‹ Les almanachs de la RévolutionChapitre 51 sur 58 · RAPPORT DE FABRE D EGLANTINE · texte numérisé non relu

RAPPORT DE FABRE D EGLANTINE

Le défaut du calendrier, tel que vous l'avez décrété, est de ne signaler les jours, les décades, les mois et l'année que par une même dénomination, par les nombres ordinaux; de sorte que le chiffre i, qui n'offre qu'une quantité abstraite et point d'image, s'applique également à l'année, au mois, à la semaine et au jour, si bien qu'il a fallu dire : le premier jour de lapremière décade du premier mois delà première année; locution abstraite, sèche, vide d'idées, pénible par sa prolixité, et confuse dans l'usage civil, surtout après l'habitude du calendrier grégorien.

Nous avons pensé qu'à l'instar du calendrier grégorien, dont les sept jours delà semaine portent l'empreinte de l'astrologie judiciaire (préjugé ridicule qu'il faut rejeter), nous devions créer des noms pour chacun des jours de la décade; nous avons pensé encore que puisque ces noms se répétoient chacun trente-six fois par an, il fallait les priver d'images, qui, locales pour leur essence, demeureroient sans rapport avec les trente-six stations de chacun de ces noms; enfin, nous nous sommes aperçus que ce seroit un grand appui pour la mémoire, si nous venions à bout, en distinguant les noms des jours de la décade des nombres ordinaux, de conserver néanmoins la signification de ces nombres dans un mot composé, de sorte que nous pussions profiter tout à la fois, dans le même mot, et des nombres, et d'un nom différent des nombres.

Ainsi nous disons pour exprimer les dix jours de la décade :

Primidi. Sextidi.

Duodi. Septidi,

Tridi. Octidi.

Quartidi. Nonidi.

Quintidi. Décadi.

De cette manière, la différence de primîdi à duodi, exprime le passage du premier au second jour de la décade. Voilà le premier mouvement des jours. Les nombres ordinaux, depuis i jusqu'à 3o, expriment le troisième mouvement, le mouvement mensiaire;la combinaison de ces nombres ordinaux avec les noms primîdi, duodi, etc., exprime le second mouvement, le mouvement décadaire; ainsi 11 du mois et primîdi, présenteront l'idée du premier jour de la seconde décade, ainsi de suite.

L'avantage bien sensible que l'on va retirer de la conservation des nombres ordinaux, dans les composés primidi, duodi, tridi, etc., est que le quantième du mois sera toujours présent à la mémoire, sans qu'il soit besoin de recourir au calendrier matériel.

Par exemple, il suffit de savoir que le jour actuel est tridi, pour être certain que c'est aussi le 3 ou le i3, ou le 23 du mois, comme avec quartidi, le 4 ouïe 14, ou le 24 du mois ; ainsi de suite.

On sait toujours à peu près si le mois est à son commencement, à son milieu ou à sa fin : ainsi, l'on dira tridi est le 3 au commencement du mois, le i3 au milieu, le 23 à la fin.

Or ce calcul très-simple ne pourroit s'effectuer, si les nombres ordinaux, qui sont ici les dénominateurs du quantième, n'entroient point dans la composition du nom des jours de la décade.

Il nous reste à exprimer le quatrième mouvement qui est le mouvement annuel. C'est ici que nous allons rentrer dans notre notre idée fondamentale, et puiser, dans l'agriculture, de quoi reposer la mémoire et répandre l'instruction rurale dans la supputation et le cours de l'année.

Il faut d'abord remarquer qu'il est deux manières

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