‹ Les Alpes françaisesChapitre 39 sur 89 · PASSAGES PRINCIPAUX. CHAINES SECONDAIRES II · texte numérisé non relu

PASSAGES PRINCIPAUX. CHAINES SECONDAIRES II

magnifique arête qui donne son principal caractère à toute la chaîne et lui impose sa direction? Pouvions-nous laisser dans Tombre cette puissante dorsale dont se détachent, sur le versant français, tant de membres puissants, tant de rameaux ?

De nombreux souvenirs historiques sont restés attachés à chacun des grands cols qui empêchent les Alpes d'être une barrière aux progrès de la civilisation internationale, aux échanges de commerce. Ne devions-nous pas en rappeler, quelques-uns, maintenant surtout, qu'un intérêt militaire, plein d'actualité, attire notre attention sur toute cette frontière et que, sur ses deux versants, de nombreuses forteresses s'élèvçnt pour protéger l'intégrité de chaque nation contre les horreurs d'une.invasion ? Fasse le ciel que ces préparatifs de guerre n'engendrent que la paix ! Si vis pacem, para hélium !

Mais pour décrire les chaînes secondaires, les branches et les rameaux qui se détachent du tronc principal, nous nous efforcerons d'être plus bref. Cette description ne sera donc que la reproduction amplifiée de notre tableau synoptique.

Les Grandes Alpes de Savoie ne sont que des dépendances des crêtes des Alpes Graies. Elles peuvent se décomposer en deux groupes principaux: i"* Les montagnes enfermées entre l'Arve, l'Arly et l'Isère, c'està-dire une grande partie des montagnes de la Tarantaise ; 2*» Les montagnes comprises entre l'Isère et l'Arc. Cesdernières montagnes, au point de vue historique, régional, appartiennent à la Tarantaise pour le versant de la rive

Falsan, Les Alpes Françaises. 8

gauche de Tlsère et à la Maurienne pour le versant delà rive droite de l'Arc. Les montagnes de la rive gauche peuvent se relier aux Grandes Alpes du Daupbiné. Si ces deux groupes, qui semblent n'être que des expansions latérales de la grande chaîne, sont indépendants et nettement circonscrits, au point de vue orographique, ils sont néanmoins subordonnés au massif du Mont-Blanc pour leur âge et leur composition géologique. Les vallées qui les divisent ne sont, malgré leur profondeur, que des accidents de surface, et les roches qui composent ces diverses zones, sont de même nature. Nous le dirons plus en détails dans un autre chapitre.

Au sud-ouest du mont Blanc, entre l'Arve, TArly et risère, s'accentuent le mont Joli (2527 ™), les Aiguilles (2487 "'), V aiguille du Grand-Fond (2824"*), le mont Coin (2541 "*), le Crêt duRey (2639"^), enfin le Quermo (2804™), qui s'alignent sur une chaîne venant aboutir entre Petit-Cœur et Moutiers. Nous ne citons que ces noms.

Au pied du grand pic de la Levanna (3640 "*) et du glacier de la Galise, qui est la source de Tlsère, s'avanceà l'ouest une énorme masse de montagnes, le système de la Vanoise, qui sépare la vallée de la Tarantaise de celle de la Maurienne ; les pentes en sont plus douces au nord qu'au sud. Ses sommets sont couverts de glaciers. La route et le col du mont Izeran la séparent de la chaîne des Alpes Graies. Cet énorme groupe de montagnes semble contre-balancé en Piémont par le puissant massif du Grand-Paradis (4061'"). Faut-il répéter avec

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MM. Joanne, EL Reclus, Levasseur, que le mont Izeran n'est pas une montagne particulière; dans les hautes Alpes Occidentales, l'expression mont signifie plutôt un col, qu'une montagne, comme le mont Cenis, le mont Genèvre, par exemple.

A Touest du col du mont I^^eran, il y a le massif du mont Pourri (fig. 14) ou du mont Tbuna (3788 ™) et V aiguille Rouge (2988"^). En suivant cette chaîne, on peut citer successivement, dans l'important massif de la Vanoise, la Grande-Casse (3861 »"), le col de la danoise (2527 "')^ accessible même à l'artillerie de montagne, puis le col et le Grand Perron des Encombres (2328"™), bien connu des géologues à cause des fossiles de Tinfralias qui ont été soulevés jusque près du sommet !

Le Château-Bourreau ou cime de Caron (3 1 49 "*) termine la chaîne à l'ouest.

Au nord^ouest du massif de la Vanoise, les montagnes du Chablais, du Faucigny, du bassin d'Annecy, forment plusieurs groupes auxquels on donne la désignation commune de Petites Alpes de la Savoie et dont nous signalerons quelques sommets ou "chaînons importants.

Quiconque a parcouru le lac (375 »") et les environs de Genève se souvient d'avoir admiré ces verdoyantes montagnes qui s'élèvent en gradins au-dessus de la rive méridionale et de la vallée de la Dranse. Ce sont les montagnes du Chablais, dominées par la dent d'Oche (2434"") et la dent du Midi (2183 "'). A l'intérieur, en face du mont Blanc, ce massif est couronné par le Brévent (2525"^) ;et lemont Buet {}io() m); la vallée de Chamonix les

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sépare du colosse alpin. On se rappelle aussi avoir vu, avec une certaine surprise, la grande pyramide du Môle (1868 "') se dresser au milieu de la vallée de J'Arve, dans le Faucigny.

