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FORMATION DES MONTAGNES. EFFONDREMENTS, ETC. 4I

M. Neumayr, en faisant paraître son Histoire de la Terre *, ont émis une nouvelle théorie générale de la formation des montagnes. Appuyée sur la notoriété scientifique de ses auteurs, cette théorie captiva rapidement le grand public. On eut alors à choisir entre la théorie soutenue par rUniversité viennoise et celle qu'Élie de Beaumont avait formulée, lorsqu'il était un des plus illustres représentants de la science française.

MM. les géologues autrichiens n'admettent pas * que la croûte terrestre soit une surface composée de vastes plaines, alternant avec des parties plus ou moins ridées et soulevées par suite de pressions latérales et que son ensemble flotte sur un noyau incandescent, contractile et pâteux. Ils préfèrent créer une théorie nouvelle qu'on ipo\iTX2à\,^ipipt\tx\2ithéorie des effondrements, en opposition à celle Ats plissements.

D'après ces savants, les éléments superficiels de la terre sont divisés en compartiments dont les uns restent immobiles, au même niveau, et dont les autres, sous l'action de la pesanteur seule, s'effondrent verticalement et en masse dans des abîmes inférieurs, en glissant contre les parois des massifs restés fixes. Des plissements, des soulèvements de couches, sous l'influence d'efforts latéraux, se sont produits parfois ; mais, relativement à

* Neumayr, Erdegescbicbie, Leipzig, 1886.

* Cf.: De Lapparent, Le Sens des mouvements de Vécorce terrestre (Bull, Soc, géoLf t. XV, p. 218, 1887). La Nature des mouvements de récorce terrestre (Revue des questions scientifiques, t. XXVII, 20 janvier 1890).

j\2 SOULÈVEMENT DES ALPES

la surface du globe entier, ces arrangements ne sont que de rares exceptions, néanmoins fort visibles dans les -coupes de certains massifs montagneux ou de chaînes de montagnes. Les plissements engendrent presque toujours des mouvements de bascule relatifs ; mais, en dehors des contrées plissées, il n'y a aucune élévation de terrain pris en masse, résultant d'une poussée de bas en haut.

Pour faire mieux comprendre leur système, MM.Suess et Neumayr comparent la croûte terrestre à une couche de glace étalée au-dessus d'un vaste étang. Sous cette glace s'élèvent, de distance en distance, jusqu'au niveau de l'eau, quelques pilotis ou des massifs de maçonnerie. Si la masse d'eau vient à diminuer de volume, son niveau supérieur s'abaisse et des vides se forment sous la glace. Les parties de la couche déglace qui s'appuyaient 5ur les pilotis et les massifs de maçonnerie, continuent à les recouvrir; mais, partout où les points d'appui manquent, la nappe de glace se brise et s'effondre en glissant le long des parois des corps demeurés immobiles qui en restent couverts comme d'une calotte. Ce sont ces piliers, <:es masses résistantes que les savants viennois désignent sous le nom de Horsty emprunté à la langue des mineurs et signifiant : pilier, mâle, pointe de rocher. Dans la nature, les Horste sont représentés par des contrées ^d'ancienne consolidation, restées depuis longtemps immobiles et qui sont encore recouvertes par tous les terrains plus récents déposés à leur surface et épargnés par les «érosions ultérieures. Ces Horste constituent générale-

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