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ANCIEN GLACIER DU RHÔNE 21 J

quelques notes complémentaires sur le terrain erratique du bassin de la Durance.

L'ancien glacier du Rhône a été le plus grand glacier des Alpes et de l'Europe centrale. Depuis les sommets élevés (Schneestock, 3630 "'), qui entourent et dominent le haut Valais, on a retrouvé ses limites, jusqu'au delà de la grande vallée de la Suisse, vers le cours du Rhin et la Forêt-Noire, d'un côté, et, de l'autre, jusqu'à Bourg, Lyon, Vienne, et à l'ouest de la Côte-Saint-André. Avec notre ami, M. E. Chantre, nous avons cherché à compléter les travaux de nos devanciers, de Charpentier, Venetz, Blanchet, Guyot, A. Favre, Scipion Gras, Desor, Agassiz, Pillet, Rendu, Lory, E. Benoît, J. Itier, Tardy, etc., etc., ensuivant attentivement les traces des dépôts erratiques, depuis le fond des vallées jusqu'aux plus grandes altitudes et sur toute l'étendue de terrain, théâtre des phénomènes glaciaires anciens, cataloguant les blocs les plus importants, cherchant à reconstituer tout un ensemble disparu.

Le glacier du Rhône, au moment de la glaciation la plus intense, formait, sur une étendue de 400 kilomètres de longueur, et sur une largeur très irrégulière, une immense nappe de glace d'une pente moyenne très faible, environ 8 millimètres par mètre, mais très accentuée dans les vallées alpestres et presque horizontale dans les plaines et sur les plateaux des Dombes et du bas Dau*phiné. En Valais, la puissance verticale du glacier était approximativement de 1680 mètres au pied de VEggisborn, puis de 1210 mètres près de la Dent-de-Morcles.

A Culoi, le glacier s'élevait à 1200 mètres, et offrait encore une puissance de 980 mètres; ce niveau de 1200 mètres se maintint sur tout le bassin du lac de Genève et une partie de la grande vallée de la Suisse. MM. L. Piliet, Chamousset, Vallet, C. Lory, Chantre et nous-même, nous avons constaté, d'après la disposition du terrain erratique alpin sur les montagnes qui bordent le cours de risère, que ce niveau était resté constamment le même dans le Graisivaudan, depuis Culoz jusqu'à Grenoble, sur une distance de 100 kilomètres environ, pendant la plus grande extension des glaces. Dans cette belle vallée et dans les bassins d'Annecy, de Chambéry et de Grenoble, étaient venus converger les glaciers de la Savoie et la plus grande partie de ceux du Dauphiné.

Cette immense mer de glace, qui faisait équilibre à celle de la grande vallée de la Suisse, ne pouvant toute s'écouler par le défilé de Culo[ et de Chanai (fig. 36 et 37), la vallée de Chambéry, celle des Échelles , et par V ouverture du Graisivaudan inférieur, finit par se déverser aussi par le col de la Dent-du-Chat (638"^), celui de Saint- Sulpice (843 "') et par-dessus la montagne de V Épine (1003""). Ces glaces formèrent alors d'immenses cascades qui retombèrent, soit dans la vallée du Rhône, près d'Yenne,soit dans le Petit-Bugey vers Aiguebelette, pour aller rejoindre celles qui encombraient déjà les plaines et les plateaux des Dombes et du bas Dauphiné.

Par lecol du Frêne(\ 164"™), tapissé de blocs erratiques, les glaces du Graisivaudan purent même pénétrer dans l'intérieur du massif de la Grande-Chartreuse. Après

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