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StatigUque agricole du département du Cantal , p

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niâtreté et une ardeur étonnantes, faire surgir des ressources merveilleuses de ses propriétés privées, et, suivant l'expression d'Arthur Yung, fertiliser le rocher même, s'il existe une chance quelconque de succès.

Aucun législateur récent n'a émis Tidée de la vente ni du partage des communaux; chacun sait combien ce serait, pour le moment, une mesure impopulaire, mais pourquoi ne pas travailler à la rendre praticable dans un avenir plus ou moins lointain ?

Il y a d'ailleurs, je le rappelle, en pleines Alpes, dans les arrondissements d'Annecy, d'Albertville et de Chambéry particulièrement, et en Maurienne même, des villages sans pâturages communaux, où l'on trouve cependant, sous le rapport économique, des conditions d'existence plus que moyennes et qui ne souffrent pas de cette situation.

L'acquisition par l'État des pâturages communaux réclamant des soins de préservation particulière, serait encore un remède et une bonne solution, mais à la condition que l'État ne les livrât pas tous routinièrement à la forêt, et se donnât la peine de tirer de ces terrains le parti le plus sage et le plus productif, comme cela se voit dans certains pays. La Prusse, outre ses 2,500,000 hectares forestiers, possède de vastes domaines, pâturages et terres arables, loués 30 millions de marks, et exploités sous la direction d'une administration d'État, qui y fait des drainages, plantations et toutes autres améliorations.

Bien des communaux du Midi des Alpes, la plupart de ceux notamment des arrondissements de Digne, Die et Sisteron, qui se trouvent livrés à une infime minorité de propriétaires, deux, trois, quatre, cinq ou six au plus par mas, nous paraissent prêts pour cette destination. A la condition qu'on indemnise convenablement les ayants droit actuels, le transfert dont je parle ne soulèverait que peu de diflScultés.

g IV. — IDes chalets.

La construction des chalets nécessaires à l'exploitation des montagnes est souvent empêchée par la pénurie de bois de service, et même de chauffage, à proximité des pâturages. La disette en est telle parfois, que Ton est obligé de se contenter de brûler du fumier desséché, nous l'avons vu, ou du charbon que l'on va chercher au loin dans les terrains anthracifères, et qui revient très cher. Les populations pastorales trouveraient donc un immense avantage à voir rétablir le plus haut possible des forêts, qui augmenteraient de beaucoup la valeur des pâturages ; réciproquement, ces pâturages donneraient du prix aux produits forestiers, même à de simples coupes d'éclaircies.

Les chalets les plus chauds, les moins humides, les plus sains, sont ceux à parois de sapins ou de mélèzes ; mais à défaut d'arbres, on se contente de murs en pierres sèches, qu'on recouvre de planches ou de lauzes.

Des abris sont presque indispensables pour les vaches lailières, afin de les protéger contre les variations excessives de la température, causes premières de tant de maladies, et de leur offirir, en temps de pluie et de neige, un séjour où elles puissent consommer des fourrages secs, dont on a soin de s'approvisionner.

Les frais de construction sont compensés et au delà, par des accroissements de produits ou des économies de nourriture. En effet, la transpiration et le refroidissement exigent toujours un surcroit d'alimentation; mais si, par des abris, on empêche ce besoin de se produire, il y a, à égalité de fourrages consommés, beaucoup plus de substances nutritives assimilées.

Les abris ne sont pas moins nécessaires aux animaux d'é-

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levage qu'aux vaches ; on évalue à 20 fr. par tête, la plusvalue que de bons abris font gagner aux génisses en un été.

Le Grand-Conseil du Valais, convaincu des services que rendent ces bâtiments, a pris sur lui d'en imposer la construction, en un délai de six ans, dans toutes les montagnes de son ressort qui n'en étaient pas encore pourvues, par un décret du 23 novembre 1878, dont les dispositions soumettent, en même temps, lesdits pâturages à la tutelle du Conseil d'État.

Des chalets existants, partent des rigoles d'irrigation pour l'utilisation du purin. On y lance l'eau une première fois après le premier passage du bétail, afin de préparer un second pâturage; cet arrosage dure un jour pour chaque parcelle. En automne, après le second parcours, on renouvelle l'opération. Grâce à ces soins, l'herbe atteint 0",25 de hauteur aux plus grandes altitudes, et en terrain médiocre.

Il n'y a de grandes étables à vaches en pleins pâturages, que dans les vallées de l'Arve, du Chéran, de Beauforfc, de la Haute-Isère, et de la Haute- Vésubie. Ailleurs, les vaches rentrent tous les soirs dans de petits groupes de chalets particuliers, et encore plus souvent dans les villages mêmes, après des trajets extrêmement fatigants, qui diminuent énormément le produit laitier. J'ai constaté, par des expériences faites pendant deux années consécutives dans la fruitière de Eistolas, les avantages qui ressortiraient d'un inalpage complet : au mois de septembre, au moment où les vaches cessent de se rendre tous les jours dans les pâturages de Ségure, situés à 6 kilomètres de leurs étables, pour commencer à pâturer les prés fauchés autour du village, la quantité de lait versé augmente tout à coup d'un tiers, malgré la supériorité incontestable des herbages de la montagne qu'elles ne pâturent plus, et l'époque plus éloignée de la parturition.

