‹ Les almanachs de la RévolutionChapitre 4 sur 58 · VIII PREFACE · texte numérisé non relu

VIII PREFACE

donc une place parmi les innombrables publications de la Révolution française : ils méritent aussi une sérieuse étude.

La première partie de cet ouvrage est consacrée aux almanachs politiques, la seconde aux almanachs littéraires et la troisième aux almanachs techniques. Ces trois parties, qui embrassent la période comprise entre 1788 et 1799, sont suivies de pièces annexes et de la bibliographie des principaux almanachs de la Révolution.

Je m'empresse d'offrir ici tous mes remerciements à M. Charles-Edmond, bibliothécaire en chef du Sénat, à MM. les Bibliothécaires de rhôtel Carnavalet , de la Bibliothèque nationale ^t de V Arsenal, qui ont mis à ma disposition leurs collections précieuses avec la meilleure grâce du monde.

E premier qui, à la veille de la Révolution, eut ridée de composer un almanach politique, est un assez curieux personnage : Sylvain Maréchal. Enfant de Paris, avocat de titre seulement, et mettant au service des lettres une certaine facilité de style mêlée de quelque érudition, il avait voulu arriver, de bonne heure et atout prix, à une renommée quelconque. Il débuta par des essais de poésie légère, puis par des odes erotiques et par un dictionnaire d'amour, œuvres frivoles qu'il signa du pseudonyme galant : le berger Sylvain. Il avait obtenu, en 1 78 1 , la place de sous-bibliothécaire du collège Ma-

zarin, mais il la perdit quelques années plus tard pour avoir publié une parodie de la Bible, intitulée le Livre échappé du déluge. Cette fois le scandale avait attiré l'attention sur l'auteur. Décidé à profiter de l'aubaine, Sylvain Maréchal écrivit en 1788 YAlmanach des Honnêtes Gens'. Cet almanach était daté prétentieusement de l'anpremier du règne de la Raison. L'année commençait au mois de mars, qui prenait le nom de Princeps. Avril devait s'appeler alter, mai ter, juin quartile, juillet quintile, août sextile; septembre, octobre, novembre, décembre conservaient leurs noms. Quant à janvier et à février, ils recevaient la lourde dénomination de undécembre et duodécembre. Mais ce qui faisait surtout la nouveauté piquante de cet almanach, c'était la substitution « d'honnêtes gens » aux saints et saintes du calendrier grégorien. A la place de saint Basile, sainte Geneviève, saint Gabriel, sainte Emilie, etc., on voyait apparaître Martial, Dupleix, Saladin, Santerre, Eudoxie, La Vallière, Agnès Sorel... Il faut reconnaître cependant que le 3 avril avait été généreusement réservé à Jésus- Christ, et que le 21 octobre, ancien jour de sainte Ursule, on célébrait « la fête du père du rédac-

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