encore les avantages qu'ils avaient conquis en Egypte à notre détriment?

Partout ils nous priment, nous dominent, parce qu'ils sont forts et qu'ils nous empêchent de l'être. Et même là où ils ne le sont pas, ils sont préférés , parce que l'abondance de leurs capitaux leur permet de lutter contre toutes les concurrences et de les écraser. Ne sont-ce pas des Anglais qui construisent, en ce moment, le palais de cristal des Champs-Elysées?...

L'Anglais fait profit de tout. N'est-ce pas lui , après nous avoir imposé le droit de visite, qui fournit des armes et des munitions de guerre à toutes les insurrections? Ne voyonsnous pas, en effet, dans un tableau officiel, que, dans l'espace de dix-huit à vingt ans, il a vendu des armes à létranger pour plus de deux cent vingt-cinq millions de francs?... Quel que soit l'objet et quelle que soit la destination, utile ou délétère , l'Anglais est Satisfait pourvu qu'il vende, et qu'il vende à profit. Les principaux ressorts de sa politique sont donc dans la houille , les fers , les laines et les cotons : po-

lilique dont le tliermoiuôlrc est à la bourse, politi(}ue de matërialisine et de dessèchement qui eesseta de triompher quand les peuples auront reconnu tout ce qu'elle renferme d'injuste et d'odieux.

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