Fleischmann cite une montagne de l'Allgau où, par suite de courses exagérées, d'étables insuffisantes, etc., le lait

affectait tous les états morbides paginables. On a construit trois chalets convenables; à partir de ce moment^ tous ces inconvénients ont cessé.

L'aménagement intérieur des chalets riverains des communauX;dont le nombre s^élève souvent à 50 et 100 par commune, n'a pas varié depuis des siècles. La description de Tun d'entre eux, visité au Môle', par Saussure en 1770, est une photographie de ceux qu'on voit encore aujourd'hui. Ce sont, dit-il, de « petites huttes de pierres sèches, formées d'une pièce dont une moitié sert d'abri au bétail, et Tautre à ses gardiens: la crèche, haute de 18 pouces, sépare les vaches de leurs maîtres ; elles y sont attachées, et ont ainsi leur tête dans la cuisine où se tiennent les bergers. Cette même crèche sert de sofa à la bergère, assise entre les têtes de ses vaches. Le feu brûle contre la muraille, une cheminée serait une superfluité dispendieuse; la fumée sort par les joints du mur et du toit..., un petit réduit ménagé dans un angle est la laiterie, et au-dessus des vaches, quelques planches mal assemblées supportent un peu de foin, qui sert de lit aux maîtres de la maison i>.

On trouve encoj'e des installations plus primitives : le bétail couche dehors ; quant aux fromageries, elles sont formées simplement d'un amas de pierres grossières, recouvert de grandes dalles schisteuses ou de planches mobiles, qu'on enlè?e et replace chaque été. Ce même local de 3 mètres sur 4 sert de logement pour le berger. Un lit dans un coin, la chaudière à lait dans un autre ; un semblant de presse à fromage dans un troisième, et c'est tout.

Est-il possible de travailler le lait avec goût dans ces sombres taudis enfumés sans cesse, et si profondément attristants par les temps de pluie, de neige et de brouillards froids ? Peu

1. Montagne déjà citée, située à 6 kilom. au nord-est de Bonneville.

^OIOHIB ALPMTaS. 10

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de personnes se sont occupées jusqu'à présent de la situation économique de ces lieux élevés. Il appartient aux forestiers et aux professeurs d'agriculture, d'y semer désormais des exemples d'améliorations^ à tous les alpinistes^ de les aider et de concourir à faire participer ces régions retardataires au progrès général.

^. V. — Les ch.eiïiin.9 d'alpag^e, les parcours forestiers*

et le lait.

Quand la construction de chalets n'est pas réalisable, on remédie aux inconvénients de la distance, dans la mesure du possible, par la rectification des chemins, ordinairement fort mauvais et longs, qui aboutissent aux pâturages. C'est déjà un progrès très sensible. Je pourrais citer de nombreux villages qui, avec le concours de l'administration des forêts, en ont fourni des preuves intéressantes. Leurs habitants se sont cotisés pour construire des routes, destinées à raccourcir le trajet de ces villages aux valions pastoraux, ou pour éviter aux vaches des passages en pentes trop rapides et rocheux, qui leur occasionnaient sans cesse des maux de pied, et obligeaient à les retenir à Tétable au beau milieu de l'été. Aussitôt cette amélioration réalisée, les vaches devenaient remarquablement plus abondantes laitières, et, comme elles avaient le temps de parvenir aux sommets des montagnes qu'elles n'atteignaient jamais précédemment, et dont personne ne profitait, le pâturage en forêt était reculé et diminué d'un mois.

Les résultats que je viens de signaler ont été doublement avantageux : ils l'ont été au point de vue sylvicole, car la modération du pâturage ne peut qu'être profitable à la forêt; ils l'ont été également au point de vue de l'industrie laitière.

car les pâturages sous bois sont moins nutritifs que les antres.

Dans les fromageries du Queyras, nous avons vérifié, en effet, qu'en temps de parcours forestier, malgré la qualité relative de la végétation herbacée des bois de mélèzes, dont le couvert clair et léger laisse filtrer infiniment plus de lumière que les autres essences, la quantité de crème contenue dans le lait ne dépasse pas 8 p. 100, alors qu'elle atteint 13 à 17 p. 100 à répoque du pâturage des terrains découverts.

Aux environs du Mont-Cenis, où les vaches profitent alternativement des folrêts de mélèzes de la région, et de pâturages ordinaires, les exploitants m'ont déclaré qu'ils obtenaient, avec trois traites les jours de parcours à découvert, la même quantité de fromage qu'avec quatre traites, en temps de parcours forestier.

D'après Fleischmann, le lait sain se transforme souvent en lait rouge, d'une façon épizootique, chez les vaches nourries dans les endroits trop ombragés et humides des forêts.

'i VI. — Rendemeiit du lait par les fruitières. — Comparaison entre le rendement possible des fourrages par la vaclie et celui que l'on obtient par les moutons.

Il ressort de tous les calculs contenus plus loin, dans notre Livre IV, que l'on arrive aisément à retirer du lait en fruitière, un produit net de 0 fr. 1 39 par litre de lait *.

Pour se rendre compte du rendement possible d'une vache médiocre, dépendante d'une société fromagère, il suffit donc de remplacer, dans notre calcul de la page 110, relatif au ren-

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