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LITRE 1". — LES FAITS. J

Malgré Tavantage, sous le rapport des fumures^ de faire coucher le bétail à la belle étoile, quelques étables ont été construites à Beaufort depuis peu de temps, pour abriter les vaches pendant les nuits trop froides et les mauvais temps.

Je reproduis au chapitre XI, p. 195 {fi^g. 9àii)y les coupes et plan de celle que M. Viallet a élevée au lieuditPlan-Mya, afin de desservir les parties les plus élevées de sa montagne.

Cette construction est très simple, et réunit toutes les conditions de commodité et d'économie voulues. Sa longueur totale intérieure est de 35'',80; sa largeur de 10'",60. Elle est divisée eu six compartiments. Chaque tête de bétail est placée pei-pendiculairement au sens de la largeur. On loge il vaches par rangée, en tout 132 bêtes; chacune dispose en largeur de 0"*,96 ; cela suffit pour qu'elles puissent se coucher toutes ensemble. Il y a par compartiment deux rangées opposées dos à dos, et séparées par une rigole pavée, servant en même temps de passage, large de 0°,80, et inclinéede 0",03 par mètre. Des crèches, d'une hauteur de O'^jSS, sont placées sur des murets de 0^,33. Au-dessus du compartiment du fond, se trouve un plancher destiné à la conservation d'une provision de foin, et au coucher des bergers, et au-dessus de cinq des compartiments règne une galerie de 1 mètre de large, supportée par les entraits des fermes, et destinée à la surveillance du bétail et à la distribution de la nourriture. La couverture est en bardeaux d'épicéas ; ces couvertures durent 30 ans dans le pays. L'eau arrive dans chaque compartiment par la porte, et en sort mélangée au purin par une barbacane percée dans la façade opposée ; elle est utilisée ensuite à l'irrigation des pâturages environnants. Ce bâtiment a coûté 5,000 fr.

Avant d'arriver à la halle, nous avons traversé quelques hectares en parfait état de gazonnement, recouverts, il y a peu de temps encore, S! aunes verts que le propriétaire est

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parvenu à faire disparaître à peu de frais : les racines n*onr pas été touchées^ en raison de la rapidité de la pente et du danger d'éboulements ; les arbres ont été coupés rez-terre une fois ; Tannée suivante, les jeunes pousses ont été fauchées en pleine sève ; chaque année, on a fait coucher tout le troupeau en cet endroit pendant trois nuits; la troisième année^ les aunes étaient anéantis.

Le Personnel de la montagne se compose de 1 1 domestiques, dirigés par le propriétaire lui-même, qui est toujours présent à T alpage.

Le lever a lieu dès Taurore : à 3 heures au commencement de la saison ; à 4 heures à partir du mois d'août.

La première traite se fait immédiatement. Sept personnes y sont employées, chacune chargée de 20 vaches. L'opération dure deux heures et demie. Le lait est versé dans un récipient en épicéa appelé « boïle », sur lequel s'emboîte un chaudron de cuivre, muni d'un bouchon de paille servant de tamis. Les boïles, munies de fortes courroies, sont transportées à dos d'homme à la fromagerie.

Vient ensuite le déjeuner du personnel; il se compose d'une bouillie faite d'un mélange de lait, de farine et de riz.

Après ce premier repas, deux bergers font les lits; un autre nettoie les vases ayant servi à la traite ; le quatrième distribue aux 140 vaches 10 kilogr. d'avoine et de sel dénaturé mélangés, et en remet à ses collègues quelques poignées, qu'ils emploient pour diriger plus aisément le troupeau dans les parcelles dont l'herbe est la moins bonne. Deux autres domestiques barattent la crème.

Il est 7 ou 8 heures, les vaches sont restées attachées aux piquets jusque-là ; on ne les détache guère qu'à 8 heures et demie, attendant, pour les mettre en liberté, que le soleil ait pompé complètement la rosée du matin, point capital pour

éviter diverses maladies que Thumidité des gazons provoque. Pais, le parcours commence et se prolonge jusqu'à midi ou i heure, suivant la longueur ou l'épaisseur de Therbe.

Fendant ce temps, le « pachenier i) (c'est le nom que l'on donne au domestique préposé à la fumure) rassemble l'engrais dans chaque creux à la houe, le projette tout autour, et le plaque sur le sol. Il enlève et transporte les piquets sur un nouvel emplacement, chaque deux jours, nous l'avons dit, excepté dans les parcelles les plus élevées, où les herbages très courts obligent à déplacer le campement tous les jours.

De midi à deux heures, les vaches sont remises au piquet et se reposent de nouveau, soit sur des creux, soit en terrain naturel; la petite quantité d'engrais qu'elles fournissent à ce moment est rassemblée et répandue toujours immédiatement.

Entre 2 et 4 heures, a lieu la seconde traite ; moins productive que celle du matin, elle dure une demi-heure de moins.

A 4 heures, le parcours recommence pour ne finir qu'à la tombée de la nuit, à 7 ou 8 heures, selon la longueur des jours. Depuis ce moment jusqu'à l'heure du lever, les vaches se reposent à l'attache au dehors, ou à l'étable.

Recettes. — Les 140 vaches donnent en moyenne 7 litres par jour, en tout, dans les 82 jours d' inalpage, 80,360 litres de lait, desquels on retire :

7,232 kilogr. de fromage gras valant, à 1^40 10,125'

330 kilogr. de beurre valant, à 1' 90 627

250kilogr. de séret valant, àO'ôO 125

72,000 litres de petit-lait distribués à 10 porcs, sur lesquels

on gagne 20 fr. par tête 200

Total 11,077'

Les 10 moutons procurent un bénéfice net de 50

Les 20 chèvres produisent chacune 15 kilogr. de fromage à l'20, soit ensemble 360

Total général 11,487'

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Dépenses. — Les frais d'exploitation sont les suivants

lo Salaires.

1* 1 fromager employé du 23 juin au 25 septembre. 260'

2* 1 aide-fromager 85

3» 1 berger-chef 105

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