CALENDRIER HISTORIQUE DES THÉÂTRES DE L'OPÉRA et des
Comédies Françoise et Italienne et des Foires. || A Paris, chez Cailleau, Libraire, rue St-Jacques, à St-André. M.DCC.LI.
Petit in-12.
j4vcc^4frobatwn etrTerirrufsum.
Titre gravé avec frontispice allégorique ; des Amours, casqués pour la plupart, signé Danarceau inv. Fessard se. Rédigé par l'abbé de La Porte. Seule année parue.
S'ouvre par une épître à MM. les comédiens et des remarques sur les spectacles. En un avertissement l'éditeur dit qu'il n'a rien négligé pour rendre cet ouvrage plus parfait que ceux qui ont paru les années précédentes. En fait, il donne le catalogue de toutes les pièces adoptées et la liste de celles
jouées en 1750.
[B. N. H Coll. Arthur Pougin.]
180. — ALMANACH HISTORIQUE ET CHRONOLOGIQUE DE TOUS LES SPECTACLES.il A Paris, chez Duchesne Libraire, rue St-Jacques, au-dessous de la Fontaine St- Benoît, au Temple du Goût. 1752-1794, 1800-1801 et i8i5, soit
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XVIIIe SIECLE
46 années formant 48 volumes pet. in-12. Se vendait 1 liv. 4 sols.
Titre de la première année, gravé, avec un frontispice de Eisen. Dédicace à Messieurs les Comédiens. L'almanach, au lieu des saints du mois, donne la nomenclature des pièces représentées chaque jour de l'année.
Collection intéressante pour l'histoire du théâtre, des concerts et autres divertissements publics à Paris, destinée d'abord aux trois grands
tera, avec quelques légères adjonctions, le titre suivant :
— Les Spectacles de Paris ou Suite di* Calendrier historique et chronologique des Théâtres. \ Troisième partie \ qui doit servir pour l'année IJ 54' Il A Paris, chez Duchesne.
Quelques années plus tard, en 1760, le titre considérablement augmenté, donnait la nomenclature de toutes les matières contenues dans le volume, et au lieu de : « Suite du Calendrier » on
Titre et frontispice de 1' « Almanach Historique de tous les Spectacles ».
spectacle* de la capitale. Les années sont appelées : « Parties » à partir de 1754.
Dès la troisième année le titre change et l'almanach devient :
— Calendrier Historique des Théâtres de l'Opéra et des Comédies Française et Italienne et des Foires Il A Paris, chés Duchesne etc..
Le titre de départ est très différent; il porte: « Nouveau Calendrier historique et chronologique des Spectacles de Paris. »
Titre gravé avec un nouveau frontispice. La raison de ce changement est toute simple. L'abbé de Laporte apportait à Duchesne le titre de la publication entreprise par Cailleau pour l'année 175 1 sans esprit de suite. Une fois le « Calendrier «.Cailleau (voir le n° précédent) fondu dans le « Calendrier » Duchesne, la publication put se généraliser et, désormais, la collection entière por-
lisait « Ou Calendrier. » (1) A partir de 1779 les matières se trouvèrent classées avec des numéros d'ordre, comme suit :
1° Les noms et les demeures des principaux Acteurs, Danseurs, Musiciens et autres Personnes employées aux Spectacles; 2° Le Catalogue de toutes les Pièces qui se jouent sur les différents Théâtres; 3e Les Anecdotes auxquelles ces différentes Pièces ont donné lieu; 40 Les noms des auteurs vivans, Poètes et Musiciens qui ont travaillé dans le genre dramatique ; 5° Un Précis de toutes les pièces nouvelles, jouées pendant l'année ; 6° Les noms des Acteurs et Actrices qui ont débuté dans l'année.
A partir de 1788 les titres des pièces non jouées
(1) Les années 1761 et 1762 portent encore « Ou suite du Calendrier. »
sur un des trois grands spectacles, ainsi que les j noms des auteurs, furent supprimés. L'année 1791 relate tout au long les dissentiments qui éclatèrent cette même année au théâtre de la Nation. En 1792, l'Almanach étendit son domaine des spectacles de Paris aux spectacles de toute la France (cette modification est indiquée sur le titre). Cette même année 1792 donne une sorte de récapitulation du théâtre en France depuis les origines. « Nous avons pensé », lit-on dans l'avis des éditeurs, «qu'à cette époque où l'influence d'un Peuple libre et le bienfait de la concurrence ont multiplié le Théâtre, où le génie des Auteurs peut s'élever à toute sa hauteur, puisque le suplice (sic) de la censure est aboli, il serait piquant de retracer l'espace que chaque théâtre a parcouru, pour arriver à cette époque glorieuse. »
Voici, d'autre part, pour que l'on puisse avoir une idée complète de la publication, le titre exact de la dernière année, avant la suspension, laquelle année se trouve divisée en deux parties formant ainsi deux volumes.
