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INFLUENCE DES CIMES SUR LES GLACIERS, ETC. I

Les Alpes sont donc le plus grand réservoir où se concentrent les vapeurs humides pompées par le soleil à toutes les mers qui entourent TEurope, et de ce réservoir s'échappent la plupart des principaux fleuves qui dans notre continent vont répandre, au loin et en tous sens^ la fécondité agricole et la richesse commerciale.

Ces accumulations de neige et de glace, ces différences énormes d'altitude pour des stations peu éloignées les unes des autres, engendrent des conditions climatériques toutes spéciales. Dans les Alpes, quelques centaines de mètres en hauteur correspondent à plusieurs dizaines de degrés en latitude. Ainsi, en Ligurie, au pied des riiontagnes baignées par la Méditerranée, on traverse des forêts d'oliviers, des jardins d'orangers et de citronniers ; puis après s'être élevé pendant quelques heures sur les pentes, on s'étonne de se trouver au milieu de champs de neige dont la solitude et la blancheur font penser aux régions polaires, aux icefelds du Groenland. Quels contrastes étranges de climats ! Que de lois à étudier ! Que de problèmes à résoudre !

Ces névés, ces gigantesques glaciers, les plus nombreux et les plus vastes de l'Europe centrale, ne font même pas des Alpes une barrière presque infranchissable, comme l'immense muraille des Pyrénées, ouverte seulement par des sentiers dangereux et des ports d'un accès difficile. Un géographe * a dit : « Bien au contraire, les Alpes sont des montagnes en quelque sortç

A Fonçin, La troisième année dj géographie^ P* 5^-

Falsan, Les Alpes Françaises.

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l8 CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES SUR LA CHAINE DES ALPES

sociables, qui s'ouvrent docilement au génie industriel, aux relations des peuples, à la civilisation. Au point de vue humain, ce sont les premières montagnes du monde ! » 11 y a déjà des milliers d'années que ces relations sociales existent à travers les Alpes, entre les nations répandues de chaque côté de cette longue chaîne de montagnes, et l'on retrouve encore, près de certains cols fréquentés depuis l'antiquité la plus reculée, des morceaux d'ambre jaune ou des objets en bronze, transportés par les peuplades préhistoriques des bords de la Baltique ou des plaines del'Étrurie.

Les Numides d'Annibal , les légions romaines , les armées françaises et italiennes du moyen âge, les régiments de la République, du premier et du second Empire, ont franchi les Alpes avec peine, en bravant bien des périls ; mais à présent des routes superbes, des chemins de fer, remplacent les sentiers étroits, les chemins difficiles. La science des ingénieurs a donné un intérêt de plus aux œuvres de la nature.

La poudre et les machines perforantes à air comprimé ont, il est vrai, singulièrement facilité et activé leurs travaux. Jusqu'à ce siècle les routes n'étaient ouvertes qu'avec le pic et la pioche. D'après Ducange, cette pioche s'était appelée acciatus ou accieta, et, par suite d'une erreur de copie et d'un rapprochement de consonnance, on assimila ces noms au mot plus vulgaire àeacetum, vinaigre. Telle serait peut-être l'origine de cette légende qui rapportait qu'Annibal avait ouvert une route au milieu des Alpes en faisant dissoudre leurs

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