‹ Les almanachs de la RévolutionChapitre 28 sur 58 · La Constitution en vaudevilles, an VIII, in · texte numérisé non relu

La Constitution en vaudevilles, an VIII, in

Tan VIII, qui signe «un déporté », et qui date son opuscule de Cayenne ', essaye de railler les démagogues devenus courtisans de Bonaparte, en leur prêtant ces aveux :

Je ne suis point né délicat, J'ai l'âme sordide et commune, J'ai trompé le peuple et l'Etat Pour accélérer ma fortune.

Il fait chanter à François de Neufchâteau et à

Scherer une sorte d'invitation aux citoyens, pour

les engager à payer leurs contributions.

Des financiers que nous avons Fort librement nous disposons, Autant pour nous que pour les nôtres.

Si nous sommes les gouvernans, Ne devons-nous pas en tous tems Nous préférer à tous les autres?...

Ces railleries disparaissent devant les Etrenncs de Bonaparte aux Français2, almanach dont le frontispice montre la France foudroyant de ses carreaux le sceptre et la tiare et tenant à la main le bonnet rouge planté sur un faisceau où figure le mot : Union. On lit ces vers au bas de la gravure :

Le peuple par ses rois fut longtemps abusé ; Il terrassa l'erreur, le sceptre fut brisé.

i. A la Cayenne et à Paris, an VIII, in-18. e. Paris, chez Marchant, an VIII, in-18.

Mais, ce que n'avoue pas l'auteur, le sabre a remplacé le sceptre, et un premier consul le roi. On verra bientôt quelles seront les étrennes de Bonaparte aux Français, et le bonnet rouge ira rejoindre les guenilles jacobines. Tout l'attirail du nouveau gouvernement : Ministères , Conseil d'État, Sénat conservateur, Corps législatif, Tribunat, est étalé avec complaisance dans cet opuscule qui a la prétention naïve d'être républicain.

C'est en vain que les royalistes répandent çà et là leurs Almanachs de V Armée royale ' et des Mécontents armés pour le Roi2, leur propagande est aussitôt arrêtée.

UAlmanach du XIXe siècle J clôt la série des almanachs de la Révolution, en annonçant la vente par licitation, « après le décès du gouvernement révolutionnaire, de 75,000 quintaux de lois provenant des archives des comités de Salut public, de Sûreté générale et des bureaux du Directoire, de la Marine, des Colonies, de la Police et des Finances. Messieurs les épiciers et apothicaires sont avertis que, déduction faite de la poussière, les susdites lois, rapports, instructions, discours,

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