Titre de la ire partie:
— Les Spectacles de Paris, et de tonte la France ou Calendrier Historique et Chronologique des Théâtres ; Contenant les nouveaux Décrets relatifs aux Théâtres, à la propriété des Auteurs et Artistes en tout genre, et à la Composition, ainsi qu'au régime des différens'Spectacles anciens ou nouveaux. Le précis de leur existence depuis qu'ils sont établis. La Nécrologie des Auteurs et Acteurs morts Tannée dernière ; le Tableau des Acteurs morts depuis plus de cinq ans, et dont les œuvres sont devenus (sic) une propriété nationale. Le Répertoire de chacun des Spectacles. Les nouveautés et débuts de l'année 1793, avec un examen critique de chaque ouvrage. Le tableau des Spectacles établis dans les principales villes de France ; enfin des Anecdotes et un résumé de l'Histoire dramatique de l'année dernière. Quarante-Troisième partie, Pour l'Année 1794, Seconde de la République. || A Paris Chez Duchesne, Libraire, rue St-Jacques, n° 47.
Titre de la 2* partie :
— Les Spectacles de Paris et de toute la France ou Calendrier Historique et Chronologique des Théâtres, suite de la quarante-troisième partie contenant particulièrement un Répertoire de toutes les Pièces Pafriotiques qui peuvent se jouer sur le Théâtre du Peuple. Pour l'année 1794, Seconde de la République. || A Paris, chez Duchesne, Libraire, rue Jacques, n° 47.
En tête se trouve un avis que je reproduis sans y rien changer:
« Diverses circonstances ayant retardé cet Almanach, qui a été commencé en Vendémiaire dernier, il est survenu, pendant le cours de son impression, plusieurs décrets relatifs aux Spectacles, et que nous donnerons à la fin de cette seconde partie, avec une liste alphabétique de toutes les pièces
patriotiques, jouées sur les divers théâtres de Paris, et qui peuvent former un Répertoire civique. Ce répertoire révolutionnaire est extrêmement essentiel pour remplacer le Répertoire ancien, que nous relatons exactement à chaque théâtre, invariablement pour l'histoire littéraire et dramatique, mais dans lequel il y a une foule de pièces qui ne peuvent plus se jouer devant un peuple libre et régénéré. »
Ceux qui voudront se pénétrer encore plus profondément de la couleur locale n'auront qu'à lire ledit « Répertoire civique proposé pour le théâtre du peuple qui doit être dans chaque grande commune. » Mieux vaut ici reproduire quelques passages du long article consacré au Vaudeville, lequel donne une idée précise du sentiment de l'époque :
« De tous temps le vaudeville a été cher arx Français ; de tous temps le vaudeville leur a servi, soit à chanter ses (sic) plaisirs, soit à peindre ses malheurs ; et, dans l'ancien régime, il avait plus de regrets à former que de bonheur à célébrer ; aussi, comme il n'osait pas tout dire, le vaudeville était aiguisé par une pointe épigramatique (sic) qui, bien souvent, a fait pâlir le despote sous son dais, et l'oppresseur sous la pourpre. C'était avec des chansons qu'on critiquait les opérations mercantiles et vexatoires des Ministres; c'était avec des chansons qu'on persifflait les courtisans des tyrans et leurs vils flatteurs. Tout finissait par des chansons, parce que tout ne pouvait pas encore finir par une vigoureuse résistance à l'oppression ; les hommes n'étaient pas encore mûrs pour frapper de grands coups, mais ces chansons ont plus d'une fois prouvé aux monstres qui dévoraient la substance du Peuple, que le Peuple connaissoit leurs forfaits, et que s'il sentait jamais sa force et sa dignité, il pourrait bien les attaquer un jour avec du canon, plutôt qu'avec des épigrammes.
« C'est sur tout depuis la Révolution que le Vaudeville a repris sa force et son véritable caractère. C'est le vaudeville qui anime nos guerriers au combat, c'est le vaudeville qui atteint sur leurs trônes les despotes ligués contre nous, et que nos armes vont punir de leurs forfaits ; c'est enfin le vaudeville qui fait sourire nos Législateurs, au milieu des grandes affaires qu'ils traitent avec la Nature et la Postérité. »
Assurément le vaudeville ne s'attendait guère à tenir pareille place dans l'histoire ; et encore moins à intervenir au milieu des affaires « traitées avec la Nature et la Postérité. »
Repris en 1800 le Calendrier revint à son ancien titre et s'intitula : Almanach des Spectacles de Paris ou Calendrier Historique et Chronologique des Théâtres. Cet almanach, comme le porte le titre, « a rempli le vuide qui se trouve depuis sa cessation en 1794. » Il était en vente chez Duchesne et chez Moutardier.
