LACS PRINCIPAUX ; LEUR. ACTION RÉGULARISATRICE
Mais, plus au sud, les marais de la Cbautagne et de Lavours, ainsi que le lac du Bouiget, peuvent emmagasi* ner une masse considérable d'eau et- servent de nouveau, comme le lac de Genève, à maintenir les eaux du Rhône dans une sorte d'équilibre, pendant ses plus forts débordements. D'après MM. Gobin et Elisée Reclus S pendant la crue de 1863, ce groupe de réservoirs a reçu la masse énorme de 54.900.000 mètres cubes d'eau, pour les restituer lentement et avec régularité au fleuve qui put continuer sa course, sans porter des ravages dans Sa. vallée inférieure. Presque chaque année, on peut apprécier Theureuse influence de cette action modératrice. En» 1888, nous pûmes en estimer la puissance et les bienfaits, lorsque la crue du Rhône et les débordements de ses affluents furent assez violents pour rompre les digues, les routes et les voies ferrées des environs de Culoz,. tandis qu'à Lyon, le volume du fleuve enflé progressivement, ne présentait aucune exagération considérable.
Le lac du Bourgetj ouvert a une altitude de 23i"',5o„ reste encore dans ses plus grandesprofondeurs ( 1 45'",4o), à 86 mètres environ au-dessus du niveau de la mer. Comme celui de Genève, il est renfermé dans un pli de la mollasse redressée contre les calcaires crétacés. Tous, deux doivent avoir la même origine et le même âge.
Étendu au pied des montagnes calcaires de la Chambotte et du massif bastionné des Beauges à l'est, borné à
4 Gobin, La Commission bydroméirique de Lyon^ 1862. — Cfl Reclus, La Terre^ t. I, p. 445.
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l'ouest par les pentes rapides et boisées de la chaîne de la Dent-du-Chat, le Bourget occupe une surface de 44 kilomètres carrés. Au sud, il a pour horizon les profils perpendiculaires du mont Granier, et, tout à fait dans, le fond, les cimes neigeuses et les petits glaciers des Alpes du Dauphiné. Au nord, après avoir suivi la vallée du Rhône, l'œil se repose sur le dôme du Grand-Crédo (1624'"), qui [domine, d'un côté, la Valserine et les défilés de Bellegarde, et, de l'autre, le Vuache.
Nous venons de dire que le lac du Bourget sert de régulateur à l'écoulement des eaux du Rhône, pendant leurs débordements, mais la vallée dont il occupe le fond, a joué un rôle plus important à l'époque glaciaire. Au moment de la formation des plateaux caillouteux de Chambaran et de Bonneveaux, dans le bas Dauphiné, le bas Graisivaudan a été obstrué par des alluvions et par de petits glaciers qui descendaient des montagnes voisines. Les eaux réunies du Drac et de la Romanche, ne pouvant s'avancer vers le sud, prirent une nouvelle direction, tandis que l'Isère, refluant sur elle-même, se dirigea vers le nord. Toutes ces rivières durent s'écouler alors par la cluse de Chambéry et la vallée du Bourget pour se jeter dans le Rhône, presque en face de Culoz, à Chanaz, où passe aujourd'hui le canal de Savières qui sert encore maintenant de dégorgeoir au lac et montre quelle était l'ancienne direction de l'écoulement des eaux. Après le retrait des grands glaciers quaternaires, les vallées, en dehors des chaînes secondaires, furent affouillées par les eaux de fonte,