‹ Les almanachs de la RévolutionChapitre 22 sur 58 · Paris, an III, in-i · texte numérisé non relu

Paris, an III, in-i

bas les fripons, les dilapidateurs, les exacteurs et les tortionnaires ! A bas les bêtes féroces de la Révolution ! Coupez les griffes au parti féroce ! Tremblez, vil troupeau d'égorgeurs! Guerre aux factieux et aux scélérats ! Faisons rentrer les monstres dans la poussière ! Aux cabanons de Bicêtre les jacobins! A bas Carrier Cacus ! A bas le tigre Fouquier! A bas le caméléon Barère! A bas Tindécrassable Louchet! A bas le monstrueux Vadier! A bas le lubrique Lebon! Qui veut lire les douze épitaphes des douze apôtres de Robespierre?... » Et ce sont les mêmes hommes qui hurlaient hier les fournées de l'échafaud, qui se plaisent aujourd'hui à proclamer l'arrestation ou la mise en jugement des bourreaux! On n'entend partout que des récits de la cruauté ou de la bêtise des anciens tyrans, dont le petit nombre épouvantait, quelques jours auparavant, la foule qui s'en amuse maintenant et s'en venge avec délire. On vocifère dans les rues, les carrefours et les places publiques, le Réveil du peuple de Souriguères, et cette strophe revient à chaque instant aux oreilles des jacobins :

Quelle est cette lenteur barbare?

Hâte-toi, peuple souverain, De rendre aux monstres du Ténare Tous ces buveurs de sanq humain!

UAlmanach des gens de bien de 1795 ', commence ainsi : a Salut aux gens de bien ! C'est à eux que j'offre ces étrennes; c'est d'eux seuls que j'ambitionne les suffrages. Sous le règne du tyran Robespierre, les gens de bien étoient dans l'oppression, ils pleuroient sur leur patrie, ils n'osoient fixer les yeux sur l'avenir. Qu'ils reprennent aujourd'hui courage, qu'ils sèchent leurs pleurs, qu'ils ouvrent leurs cœurs à l'espérance : le tigre n'est plus, tout va changer de face... » Et cet almanach rapporte plusieurs anecdotes pour servir à l'histoire des hommes et des événements des derniers temps. C'est ainsi qu'il assure avoir trouvé à la mairie de la Ferté-Alais la pièce suivante : « Aujourd'hui, quintidi Dindon, décade Herse, je nous sommes transporté chez ledit Robert détenu en la maison de détention ; avons trouvé les scellés tels qu'ils étoient; j'avons fait monter la gouvernante, et après la vérification de toutes les pièces, ladite gouvernante a signé avec nous, après qu'elle nous a déclaré ne savoir écrire ni signer. » Le Mathieu Laensberg antijacobite2 reparaît et, reproduisant le calendrier grégorien, proscrit depuis deux ans, déclare dès le

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