‹ Les Alpes françaisesChapitre 169 sur 212 · LIVRE V. — QUESTIONS DIVERSES · texte numérisé non relu

LIVRE V. — QUESTIONS DIVERSES

en 1882; un ministre' pénétra dans les hautes vallées des Alpes. Croyez-vous que nos montagnes ne se ressentent plus de cet oubli du pouvoir central ?

Rapprochez de ce délaissement Ténormité des impôts fonciers payés par elles, très supérieurs aux proportions moyennes jusqu'à la réforme de 1890, et des distributions de subventions pastorales ne vous paraîtront plus que de simples actes de justice réparatrice.

La jalousie possible de certaines provinces ne saurait être une objection. Si elle se manifestait, on mettrait fin bien facilement à leurs doléances, en faisant connaître que l'on n'accorde des privilèges spéciaux à nos montagnes qu'au prix de concessions utiles à l'intérêt général, et qu'en raison de ce droit spécial d'expropriation auquel la loi les soumet; tout le monde admettrait ce système de compensations.

On s'est encore demandé quel effet produirait sur le marché Toffre de produits nouveaux, provenant des industries pastorales encouragées par l'État, dans les pays de reboisement? Ce sera un simple appoint, dans la circulation générale, de quelques millions, bien insignifiant au milieu de l'ensemble des produits herbagers de la France entière, qui se chiffrent par plusieurs milliards. Aucune baisse sensible des prix n'en saurait résulter certainement.

Venir en aide à ces populations pauvres, ce ne sera donc jamais que faire acte de ce socialisme honnête, légitime, comme la France et tous les États du monde en ont toujours fait, lors de la fondation des fabriques et des manufactures qui fleurissent chez eux, et les honorent.

Il n'est pas question, d'ailleurs, de sacrifices bien lourds à solliciter de l'État. Cent mille francs par an, le trentième du budget des reboisements, trois cent mille francs plus tard

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