CHAINES SUBALPINES OU EXTERIEURES
entièrement formé par les schistes cristallins. Cette quatrième zone avec ses pointements élevés de schistes anciens, de gneiss et de roches granitoïdes sert de ligne de partage entre le bassin du Rhône et celui du Pô. On peut la suivre au sud, jusqu'au delà du massif du Mercantour, et, au nord, on peut la relier à la chaîne du mont Rose et au massif du Bernina.
Les chaînes subalpines ou secondaires s'étendent du sud au nord, comme une large ceinture, à l'ouest et au pied des grandes Alpes ou chaînes centrales. C'est une série de massifs calcaires très importants, composés de terrains jurassiques moyens et supérieurs, et de terrains crétacés.
Les roches silicatées éruptives et les roches schisteuses anciennes manquent complètement.
Les grandes masses calcaires, découpées par des failles nombreuses, ou bien par des cluses larges et profondes, ont subi des pressions latérales, et, dans la région nord, leurs plissements suivent la direction des plis des grandes Alpes; telles sont les chaînes de la Savoie, de la Dent-du- Chat, de la Grande -Chartreuse, du Fercors et du Royane^. Plus au sud, comme nous Pavons déjà dit, les massifs des chaînes subalpines s'élargissent; au lieu de suivre régulièrement le mouvement de flexion vers le sud-est, de la chaîne centrale, ils modifient brusquement la direction de leur allure qui devient transversale à la vallée du Rhône.
Ne pouvant étudier, même très succinctement, toutes les chaînes subalpines, nous choisirons pour exemple le
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massif si connu de la Grande-Chartreuse (fig, lo), qui se trouve sur le prolongement de la coupe que nous venons de suivre à travers les grandes Alpes. Les strates y sont moins tourmentées que dans les environs d'Annecy; il n'y a pas de grands renversements de couches; néanmoins il est évident que les terrains ont subi des pressions latérales très énergiques, et les coupes que Ch. Lory a dressées dans l'intérieur du massif montrent les résultats de ces gigantesques eflForts.
Guiers, r. Couz Corbel L'Alpette, v. du Graisivaudan
Vall. de l'Ainan
FiG. lo. — Coupe du massif de la Chartreuse. (M. de Lapparent, Traité de géologie, 2» édition, p. 1403, d'après M. Lory.)
I, Oxfordien ; 2, couches à /fm. tenuilobaius; 3, couches de Bernas; 4 , néocomien; 5 , urgonien ; 6, craie; 7, mollasse ; 8, alluvions ; /",/, failles.
Ce sont des plissements répétés, des contournements accentués, des failles nombreuses, enfin d'énormes dénivellations. Ainsi la craie blanche se trouve ' pincée dans un pli en V qui forme le sommet du Grand-Som (2033 mètres) et qui commande presque tout l'ensemble.
L'action des compressions latérales, en se combinant avec la formation des failles, a forcé les couches brisées à s'échelonner en gradins de plus en plus élevés, de l'ouest à l'est. La dent de Crolles ou Petit-Som (2066""), qui en est le dernier terme, dépasse tous les
PLATEAUX ET PLAINES DU BAS DAUPHINÉ 8l
autres sommets en dominant, presque à pic, la grande cassure du Graisivaudan et VIsère, d'une hauteur de 1800 mètres. Quelques failles de la Grande-Chartreuse se prolongent dans le massif de Lans, au delà de la cluse transversale de la vallée de l'Isère; mais les formes orographiques y sont plus monotones qu'autour du Grand- Som, et généralement de larges plissements, en forme de voûtes surbaissées, et limités par de grands escarpements sont les traits caractéristiques des montagnes du yercors et du Royans.
A Bonneval et à Méandre des lambeaux de mollasse, transportés de 1 500 mètres sur les plateaux du Royans, indiquent clairement que Tâge du soulèvement des chaînes subalpines est postérieur au dépôt des terrains miocènes, et synchronique avec les grands mouvements orogéniques qui ont donné aux Alpes leurs derniers reliefs.
A l'ouest des chaînes secondaires, s'étendent, jusque vers le Rhône, les vastes plateaux et les plaines du bas Dauphiné. Cette région monotone n'est que le prolongement, au sud, de la Bresse et des Dombes, et doit avoir la même constitution géologique.
C'est encore un grand pli synclinal très ouvert, dans la concavité duquel se sont déposés les terrains miocènes et pliocènes, ainsi que les alluvions quaternaires^ pour niveler l'espace compris entre les premiers contreforts des Alpes et les Cévennes.
Dans un terrain aussi bouleversé, aussi déchiré que les Alpes, il s'est produit souvent des injections de
Falsam, Les Alp«8 Françaises. . 6
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roches ignées ou éruptives et de substances minérales ; mais, dans toute la chaîne française, il n'y a pas de rocbesvolcaniques proprement dites ; on n'en voit que dar>s les massifs du Midi, tandis que, de l'autre côté du Rhône, dans le Vivarais, le Velay et l'Auvergne, ces mêmes roches sont très abondantes.
Les roches éruptives des Alpes Occidentales sont principalement des roches granitoîdes, des diorites, des amphibolites, des eupbotides, des spilites, des serpentines, des porphyres, des porphyres quart^ifères, des mêlaphyreSy etc., etc. Nous l'avons déjà dit, les plus beaux épanchements de roches granitoîdes sont dans la chaîne du mont Blanc, dans le puissant massif de l'Oisans et au Mercantour.
Leseuphotides, les serpentines, lesdiallages du mont Viso et du Queyras sont célèbres ; elles ont percé les schistes lustrés calcairéo-talqueux du terrain cristallophyllien. L'euphotide passe souvent à une roche d'un vert sombre avec globules d'un vert plus clair, qu'on appelle variolite de la Durance, Elle est susceptible de poli, et peut faire des objets d'ornement ou des bijoux. En Savoie les euphotides, au-dessus de Modane passent également à une spilite dure, mais sans amygdales. Le plus bel enclave de serpentine de la Savoie est à Bonneval, dans la haute vallée de l'Arc, mais il y a encore des affleurements de la même roche au Petit-Saint-Bernard, à Villarodin et près de Taninges.
La spilite noire avec amygdales de calcaire blanc, ou variolite du Drac, surgit sur une foule de points, dans
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