FILONS AURIFÈRES ET MÉTALLIFÈRES
et les Romains avaient appelé notre pays : Gallia aurifera. Aujourd'hui la France ne mérite plus ce nom.
Pendant de longues périodes de siècles, des paillettes arrachées à des filons démantelés, à des roches brisées par les plissements du sol, s'étaient lentement amassées dans les alluvions des fleuves et des rivières de la Gaule, et les premiers chercheurs épuisèrent promptement ces riches dépôts. Le Rhône, Tlsère, le Cheran, l'Arc et divers autres cours- d'eau, roulent bien encore quelques parcelles d'or ; mais, après la découverte des gisements aurifères de l'Afrique, de l'Amérique, de l'Australie et de l'Oural, les orpailleurs ne purent continuer des travaux trop peu lucratifs.
En somme, nos montagnes sont peu riches en minerais précieux, et nous ne pouvons citer, pour ainsi dire, que le cuivrepyriteux aurifère de la mine de la Demoiselle ^ dans le granité du sol de Couard, à l'extrémité des Rousses, et le filon de la Gardette, au sud du Bourgd'Oisans, qu'on a plusieurs fois essayé d'exploiter et toujours d'une manière infructueuse. Vor y est associé à du plomb y du fer et du cuivre sulfuré dans une gangue de quart^. Faut-il rappeler les belles pépites d*or natif découvertes, en 1852, dans un petit filon d'arséniate dt nikel, dans le lias de La Motte-les-Bains ? Malheureusement ce nefutqu'unsimple accident minéralogique sans suite. En général, dans le Dauphiné, la Savoie, les galènes, les cuivres gris, les pyrites de cuivre et de fer sont plus ou moins argentifères et même renferment quelquefois des traces d'or. Mais les observations de
86 ALFES FRANÇAISES GÉOUXHE DYNAMKIUE
M. Geymard ont révélé un autre fait intéressant, au point de vue purement scientifique, c'est la diffusion du platine dans un grand nombre de minerais, sans qu'on en rencontre jamais en filons dans les terrains cristallins. La Savoie renferme un assez grand nombre de filons métallifères. Les ex(rfoitations n'ont que peu ou point d'importance, nous citerons seulement quelques gisements : dans le massif du Mont-Blanc, il y a des veines de plomb et de :^inc sulfurés, des lamelles de fer oligiste, des géodes de cristal de roche, de Y amiante, de VashesU, de Vaxinite, Dans les environs de Beaufort on voit des pyrites arsenicales, des sulfures de plomb, de cuivre, d'antimoine, de cuivre gris, des fers oxydulés, de la sidérose, au milieu des schistes. La sidérose de Saint-Georgesd'Huretière a même été exploitée par les Romains. La zone de Beaufort en Maurienne est très riche en filons métallifères qui vont se relier à ceux d'AIIevard.
En Tarantaise, le terrain anthracifère de Pesey et de Macot renferme, avec du cuivre ti au plomb argentifères, de Vanhydrite et de la stibine. A Salins, près Moutiers, il y a, dans du quart^ hyalin, de magnifiques houppes d'aiguilles de titane rutile, du fer oligiste et toute une intéressante série d'autres minéraux.
Mais le sel gemme et les sources salines font la fortune du pays. Également près de Moutiers, une superbe brèche, appelée brèche de la Tarantaise, et des cipolins ont été formés par métamorphisme aux dépens du lias. En Savoie, surplusieurs points, on exploite aussi des ardoises qui dépendent soit du lias, soit des terrains tertiaires.