in-18. — 2. Voir aux Annexes
y 6 PREMIÈRE PARTIE
trop zélée. Les patriotes qui la composaient, croyant que les tantes du roi emportaient les chemises du journaliste, demandaient à visiter leurs bagages, et un officier municipal leur chantait ce couplet :
Donnez-nous les chemises
A Gorsas !
Donnez-nous les chemises!
Nous savons, à n'en douter pas, Que vous les avez prises, Donnez-nous les chemises A Gorsas!
Madame Adélaïde répondait, étonnée :
Cherchez, messieurs les magistrats, Cherchez dans nos valises; Je n'ai point les chemises
A Gorsas, Je n'ai point les chemises!
Et Madame Victoire ajoutait en zézayant :
Avait-il des zemises,
Gorsas ?
Avait-il des zemises?
La municipalité, ne découvrant rien, faisait force excuses à Mesdames et leur rendait la liberté. Ce qu'il y eut de moins comique dans cette affaire, c'est que Gorsas, conduit plus tard à Téchafaud comme girondin et contre-révolutionnaire, en-
tendit des voix s'élever du milieu de la foule et lui crier ironiquement :
Rendez-nous les chemises, O Gorsas,
Rendez-nous les chemises!...
Après cette historiette viennent des raiilenes sur la Constitution, sur le peu de liberté dont jouissaient alors les Français. Ainsi un pauvre citoyen raconte qu'avant la Révolution il était heureux, tranquille; qu'il gagnait force écus, et que sa maison ne manquait de rien. Avec le nouveau régime tout a changé; il est pauvre, il est persécuté, dénoncé, menacé de mort. Il est vrai que, pour se consoler, il peut chanter :
Mais, Messieurs, j'ai la liberté I (Bis )
Ce n'est pas seulement la Constitution, c'est la République elle-même qui est mise en vaudevilles. Les droits de l'homme, le mariage civil, les nouveaux costumes, l'interdiction des pièces royalistes, tout est le sujet de nombreuses plaisanteries. L'auteur donne une liste amusante du vocabulaire qu'il faut nécessairement employer dans les discours, afin de se mettre à la hauteur des circonstances. En voici les termes les plus en vogue : et Despote, pudeur, esclavage, patriotisme, patriote, salut du peuple, démocratie,
commune, liberté, sans-culotte, fraternité, serment, tyran, veto, rebelle, fédéré, bien public, fanatisme, etc. »
Le Portefeuille d'un émigré ' publie une parodie de la Marseillaise, dont le refrain connu commence ainsi :
A table, citoyens; videz tous les flacons!
mais dont le tout forme une satire bien innocente.
Le même almanach trace de cette façon amphigourique le portrait de Necker: «Vrai Prométhée, c'est lui qui a fait tomber dans notre malheureuse France la boîte infernale des maux qui nous dévorent!... » Voilà Necker comparé en quelques lignes à Prométhée et à Pandore, et dans quel style!...
Le Chansonnier de la Montagne2 essaye de faire justice des flonflons royalistes. Au nombre des chansons qui célèbrent la fête de Marat et de Lepelletier, la reddition de Lyon, le blocus de Valenciennes, etc., nous trouvons le couplet suivant, qui fut chanté à la barre de la Convention,
i. i 7q3, in-iS.