Intéressant par ses documents sur le théâtre, Y Almanach des Spectacles est encore bien curieux à
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parcourir au point de vue du pittoresque et de la naïveté des adresses officielles des messieurs et dames de la rampe ; qu'il s'agisse des principaux sujets ou des simples figurants. De 1752 à 1787 on voit une grande partie de ce monde, hommes ou femmes, chanteurs ou danseurs, choristes ou musiciens d'orchestre, loger à la butte Saint-Roch. Le corps de ballet de l'Opéra semble ne pas avoir quitté la rue Ste-Anne, attiré vers les petites maisons de la colline à la mode et par la présence de ses reines, et par la proximité de son théâtre, de son administration, et par la facilité des mœurs du quartier.
De la rue Ste-Anne à la rue de la Lune, en passant par le quartier Montmartre il y eut là toute une colonie qui a fourni à l'Almanach des Spectacles de bien amusantes adresses dont la naïveté surprend d'autant plus que vers 1787 la numérotation des maisons était presque partout générale. Qu'on en juge par ce petit lot choisi au hasard :
« Mlle Joséphine, porte S. M. (Saint-Martin) vis à vis l'allé (sic) du second réverbère, chez un Marchand de vin, à côté du cul-de-sac de l'Egout.
« Mlle Esther, rue Poissonnière, vis-à-vis le corps de garde des Suisses.
« Mlle Courtois cadette, rue Froidmanteau, chez le marchand de cors (autrement dit le tailleur pour dames, le cors étant le vêtement qui prenait le corps).
« Mlle Hortense F. S. D. (Fossés St-Denis), près le laissez passer.
« Mlle Dubuisson, la 3" porte à droite en entrant dans le F. St-M. (Fossé St-Maur) à côté du perruquier.
« Mlle Henriette, rue St-Louis St-Honoré, dans la porte cochère. » — Ce « dans » fait rêver.
Et le côté des hommes n'est pas moins gai : l'un demeure rue de la Lune, chez un épicier, l'autre rue d'Argenteuil, maison Neuve, à côté d'un vitrier, un troisième rue Bourbon- Villeneuve, la seconde porte cochère après celle de St-Philippe, etc. Voilà, certes, un succès postmortem auquel n'avaient point songé les éditeurs de l'Almanach des Spectacles.
La plus grande partie de cet almanach a été rédigée par l'abbé de Laporte, de 1752 à 1778 inclusivement, tout au moins.
Toutefois, l'on peut voir par la lettre suivante que Favart n'a pas été sans 'y collaborer. Voici, en effet, ce qu'il écrivait au comte de Durazzo, en date du 4 janvier 1761 : « L'Almanach des Théâtres contient plusieurs anecdotes sur les auteurs dramatiques; je l'envoie à V. E. qui m'a demandé tout ce qui est relatif aux spectacles. L'abbé de La Porte est l'auteur de ce petit ouvrage. Depuis quatre à cinq ans je lui ai fourni des matériaux et j'ai tâché, autant qu'il m'a été possible, de rectifier les erreurs qu'il avait faites dans les années précédentes. Les circonstances fâcheuses où je me suis trouvé depuis six mois m'ont empêché de donner mes soins à son dernier almanach de
1761, où il s'est glissé de nouvelles fautes. Je ne les relèverai point, parce qu'il doit faire paraître dans quelques jours le « Tableau des Théâtres » qui sera beaucoup plus correct. »
Vers 1789 il fut rédigé par Ducray-Duménil. L'année 1794 est de Collot d'Herbois. Les volumes de l'An VIII et de l'An IX sont de Guilbert de Pixérécour*.
L'almanach n'a pas paru pendant les années 1795, 1796, 1797, 1798 et 1799. L'année l8l5 qui remplit le vide existant depuis 1800, est. à la fois, la première de la réapparition et la dernière de la publication. Le titre est simplement : « Almanach des Spectacles de Paris » chez Duchesnc. (suit le sommaire.)
L'année 175 1, c'est-à-dire le Calendrier Historique, est presque impossible à rencontrer. Déjà du vivant de la publication elle était rarissime, mais comme on la demandait, paraît-il, souvent, l'éditeur prit le parti de la réimprimer en extraits à la suite de l'année 1761 qualifiée de dixième partie. (Voir l'avertissement en tête de la dite année.)
[La collection complète est aujourd'hui très rare et très recherchée. En bel état de reliure elle se paie 3oo fr. et même plus. L'exemplaire de la vente Sapin composé de volumes brochés et reliés non uniformément s'est vendu Io5 fr.]
[B. N. An IX, i8i5.]
181. - ÉTAT DES COMPAGNIES ECOSSOISE et re Compagnie Françoise des Gardes-du-Corps du Roy. || (S. L).
In- 12.
Avec un calendrier, un « Essai de remarques chronologiques » sur ce corps de troupes, et un extrait des édits, déclarations, arrêts et règlements rendus en faveur des commensaux.
Cet « Etat » a dû paraître antérieurement, mais l'année 175 1 est la seule qui me soit connue. D'autre part c'est la tête de la publication qui paraîtra désormais sans interruption durant le siècle entier sous le titre de : « Etat des Gardes du Roi. » (Voir le n° 190.)