‹ Les almanachs de la RévolutionChapitre 29 sur 58 · An IX, in · texte numérisé non relu

An IX, in

peuvent être vendus de gré à gré, et à prix fixe, à raison de 2 5 centimes le quintal, poids de marc et tare nette... » C'est le dernier almanach politique. Le moment est arrivé où la censure consulaire va mettre despotiquement fin à toutes les manifestations de l'opinion, qu'elles proviennent des journaux, des livres ou des almanachs.

ittéraires !... voilà une dénomination bien osée pour des almanachs de l'époque révolutionnaire ! C'est cependant la seule qui puisse rendre notre pensée, quand nous voulons séparer des almanachs qui précèdent ceux que nous allons analyser. Les plus connus sont: VAlmanach littéraire, YAlmanach des Muses, YAlmanach des Grâces et YAlmanach des spectacles.

D'Aquin de Château-Lyon, fils de l'organiste d'Aquin, avait écrit des lettres sur les hommes célèbres du règne de Louis XV et des opuscules sur des poètes inconnus, avant d'entreprendre, en

1777, YAlmanach littéraire ou Etrennes d'Apollon ', lequel devait avoir une existence de dix-sept années. Ce médiocre auteur, dont les œuvres lui méritèrent cette vive épigramme :

On souffla pour le père, on siffla pour le fils!

signa d1abord d'Aquin de Château- Lyon , puis d'Aquin, cousin de Rabelais, puis d'Aquin tout court, enfin Rabelais d'Aquin. Ce dernier surnom inspira à J.-H. Meister les lignes suivantes : « Le citoyen Daquin a cru devoir, à l'exemple du citoyen Dorat-Cubières, changer son nom patronymique et prendre celui de Rabelais. Nous ne voyons pas trop quel rapport il peut y avoir entre Rabelais, curé de Meudon, et M. Daquin, rédacteur d'almanachs; entre Gargantua, Pantagruel, et le recueil de quelques petites anecdotes, de quelques petites pièces fugitives qui souvent n'ont pu trouver place dans YAlmanach des Muses 2. » D'Aquin et son recueil reçurent une autre volée de bois vert, que leur appliqua le plus brillant des écrivains de la fin du XVIIIe siècle, comme le définit si bien M. de Lescure dans son bel ouvrage sur Rivarol >. « Tout le monde, écrit

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