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DENUDATIONS. ABAISSEMENT DES ALPES

jusqu'à leur donner des profils déchirés. Des aiguilles, des obélisques offrent moins de résistance que les contours arrondis des granités ou les masses de certains grès et de certains calcaires.

Au milieu de ces formations peu friables, lorsque toutes les saillies ont été émoussées et les angles arrondis, lorsque les montagnes ont mérité le nom de dômes, de ballons, les dénudations atmosphériques paraissent avoir atteint leurs dernières limites ou du moins elles ont perdu la majeure partiede leur intensité ; mais leur action n*est pas anéantie.

Si le dôme du mont Blanc, recouvert d'une vieille calotte de glace, semble garder depuis bien des siècles une immuable altitude, les pics schisteux qui entourent cette masse résistante de protogine, s'effritent, s'effeuillent et s'écroulent chaque année. Ils laissent à leur place de nouvelles aiguilles, de nouveaux obélisques destinés à se déchirer, à s'écrouler à leur tour pour augmenter encore la masse des débris que les cours d'eau vont bientôt disperser à toutes distances. Ainsi s'abaisse constamment le niveau supérieur des anciens condenseurs et même celui de la chaîne alpine tout e.ntière.

Sans doute, à toutes les causes énumérées déjà, nous devons en ajouter une autre, presque toujours laissée de côté ; c'est un tassement que la pesanteur a dû imposer à tous ces immenses débris montagneux, refoulés, brisés, soulevés, incohérents, et souvent suspendus au-dessus de grands vides, pendant ou après leurs soulèvements orogéniques. Ainsi, par suite de la formation d'un grand

anticlinal, les voussoirs voisins de la clef de voûte et la clef elle-même peuvent s'effondrer et s*ab!mer dans des vides restés béants au-dessous d'eux. Ces mouvements de dislocation qui ont façonné la vallée du Rhin entre les Vosges et la Forêt-Noire, se sont produits fréquemment dans les Alpes, et leur combinaison avec des failles, des glissements extérieurs, des renversements de plis, a contribué à abaisser le plan maximum altitudinaire des Alpes et, par conséquent, à faire rentrer les anciens glaciers dans les étroites limites Où nous les voyons maintenant.

A propos de glaciers, après avoir examiné rapidement quelques-uns des effets qu'on doit attribuer à l'action des agents atmosphériques sur les roches, nous sommes amené à chercher quelle influence peuvent avoir sur le sol, les glaciers eux-mêmes, dont les masses ne sont que les conséquences des conditions climatériques de la région où ils fonctionnent.

De tout ce que nous venons de dire des plissements de terrains par suite de pressions latérales et d'efforts horizontaux, par rapport à l'orographie des Alpes, il ressort clairement que, au point de vue général, les vallées ne peuvent être que les conséquences du refoulement des couches ou d'autres mouvements orogéniques, tels qu'effondrements, cassures, etc., toutes les fois qu'il s'agit de régions constituées par des roches dures cristallines ou calcaires solides ; mais, dans les terrains d'alluvions peu résistants, ce sont les érosions aqueuses ou glaciaires, toujours en proportion

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