Au sud de TArve, les montagnes des environs d'Annecy, la Tournette {2}^T ""), le Semnoi (1704"^), le Parmelan (1855 ""), se relient au massif des Bornes et au Grand Salève ( 1 383 "'j, dont les assises escarpées sont une des notes caractéristiques du panorama des environs de Genève, déroulé au pied du mont Blanc. Le K«^^i^(i m"*), après s'être détaché du Jura et de la grande chaîne du Reculet (1720*") par la faille qui sert aujourd'hui de passage au Rhône, semble barrer transversalement la vallée avec le mont de Sion (821 "^), en se dirigeant vers le lac d'Annecy (446»"). Entre le Chéranetle Rhône, la chaîne du Haui-Foug{\ 06 1 "') et de la Chambotte (842"^), s'élève parallèlement à la rive gauche du fleuve, tandis que le puissant massif des Beauges, terminé au sud par la dent de Nivolet (1558 ""), se dresse au-dessus du bassin du lac du Bourget (23 1 ""), comme un immense camp retranché.

Toutes ces montagnes calcaires font partie des chaînes secondaires des Alpes et forment le commencement de cette longue ceinture qui les enveloppe jusque vers la Méditerranée.

Les Grandes Alpes du Dauphiné occupent l'espace compris entre les Alpes Cottiennes à l'est ; l'Arc au nord ; l'Isère, le Drac, le Buech* la Durance et l'Aigues, à l'ouest et au sud. Ce vaste ensemble de montagnes se compose de plusieurs chaînes et de quelques massifs

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importants. Au nord une énorme chaîne se détache près du mont Cenis et sépare la vallée de l'Arc de celle de la Romanche. Le mont Thabor (} 182"^), le Grand Galibier (3242"^), les aiguilles cCArve * (3514 "*)(fig. 15), le col du Galibier (2658"^), muni d'une bonne route à mulets conduisant de la Maurienne en Oisans,le col de VInfernet ou de Famé (2690"^), accentuent ce rameau puissant qui s'avance de Test à l'ouest et vient aboutir aux chaînes des Grandes Rousses (2473"*) ^^ ^^ P^ ^^ Belledonne (2981"'), qui né sont que la continuation des plissements du mont Blanc. Sinon le plus élevé, mais sans contredit le sommet le plus hardi est le pic de Belledonne. La noire silhouette se détache nettement sur les névés et les glaciers de la chaîne des Rousses, dont nous voyons les blanches couleurs à la limite de l'horizon brumeux de Lyon.

Au nord, la chaîne de Belledonne se partage en deux chaînons parallèles, et dans cette longue dépression s'alignent les Sept-Laux (2 1 82 "') tout entourés de plaques de neige et de glace, étalés au pied du Rocher Blanc (293 1"^).

La belle vallée du Graisivaudan sépare les roches silicatées et liasiques qui composent ces chaînes d'avec le massif jurassique et crétacé delà Grande-Chartreuse, qui ne fait plus partie des Grandes Alpes du Dauphiné.

* L'aiguille méridionale d'Arve, une des plus difficiles des Alpes Françaises vient d'être victorieusement gravie (août 1891), par M"'^ Paillon et Miss RicThardson. Les Alpinistes les plus audacieux en avaient seuls fait auparavant l'escalade. C. ^. F.

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...„,.. reprises, avant

FiG. 15. . — Les aiguilles d Arve.

de lui imprimer ses derniers profils! Ce ne doit pas être assez de recourir à Taction des anciens glaciers et des eaux courantes, il

nous semble qu'il faut encore faire intervenir la puissance des eaux de la mer, mises en mouvement par les secousses orogéniques.

A la hauteur de Vizille, les deux chaînes parallèles de Belledonne et des Rousses font un coude assez brusque vers le sud-est et viennent s'épanouir en Oisans. Le cirque de la Bérarde (1738™) et le massif du Pelvoux (3938*") ne sont que les conséquences de cet épanouissement. C'est une masse de granité et de schiste à peu près circulaire, de 20 à 30 kilomètres de diamètre. La Romanche, la Guisanne, la Durance, la Sèveraise, le Drac, enveloppent ce groupe de montagnes tout entier. Ses vallées intérieures, très étroites et sauvages, sont ouvertes à plus de 1000 mètres; ses arêtes minces et escarpées ont en moyenne 3500 mètres et parfois dépassent 4000 mètres ; le mont Blanc et ses satellites élèvent seuls leurs neiges et leurs pics à une plus grande hauteur dans les Alpes Occidentales. De nombreux glaciers garnissent toutes les dépressions ouvertes sur les hauteurs et sont alimentés par les avalanches et par les névés qui les couronnent. Les sommets sont multipliés, mais la Barre des Ecrins (4103"*), le pic Lory (4083"^) et la Meije (3987"") les dominent tous. Nous ne citerons même pas les autres sommets, mais nous nous réservons de parler encore du cirque de la Bérarde, lorsque nous décrirons les glaciers qui en dépendent.

Les massifs de la yallouise, du Cbampsaur, du Dévoluy ne sont que des dépendances orographiques du Pelvoux. Le mont Obiou (2793"^) (fig. 16) élève triste-

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