COMBUSTIBLES. CHAUX ET CIMENT
mêmes minerais, mais souvent on n'a pu en tirer profit pour les mêmes raisons.
Depuis quelques années, les gisementsd* anthracite ont pris une certaine importance par suite des perfectionnements apportés à la construction des appareils de chauffage. Les concessions de La Motte-d'Aveillans, de La Mure et celle de Communay^ dans le bas Dauphiné, sont les plus importantes, et Lyon est leur principal débouché. Les mines d'anthracite des cantons de La Mure et du Briançonnais ont fourni, en 1889, environ 150.000 tonnes de combustible.
Dans la Savoie, dans TOisans, dans le Briançonnais, lorsque le terrain anthracifère est pincé dans des schistes cristallins fortement bouleversés, l'anthracite passe au graphite ou plombagine.
Des séries d'empreintes végétales de plus en plus détériorées servent à établir la liaison qui existe entre les grès anthracifères et la roche qui renferme le graphite. Élie de Beaumont avait pu s en convaincre vers les gisements du col du Chardonnet, au nord-ouest de Briançon. Les mines de graphite les plus importantes sontcelles duMonétier-de-Briançon, de La Salle (Hautes- Alpes) ; mais elles ne donnent en moyenne que 300 quintaux métriques par an.
Les mines de lignite et les tourbières sont nombreuses dans la région alpine. L'arrondissement de Forcalquier est le plus riche en gisements de lignite, et, en 1887, on en a extrait 22.500 tonnes ; mais les tourbières les plus abondantes sont celles des marais de Bourgoin (Isère),
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90 ALPES FRANÇAISES — GEOLOGIE DYNAMiaUE
qui ont fourni à la même époque 12.600 tonnes de tourbe.
Sur le versant français des Alpes, les calcaires ont subi parfois de profondes modifications et passent alors à des marbres assez grossiers de diverses couleurs. Dans risère, les Hautes et Basses-Alpes, il y en a de noirs, de blancs, de roses, de jaunes, de noirs veinés de jaune, de gris, etc. ; il y a aussi des serpentines ; mais nous ne pouvons songer à indiquer même rapidement leurs exploitations. Nous ne pouvons pas plus signaler les nombreuses carrières de pierre de taille, de beaux matériaux de construction, de gypse, d* ardoises..., qui enrichissent nos anciennes provinces.
L'exploitation qui prend actuellement le plus d'extension est celle des calcaires argileux de VOxfordien pour la fabrication des ciments. Les calcaires de la Portede-France, àGrenoble, sont le type le plus anciennement connu ; mais les fours à ciment deviennent de plus en plus nombreux et se multiplient en suivant les affleurements de ces calcaires ; c'est une grande source de fortune, inconnue il y a peu d'années, qui est venue -s'ajouter à tant d'autres dans la région des Alpes.