ANCIEN NIVEAU DES MERS
impossible d'expliquer la diminution de leur volume ! Nous croyons donc que M. de Lapparent, en adoptant cette théorie, a simplifié le problème et qu'il a fait là une judicieuse application du grand principe de la moindre action.
En résumé, la question de l'ancien niveau des mers et de la mesure de la diminution du rayon terrestre est toujours discutée, mais, comme elle se rattache à Torogénie des Alpes, nous n'avons pas cru devoir la laisser complètement dans Toubli. Toutefois, sans abandonner leurs tendances, lés deux savants autrichiens, en face des plissements de certaines grandes chaînes, n'ont pu garder un exclusivisme absolu ; ils ont été parfois forcés d'admettre l'intervention locale et restreinte des prèssions latérales et des soulèvements relatifs ; néanmoins ils sont convaincus que « l'effondrement le long des cassures est le principal facteur des modifications de 1 ecorce terrestre ». Au contraire, M. A. de Lapparent, un des plus habiles champions des idées d'Elie de Beaumont et de Constant Prévost, idées également soutenues par beaucoup de géologues étrangers, à la suite de Dana, de Richtofen, etc., soutient que « les chutes verticales apparaissent comme des effets secondaires et consécutifs des mouvements d'élévation ».
Ce n'est pas la place ici de discuter la valeur de ces deux théories rivales, entre lesquelles se fera, un jour, un certain accord, puisqu'on sera forcé de faire de nombreux emprunts à l'une et à l'autre. Ne l'oublions pas ; la marche delà nature na rien d'exclusif; imitons-la.
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D'ailleurs, relativement au sujet qui nous occupe, nous devons être d'autant plus à Taise, que MM. Suess et Neumayr, malgré leurs préférences pour les effondrements verticaux, avouent que, dans la formation du Jura et des Alpes, les phénomènes de plissement, de soulèvement, brillent de tout leur éclat !
Notreliberté ne serait pas aussi grande, si nous avions à parler de la chaîne des Vosges, pourtant très voisine des Alpes. 11 nous faudrait prendre un parti et choisir entre les deux Écoles.
Pour les disciples d'Élie de Beaumont, les Vosges sont un grand anticlinal produit par soulèvement relatif, et rompu en son milieu avec effondrement de la clef de voûte, qui, par suite de la tension qu'elle subissait, avait été, dès l'origine, la partie la plus faible du massif.
L'École autrichienne et notre savant confrère, M. Blei- . cher *, ne voient, dans les chaînes jumelles de la Forêt- Noire et des Vosges, que deux Horste inébranlables, entre lesquels un long effondrement linéaire, limité par deux failles parallèles, a creusé la vallée du Rhin (fig. i). En même temps, en dehors de ces deux môles, tout s'effondrait verticalement, ainsi que le prouve la disposition de nombreux paquets de terrains sédimentaires qui sont serrés entre des failles parallèles, et dont les niveaux supérieurs s'abaissent progressivement à Touest d'un côté, et à l'est de l'autre.
i Bleicher, Les Vosges^ p. 16. Bibliothèque scientifique contemporaine y 1890.
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