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ÉTUDES SUR L ÉCONOMIE ALPESTRE

Sans calcul aussi minutieux^ la plupart des propriétaires se rendent compte que des vaches leur seraient plus avantageuses: dans les meilleures années^ Tengraissement de 200 moutons nous rend 1,200 fr., disent-ils, mais si, au lieu de ces 200 moutons, nous entretenions 20 vaches, les veaux seuls nous rapporteraient autant, et nous aurions le lait en plus.

L'industrie de l'engraissement était autrefois plus prospère; elle sera difficile à relever. Sa décadence a pour causes : d'une part, la diminution du nombre des élèves dans les montagnes par suite de l'appauvrissement des pâturages; d'autre part, l'augmentation de la concurrence entre les acheteurs au mois de septembre, en raison de l'agrandissement déjà sensible des prairies artificielles. De là le renchérissement des prix d'automne, sans que les prix de vente au printemps augmentent, attendu que le Midi, vers lequel s'écoulaient jadis tous les moutons des Alpes, n'a plus besoin de recourir à elles dans la même proportion qu'autrefois, depuis la fertilisation, par de grands canaux, des campagnes de Vaucluse et des Bouches-du-Rhône et les arrivages de moutons algériens en quantités toujours croissantes.

L'Engraissement d'été n'est pas plus satisfaisant que le précédent. On achète au printemps des moutons de 2 ans ; on les revend en automne avec un bénéfice maximum de 2 fr. ; quelquefois, on ne gagne qu'une tonte et l'engrais déposé par le parcage; seulement, comme Therbe a été fournie par le communal, elle paraît n'avoir rien coûté, et l'on ne songe pas à se plaindre du peu de profit de l'opération.

Certaines communes, cependant, où le mouton jouit de montagnes qui n'ont jamais été surchargées et se nourrit sans fatigue d'herbes très fines et nutritives, auxquelles on joint un peu d'avoine, réussissent beaucoup mieux : à Valmenier,

près Saint-Michel-en-Maurienne et à Bourg-Saint-Maurice, par exemple, on réalise en moyenne un bénéfice de 5 à 6 fr. par tête.

Les moatons sont achetés en mai, la pure. . 65'

La dépense en avoine et sel est de 4

Total ^69^ 69'

Us sont revendus fins gras en octobre. . . 75'

Après avoir préalablement rapporté une

tonte de 6

Total ~8V 81

Différence 12'

Bénéfice par tête . 6

L'entretien simple est pratiqué par quelques régions très élevées où, faute de regain, l'on se trouve privé de Talimentation la plus convenable pour les brebis mères, ou bien dans lesquelles on est obligé de réserver en hiver le meilleur fourrage aux bêtes de somme, afin de réparer leurs forces épuisées par des transports extraordinaires de tout genre pendant 1 été, ou dans lesquelles encore on ne saurait s'adonner à l'engraissement d'hiver, en raison de l'abondance des neiges qui rend impossible la conduite des moutons gras aux foires de cette saison : c'est le cas du Dévoluy ^

Un lot de 100 agneaux s'achète. 1,700 fr.

Et se revend au bout de 18 mois. 2, 700 fr.

Il consomme en sel 60

Et prodait en laine 500

Totaux 1,760 fr. 3,200 fr.

Défalcation non faite des pertes évaluées à 100 fr. et de

1. Massif montagneux célèbre par son déboisement total et formant le canton de Saint-Étienne, au nord-ouest de Gap.

ACOSOMIC ALPISCTBB.

ÉTUDES SUR l'économie ALPESTRE.

200 fr. de frais de garde^ on obtient ainsi une plus-value de 1,440 fr. qui, à raison d'une consommation de i''*,250 par tête et par jour, paie le foin 2 fr. 13 c. le quintal.

L'ÉLEVAGE est la seule spéculation véritablement lucrative. Mais elle ne peut être pratiquée que par les communes qui disposent à la fois de prairies et de pâturages passables, puisqu'il faut garder les brebis hiver et été. Une brebis rapporte en laine 1 fr. à 1 an et 3 fr. à partir de sa seconde année ; elle donne un agneau à 3 ans, et deux à partir de quatre ans. Ces agneaux rapportent 13 fr. à six mois, y compris 1 fr. de laine; la brebis est enfin vendue 12 fr. à la boucherie, à 8 ans. Le tableau suivant fait ressortir ces détails et le rendement total.

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