‹ Les Alpes françaisesChapitre 36 sur 212 · Fontgillarde, village de la commune de Molines · texte numérisé non relu

Fontgillarde, village de la commune de Molines

des veaux de très bonne heure ; on les vend à 15 ou 20 jours. Leur viande manque de force et de saveur, mais on obtient 20 à 25 fr. pour un poids vif de 30 à 35 kilogr. et une consommation de 150 à 300 litres seulement, soit de 0 fr. 125 àO fr. 13 c. par litre.

Dans les communes qui s'adonnent à Télevage des génisses et des jeunes bœufs sur une grande échelle, on consacre aux élèves tout le lait de la mère pendant 4 semaines, quelquefois de deux vaches à partir de la cinquième semaine et de trois après la sixième.

Cet emploi du lait ne se justifie que dans les localités qui possèdent des pâturages intermédiaires, au point de vue topographique, entre les pentes abruptes qu'on destine aux moutons et les versants peu accidentés qui conviennent aux vaches. Le lait absorbé en hiver est peu payé par les élèves; mais il prépare ceux-ci à mettre en valeur, en été, certains pâturages de la façon la plus fructueuse. Il n'y a guère de grandes communes pastorales en Savoie, qui ne livrent quelques-uns de leurs vallons k ce genre de production. Au chapitre de la laiterie, nous verrons toutefois que ce système pourrait être amélioré.

Nous sommes maintenant en mesure de calculer le rendement DES fourrages PAR LA VACHE et d*établir une comparaison avec leur rendement par le mouton.

On sait que les fourrages sont employés d'autant plus lucrativement, qu'ils sont consommés en plus grande quantité par un même animal. Toutefois, il est admis qu'une vache ne peut pas dépasser par jour une ration supérieure à 3.3 p. 100 de son poids vif. Sacc, Villeroy, Thaër, Dombasle et Magne ont bien établi ce rapport comme un maximum.

Cela posé, la vache moyenne des Alpes, qui pèse 270 kilogr., doit manger au plus par an 32 quintaux et demi de

110 ÉTUDES SDR l'ÉCONOMIE ALPESTRE.

foin, ou leur équivalent nutritif. Si elle fournit 1,000 litres de lait, son produit se décomposera ainsi très approximativement :

250 litres absorbés par an vean qui à 35 jonrs pèsera ôô kilogr., donneront à 0^85 le kilogr. . . 46^75

750 litres à 0^06, rendement net par les méthodes de laiterie arriérées, les seules dont U ait été parlé jusqu'à présent 45 >

Total 91^75

A déduire 5 kUogr. de sel à 0',20 1 »

Reste 90'75

90 fr. 75 c. payant 32.5 quintaux de foin au plus, le prix du quintal est payé à 2 fr. 79 c. au moins. Plus loin, après avoir parlé des fruitières, nous établirons la possibilité d'un rendement net bien supérieur, à l'aide des procédés de laiterie avancés. Mais on voit qu'actuellement le rendement des fourrages est à peu près le même par la vache que par la brebis ', et l'on comprend comment, dans bien des vallées, on maintient ou on partage à peu près également les fourrages disponibles entre les brebis et les vaches.

L'Engraissement des bceufs, beaucoup moins en usage dans les Alpes que l'élevage et la laiterie, se pratique cependant dans tout le Trièves et quelques communes isolées de la Maurienne, du Briançonnais et de l'Embrunais. Les jeunes bœufs quittent les communes d'élevage vers l'âge de dix-huit mois, après un été passé en montagne. Des communes agricoles moins élevées, possédant des terres de consistance moyenne, les achètent et les revendent au bout d'un an, avec un bénéfice de 150 à 200 fr. par paire, à d'autres communes

Page 1