NIVEAU INFERIEUR DES NEIGES PERMANENTES
A rapproche des eaux tièdes de la Méditerranée et au milieu d'un climat plus doux, quise tait déjà sentir dans les plaines, c'est là que s'arrête cette immense suite des glaciers de la chaîne des Alpes, dont les premiers amas commencent à teinter quelques-unes des hautes cimes du bassin du Danube, pour se développer presque sans importante lacune jusque vers la Provence et les Alpes Maritimes.
La limite des neiges permanentes ne peut être fixée d'une manière absolue ; elle varie suivant des conditions locales d'altitude, d'exposition, et sous l'influence de masses réfrigérantes, amoncelées dans le voisinage. Schlagintweit, pour le massif du Mont-Blanc, a fait osciller leur niveau inférieur entre 2860 et 3100 mètres. Sonklar, pour les Alpes Occidentales de la Suisse, de la Savoie et du Piémont, le place entre 2660 et 2860 mètres ; mais les grands glaciers, par suite d'une alimentation abondante, descendent bien plus bas. Dans la vallée de Chamonix, le glacier des Bossons, mal retenu sur ses pentes, atteint la cote de 1099 mètres, et la grotte de glace où sont les sources de l'Arveyron, à l'extrémité du glacier des Bois et de la Mer de Glace, s'ouvre à 1 125 mètres. On sait que dans TOberland bernois, le glacier de Grindelwald inférieur, pousse ses glaces frontales encore plus bas, à 983 mètres !
Dans la partie des Alpes Occidentales, où il n'y a que des glaciers de second ordre, leur niveau inférieur reste bien plus haut.
Au-dessus de Saint-Christophe-en-Oisans, le glacier de
la Selle s'arrête à 2234 mètres, et au pied du Pelvoux, le glacier Noir et le glacier Blanc, après avoir réuni leurs fronts, descendent jusqu'à 1851 mètres dans la vallée de Saint-Pierre, c'est-à-dire que leurs dernières moraines sont fixées bien plus haut que près du mont Blanc et dans rOberland bernois. A mesure qu'on se dirige vers le midi, on voit remonter cette ligne des neiges, soit sous l'influence de la latitude, soit à cause du faible dévelopment des glaciers. Ainsi le glacier le plus méridional des Alpes Occidentales, le glacier de la Maledia, le glacier Maudit, doit rester suspendu sur les flancs nord de la Cinta dei Gelas (3125"*) à plus de 2900 mètres, et la limite inférieure de ce petit glacier doit se confondre avec celle des neiges permanentes que M. E. Levasseur* fixe à 3000 mètres pour les Alpes méridionales.
Nous ne pouvons répéter ici les considérations que nous avons déjà exposées ailleurs «, sur la période glaciaire et le développement des anciens glaciers dans les Alpes. 11 nous suffira de résumer rapidement ce que nous iivons écrit sur l'ancien glacier du Rhône, dont la branche méridionale et ses dépendances ont recouvert une grande partie des Alpes Françaises, et nous ajouterons
* E. Levasseur, Les Alpes, p. 6.
* Faisan et Chantre, Monographie géologique des anciens glaciers €t du terrain erratique de la partie moyenne du bassin du Rbône, 2 vol. in-8. — Faisan, Esquisse du terrain erratique et des anciens glaciers de la partie centrale du bassin du Rbône, i vol. in-8, 1883.
La période glaciaire étudiée principalement en France et en Suisse.
BibU scient, int,, 1889,
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