ANCIEN NIVEAU DES MERS
ment des massifs étendus de roches cristallines, qui se sont failles et brisés au lieu de se plisser et de se soulever; aussi leur stabilité s'est maintenue au milieu de l'ensemble des mouvements de Técorce terrestre. Pour exemples, MM. Suess et Neumayr citent près de nous, les Vosges et le Plateau central.
Les déplacements de couches n'ont pas été engendrés par des efforts horizontaux, par des poussées latérales ou de bas en haut, mais par Taction de la pesanteur qui a déterminé des effondrements verticaux, chaque fois que la diminution du rayon terrestre, par suite du refroidissement a abaissé le niveau des points d'appui intérieurs.
11 serait donc intéressant de savoir de quelle quantité le rayon delà terre s'est raccourci et la surface du globe s'est contractée.
D'après la nouvelle théorie, on peut savoir à quelle hauteur s'élevaient jadis les sommets des Horsie, en superposant par la pensée au-dessus de leur surface actuelle, l'épaisseur de toutes les couches sédimentaires qui en ont été enlevées par l'érosion. Ce niveau hypothétique doit représenter celui des anciennes mers et, en comparant ce plan avec celui de la hauteur moyenne du sol et même avec la surface de la mer, on obtient une différence assez considérable. M. Suess l'estirhe à une dizaine de kilomètres pour les contrées effondrées autour de l'axe des montagnes rocheuses dont la t-upture de la voûte aurait mis au jour une arête de robhes cristallines.
M. HeimSaprès avoir fait de nombreuses coupes, dressées perpendiculairement à la direction de la chaîne des Alpes, suppose que la portion de la surface terrestre, qui représentait autrefois l'emplacement actuel des Alpes, a dû se contracter de 1 20 kilomètres, ce qui correspondrait à un raccourcissement de 10 kilomètres du rayon de la terre, rien que pour la période tertiaire, sans parler des autres plissements qui ont dû s'effectuer sous le même méridien. M. Bertrand ne voit rien d'excessif dans les résultats de ces calculs et pense même que, en face des effets grandioses que doit produire le refroidissement de la terre, ils présentent à l'esprit une solution satisfaisante.
M. A. de Lapparent regarde ces chiffres comme exagérés, mais nous ne pouvons le suivre dans les considérations qu'il expose à l'appui de son opinion. Lorsqu'il essaye de retrouver le niveau des anciennes mers, il aime mieux prendre pour base de vastes surfaces de terrains sédimentaires, qui ont encore conservé les caractères d'anciens rivages depuis le commencement des périodes tertiaire et jurassique, que de chercher des points de repère sur les sommets non dégradés de quelques Horstequi ne forment en définitive que des accidents restreints et des exceptions au milieu de l'ensemble des formes orographiques d'un continent, car, si vraiment le niveau supérieur et général des anciennes mers s'était élevé à une si grande hauteur, il serait difficile ou même
1 Cf. BuU. Soc. géoL, t. XV, p. 383, 1887.