RÉSUMÉ
De ceque nous avons analytiquementexposé et examiné, nous pouvons résumer ainsi nos recherches. :
Dans la paralysie générale progressive, la syphilis qui précède a deux formes d'évolution :
Ou bien elle à modifié son allure, parce que le spirochète a changé sa nâture et son évolution du fait qu'il s'est fixé précocement sur le cerveau, Dans ce cas, après le chancre, la syphilis ne donne plus de manifestations externes ou internes, sauf sur le système nerveux central;
Ou bien elle est et demeure l'infection commune, banale, avec Ses manifestations externes et internes, et alors elle a l'allure de toute syphilis commune.
Dans le premier cas, pour mieux le distinguer, nous appellerons l’agent infectieux : neurotréponème.
Les deux conditions biologiques du tréponème consti- ‘tuent deux allures différentes de la syphilis et impriment chacune des caractères tout à fait spéciaux, bien nets, à la
paralysie générale progressive qui en dépend.
Le Spirochète banal donne lieu à une paralysie générale progressive à ces caractères; son explosion est généralement lente ou très précoce, dominée par des phénomènes - de confusion mentale, de dépression psycho-somatique, altération de la motilité, troubles ou maladies intercurrentes des grands organes et réveil de troubles préexis tants. Le malade selon cette forme entre dans la paralysie générale avec des signes de confusion mentale aiguë, état mélancolique et accablé, Argyll avant l'éclosion de la paralysie, ictus et asthénie. Ensuite, les symptômes psychiques diminuent beaucoup, tandis que les symptômes physiques demeurent et s'’accentuent jusqu’à forcer parfois le malade à s’aliter avant sa période de gâtisme. En un, mot conservation psychique sur déchéance organique.
Nous appellerons cette forme afin de la distinguer de l'autre angio-paralysie générale.
Le neurotréponeme détermine une paralvsie générale progressive qui éclate généralement de façon soudaine, dominée par des phénomènes d’excitation psycho-somatique, délire de grandeur ou de jalousie, manie, hypo-; manie, avec, à ce moment, conservation des facultés psychiques et surtout absence de phénomènes somatiques. Le malade de cette forme entre dans la paralysie avec des signes d'état maniaque (délire de grandeur) de dynamisme fonctionnel, excité et illusionné par des forces passagères, ce qui donne le ton à toute l’activité psychique et somatique
du malade, Dans üne ‘période suivante, les symptômes :
psychiques peuvent temporairement diminuer, ” mais jamais disparaître tout à fait; de façon à constituer un -état de vraie psychose, avec troubles de l’idéation surtout, durant jusqu’à la mort; du côté physique l'intégrité est la. règle et rares sont les maladies intercurrentes.
En un mot, conservation physique sur déchéance psy- “«chique. Dans cette forme, on peut avoir association de tabes. Nous appellerons cette forme, pour la distinguer de l'autre et tâchant d’interpréter sa pathogénèse : c1/0-pallium paralysie générale.
La période entre le chancre et l'éclosion de la paralysie diffère dans l’une et l’autre forme.
, Dans la paralysie générale à spirochète banal (deuxième forme), cette période est de deux, trois ou quatre ans, ou de trente et plus ;
Dans la paralysie générale à spirochète nerveux (première forme), la période est de neuf, dix, quinze ou vingt ans environ.
L'hérédité joue un rôle différent dans les deux formes : dans la deuxième forme, il n'y a pas généralement d’hérédité nerveuse, mais d’hérédité par toxi-infection : dans la première forme, il y a hérédité nerveuse très nette, simple ou double. |
Le développement neurologique infantile du malade, son caractère, sa santé, son intelligence, offrent, en général, dans les deux formes des différences ; dans la deuxième
forme on trouve chez le malade-enfant, un caractère plutôt
déprimé, une intelligence plutôt en retard par comparaison avec ce qui se passe dans l’autre forme, un développement neurologique souvent en retard ou dysharmonique, une santé physique qui paraît plus atteinte par les maladies de l'enfance.
Dans la première rorme, on rencontre un caractère plutôt excité, nerveux, une intelligence vive souvent de la précocité ; un développement neurologique dysharmonique, une santé physique qui paraît plus robuste.
L'étude du conjoint nous offre aussi des différences. Dans la deuxième forme, la femme est contaminée; dans son sang, la réaction de Wassermann est positive ; il y a des fausses couches. |
Dans la première forme, il n’y a aucune contamination de la femme, et celle-ci n’a pas de fausses couches.
La descendance est bien différente dans l’une et dans l'autre forme. Dans la deuxième forme la descendance est fort compromise. On peut observer, en effet, des enfants hérédo-syphilitiques,ou ayant des stigmates d'hérédo-syphilis et, dans les cas moins graves, des sujets très chétifs et maladifs. La séro-réaction est positive.
Dans la première forme, au contraire, les enfants n’ont aucun signe d’hérédo-syphilis, ni de stigmates. Ils peuvent être chétifs, mais en général jouissent d’une santé bien meilleure. La séro-réaction est négative.
Au sujet du caractère, de l'intelligence, du développement
neurologique des enfants, on note ces différences :
Dans la deuxième forme, l'enfant est plutôt calme, ou même déprimé, peu intelligent ou en retard ; le développement neurologique dénote du retard et de la dysharmonie par le retard,
Dans la première forme, l’enfant est nerveux, excité, le caractère est inégal ; bonne l'intelligence, précocité ; développement neurologique précoce ou dysharmonique par la précocité.
Des différences existent aussi entre les deux formes au sujet des lésions artérielles. Dans la deuxième forme on trouve, en outre des lésions viscérales spécifiques les artères cérébrales indurées, fait bien évident dans le polygone de Willis, soit . toucher, à la vue, ou à l'examen histologique; ce qui témoigne d’une artérité due à l'infection syphilitique.
Dans la première forme, les artères au contraire sont souples au toucher, normales à l’examen histologique ; on ne note pas d’aortite ni d’autres lésions vasculaires ni viscérales spécifiques.
Les indications thérapeutiques varient avec la forme.
Dans la deuxième forme comme il s’agit d’une syphilis normale, il est bon d'instituer un traitement mercuriel intensif duquel on peut attendre quelque chose, comme de remarquables rémissions en témoignent. |
Dans la première forme l'indication est tout autre. En présence d’une syphilis latente, il faut toujours penser à
une Ssyphilis nerveuse et faire de suite et périodiquement
des ponctions lombaires, intervenir immédiatement par un traitement énergique. Mais l’inefficacité de tout traitement et au contraire les aggravations des symptômes après les traitements spécifiques même les plus modernes donnent une preuve de plus qu'on est en présence d’un spirochète qui s'étant différencié de son noyau d'origine,n’a rien à craindre de la thérapeutique antisyphilitique normale même la plus énergique; c'est donc seulement sur la sérothérapie qu’il faut fonder l'espoir de résultats vraiment curatifs.