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GRANDES ET PETITES ALFES DU DAUPHINE ET DE LA SAVOIE

ment la tête au-dessus des pentes dévastées du Dévoluy ; le mont Chaillol-le-l^ieU (3 1 64"^) lui fait face de l'autre côté de la vallée du Drac ou du Champsaur.

Le Queyras, enfermé d'un côté par le massif du Mont-Viso et la frontière piémontaise, et, de l'autre, par les grandes montagnes qui bordent la vallée de la Durance, est presque une région isolée de la France avec

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des FHyAl (« /« Chtmùii*

FiG, 16. — L'Obiou vu de Corps; d'après un croquis de M. H. Ferrand.

laquelle il communique moins facilement qu'avec Tltalie, et les cols de la Traversette, de Ruine, d'Âgnel, de Saint-yèran, permettent ces relations avec le Piémont. On comprend que ce bassin du Queyras, enfermé par une barrière de hautes montagnes, ait servi de refuge aux anciens Vaudois pendant les guerres de religion. Nous en dirons quelques mots dans un autre volume. I^a montagne de la Çharve (1164"'), la chaîne de la

DenUdU'Cbat (i472"'-i497"') et de Y Épine (1436"*), qui s'allongent sur les bords du Rhône et du lac du Bourget, ainsi que dans la vallée de Couz et de Chambéry, éta-; blissent un lien naturel entre le Grand-Colombier de Ctiloi (1534™), dernier sommet du Jura et le massif d^. la Grande-Cbarireuse, qu'on peut considérer comme le premier groupe des Petites Alpes du Daupbiné, Mais il. n'en est pas moins vrai que, en dehors de cette liaison qui existe entre le Jura et les chaînes des Alpes, les massifsde la Grande-Chartreuse, du t^ercors, du Royane^, du Diois, sont le véritable prolongement des chaînes secondaires ou des Petites Alpes de Savoie,

La vallée de Chambéry n'isole donc qu'orographiquement les chaînes du Gros-Foug, des Beauges^ et des environs de Chambéry, d'avec \ts Petites Alpes du Daupbiné.

Le massif de la Grande-Cbartreuse (fig. 1 7) est le plus visité d^s Alpes secondaires du Dauphiné. Les magnifiques travaux de M. Lory en ont fait une région géologiquement classique. Chaque année des milliers de touristes et de pèlerins, après avoir suivi l'étroite et grandiose crevasse où bondit le Guiers-Mort, vienn«nt admirer au milieu de la solitude du Désert, At ses vertes prairies, de ses sombres forêts de sapins, de sts escarpements de rochers blanchâtres, le magnifique monastère (977"") qui a remplacé, au pied du Grand-Som (2033'"), la cellule de saint Bruno.

La chaîne escarpée et très élevée du Haut-du-Seuil, terminée au nord par le mont Granier (1938"™) et au sud par le Petit-Sont ou dent de Crolles (2066"^), puis

la crête du Saint-Eynard (1359'"), qui s'élève à pic audessus du cours de l'Isère et du Graisivaudan, en face de la chaîne de Belledonne, limitent au sud-est le groupe de la Chartreuse. Au sud-ouest, les chaînons et leurs vallées subordonnées viennent tous aboutir au cours de l'Isère dans la grande cluse de Voreppe. A l'ouest et au nord, le groupe pittoresque et accidenté des montagnes qui entourent le célèbre couvent se distingue nettement, par ses hauts sommets, des plateaux du bas Dauphiné : la montagne de la Sure (1923"*) en marque vivement la limite. Le signal de Chamechaude (2087""), cette grande pyramide placée au milieu du massif, en est le point culminant. Au sud du Guiers-Mort, le Charmant-Som (1871"^) rivalise presque de hauteur avec les autres pics.

Plus loin, nous dirons comment les anciens glaciers quaternaires ont pu pénétrer dans les massifs de la Chartreuse et comment sont groupés les vestiges de leur passage.

La cluse transversale du Graisivaudan inférieur n'est qu'un bel accident orographique qui ne saurait interrompre l'unité de la chaîne secondaire, depuis la Savoie jusque dans les montagnes du- Comtat. Le Vercors, les montagnes de Lans, du Royans, du Chafal, du Diois, forment un grand plateau élevé, ondulé par de larges plissements. 11 s'étend depuis les escarpements de la pyramide de la Buf(\62T^), au nord, jusqu'aux massifs de Crest et de Dieulefit. A Test, d'énormes escarpements s'alignent comme une longue et imposante façade le long du cours du Drac et du Buech. Les sommets de la

Grande-Moucberolle(228()"'), du Grand-t^ey mont (2 }46'^), du MoHcherotte (1906™), en sont les frontons, et le mont Aignille (fig. 18) ou montagne Inaccessible (2097™), se détache de tout l'ensemble, comme une muraille escarpée dont la coupe hardie se profile de certains points en obélisque sur Thorizon et le ciel. L'étroite et pittoresque crevasse des Grands-Goulets, d'où la Vernaison s'échappe pour se jeter dans l'Isère près de Pont-en- Royans, est parcourue par une superbe route, souvent creusée en tunnels, qui laisse arriver au cœur de ces plateaux. Les autres vallées, comme celle de la Bourne, ont été également utilisées pour établir diverses voies de communication. Le cirque allongé de \2i forêt de Saou, terminé à l'est par la roche Courbe (i 592"™), la Mialandre (1496"*) ti\2i Lance (1335""), sont les avant-gardes des Petites Alpes du Dauphiné en descendant vers le sud. Par le col de la Cabre (i iSo"'), le bassin de la Drôme communique avec ceux du Buech et de la Durance. Un chemin de fer doit remplacer la route de Valence à Briançon pour rejoindre à Aspre-lez-Veyne, la ligne de Marseille.

Les Alpes de Provence couvrent de leurs plissements, de leurs crêtes, tout le périmètre qui a pour limites les Alpes-Maritimes, la vallée du Rhône, la Méditerranée, et, au nord, les bassins de Buech et de TAigues.

La multiplicité des détails orographiques semble masquer les dispositions générales de ces divers systèmes montagneux ; on est arrivé cependant à retrouver de la simplicité dans leurs allures générales.

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