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INFLUENCE DES MONTAGNES SUR LES CLIMATS ALPINS

damment, en façonnant le sol, en Tarrosant et en le rendant fertile. Des champs de glace pourront même ensevelir d'anciens déserts surchauffés et d'anciennes plaines brûlées par le soleil. Dans la plupart de ces conditions climatériques nouvelles, des séries de végétaux et d'animaux, aussi riches en individus que variées en espèces, se cantonneront chacune dans les stations les plus favorables à son développement, ou se grouperont en zones suivant les altitudes moyennes ; les lignes isothermes se multiplieront en suivant de nombreuses et irrégulières directions. Voilà ce qui s'est passé dans les Alpes !

La beauté et la variété qu'on admire dans la nature physique de cette chaîne de montagnes, ainsi que la richesse et la variété de sa flore et de sa faune, ne sont que les conséquences éloignées de ses soulèvements, que des résultantes médiates d'une réaction des forces internes du globe sur les agents atmosphériques. Ainsi, s'est constitué ce qu'on appelle les éléments météorologiques alpins. '

Il faut le reconnaître, la chaîne des Alpes n'a pas toujours existé ; à s^ place, il y a eu des mers uniformes et des plaines aussi monotones que celles que nous venons de citer. D'après M. Schmith, qui a résumé l'histoire du soulèvement des Alpes, à l'époque du trias et des dépôts mésozoïques, les terrains émergés formaient encore des plateaux monotones, sans accidents ^

* Schmith, Revue géologique suisse^ t. XX, p. 32? 1889.

Grâce à la diversité et à l'accentuation des formes de toutes ces montagnes, le climat des Alpes se modifie dans chaque localité, même à des intervalles peu considérables ; tantôt il y a une douce station d'hiver, comme à Montreux,au bord du lac de Genève (372"*) ou, comme à Davos, à une altitude élevée (1556*") et non loin des glaciers de l'Engadine ; tantôt dans une étroite et profonde vallée à Tombre des montagnes qui l'entourent, on n'aperçoit le soleil que peu d'heures par jour et la température reste plus basse qu'ailleurs ; l'hiver se prolonge ; rété est court. Mais l'altitude, par suite du refroidissement produit par la dilatation de l'air qui s'élève contre de hautes parois rocheuses, est le principal facteur du climat dans une contrée déterminée. Ainsi, même sans franchir des limites assez étroites, on observe des contrastes de température qu'on ne rencontrerait dans les plaines qu'à de grandes distances. Ces différences sont tellement sensibles qu'elles ont servi de base à une division des Alpes en trois zones climatériques principales : la région subalpine du des montagnes de moyenne hauteur; la région alpine ou des hautes montagnes ; enfin la région *des neiges vers les sommets. Les plans de séparation de ces différentes zones, s'il était possible de les isoler par la pensée, présenteraient des surfaces fort irrégulières, très accidentées, en se modelant sur les moyennes de température de chaque lieu.

Au bord du lac de Genève (372""), la température moyenne annuelle est de 9^34, mais elle n'est que de

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