‹ Les Alpes françaisesChapitre 48 sur 212 · bergers ordinaires à 80 fr. Tun · texte numérisé non relu

bergers ordinaires à 80 fr. Tun

5" 1 pachenier 100

6*^ 3 domestiques chargés de couper et de transporter le bois, de faucher et ramasser les provisions de foin nécessaires pour les mauvais temps, et l'entretien, à Roselend même, d'un certain nombre de vaches, depuis la fin de l'inal page jusqu'à Noël, de descendre un peu de foin à Beaufort, de creuser des fossés d'assainissement, et d'exécuter tous autres travaux d'amélioration, à 95 fr.

l'un 285

7* Un muletier à 360 fr. par an, soit, pour 3 mois. 120

2o NourritTire.

A ces dépenses il faut ajouter pour :

L'alimentation du personnel ne comprend ni viande ni vin, et consiste simplement en lait, pain, farines, riz et séret, dont voici les quantités et le prix :

30 litres de lait par jour à 0' 15, — pour 82 jours. 369 '

100 kilogr. de farine de froment à 38 fr. . . . 38

150 kilogr. de farine de maïs à 26 fr. les 100 kilogr. 39

40 kilogr. de riz à 40 fr. les 100 kilogr. ... 16 500 kilogr. de farine de seigle à 22 fr. les 100 kilogr .... 110

Fabrication du pain, — main-d'œuvre ..... 15

6 litres d'eau-de-vie à 1 ' 60 pour le fruitier ... 9 60 Quantité à peu près semblable pour tous les autres

domestiques, dans le cours de la saison .... 10 40

Entretien ou remplacement des manteaux .... 10

— des draps de lit . . . 15

L'achat annuel de 4 nouvelles toiles à fromages

A reporter 1,802'

t»«*4.<

Report 1,802^

5 donziûnes de caillettes destinées à la £Eibricadon de la présnre, à 5 fr. Tone 25'

Une bouteille de présure liquide employée exceptionnellement 4

500 kilogr. de sel à 20 fr. les 100 kilogr. distribués aux animaux 100

40O kilogr. d'avoine à 17 fr. les 100 kilogr. . . 68

30O kilogr. de sel employé dans la fabrication fromagère 40

Le revenu brut des vaches étant de 1 1,077 ^

Les frais qu'elles occasionnent s' élevant à . . . 2,074

Le revenu net total est de . . . 9,003^

Celui du litre de lait est donc de 9,003 : 80,360, soit de

cm.

Quant à celui de chaque vache, il est de 9,003 : 140, soit de 64 fr., sur lesquels 24 fr. représentent la location de la vache, et 40 fr. le bénéfice du montagnard.

Bâtiments et matériel. — Il y a huit stations différentes de fabrication entre les altitudes extrêmes : quatre servent à la fois, au commencement et à la fin de l'estivage; trois autres, pendant une seule période par été ; la huitième n'est utilisée que chaque deux ans. Ces stations sont desservies par il chalets, dont l'emplacement a été choisi de façon que les vaches n'aient jamais plus de 20 à 30 minutes de chemin à faire pour se rendre auprès de ces chalets à l'heure de la traitée.

Le même matériel de fabrication sert dans tous les chalets; il est transporté onze fois ; ce matériel est primitif, mais toujours entretenu dans la plus rigoureuse propreté : les montagnards de Beaufort savent parfaitement que, parles chaleurs

iCOXOMIB ALPUTKB. 11

162 ÉTUDES SUR l'économie ALPESTRE.

surtout, il leur serait impossible d'obtenir de bons résultats, sans satisfaire à cette condition.

L'ensemble des bâtiments est évalué à 16,500'

Celui du mobilier, à 1,900

dont le détail suit :

300 chaînes enfer pour attacher le bétail au piquet,

à 0^80 Tune 240'

150 autres pour les attacher dans les halles, à 0'50. 75

140 colliers en cuir à 1 fr 140

60 sonnettes, parmi lesquelles quelques-unes à 50 fr. ,

au prix moyen de 10 fr. * 600

4 boïles, — 12 seaux à traire, — 2 barils pour le

petit-lait aigri ou asi, servant à la préparation

des présures et du séret, — 1 baratte 150

10 formes à fromages à 5 fr. Tune 50

1 grande chaudière 260

2 petites chaudières, à 20 fr. Tune, employées à la manipulation du lait de chèvre, l'autre au refroidissement du lait consommé en nature 40

Piquets en sapin pour les 8 stations, 150 par station,

1,200 en tout, à 0 '05 60

Masses pour planter les piquets, 2 par station, soit

SeUes en bois d'épicéa munies de courroies, que

les trayeurs s'attachent au corps pour s'asseoir

commodément pendant la traite : 10 par station,

8oit80à0'40 32

10 manteaux en drap ou en peau de mouton à 10 fr.

l'un 100

A ajouter pour petits ustensiles de toute espèce

employés à la fromagerie 145

Le fonds est estimé à . . 56,600

Le capital engagé s'élève par conséquent au total de. 75,000'

1. Les sonnettes sont le seul luxe des chalets savoisiens, mais ce n'est pas un luxe inutile ; leur carillon argentin égaie le troupeau, et l'aide à marcher en cadence et en escadron serré à la suite de la maîtresse vache, qui suit le bâton du berger, et se distingue par un collier et une sonnette très riches. Lorsqu'un deuil frappe la famille, on suspend les sonnettes aux parois du chalet ; tous les montagnards affirment, qu'attristées par le silence, les vaches laissent tomber des larmes abondantes.

La location annuelle des animaux représente :

V Pour 140 vaches à raison de 24 fr. par tête 3,360'

2» Pour 20 chèvres — 6 fr. par tête 120

Total 3,480'

On Yoit fiDalement que le revenu net de la montagne est de 11,487 fr. — (3,480 + 2,074) = 5,554 fr. ; il fait ressortir le taux déplacement du capital engagé à 7 fr. 40 c, y compris la rémunération de la surveillance générale, si active, du propriétaire pendant 3 mois.

Beaufort possède 30 montagnes pastorales particulières, analogues à celle dont nous venons de parler, et dont la possibilité moyenne est de 100 vaches; la montagne Yiallet, avec ses 140 vaches, est une des quatre plus importantes; la plus petite nourrit 60 têtes. Sur les 3,000 vaches que reçoit le territoire, de la fin de juin au milieu de septembre, 2,000 proviennent de communes étrangères, dans un rayon de 20 à 25kilom., et 1,000 appartiennent aux Beaufortains.

Le type usuel des chalets de fabrication et d'habitation existants dans la localité, est représenté au chapitre XI, page 196 {fig. i2).

Aucun de ces chalets n'est pourvu de cave. La cave est toujours un bâtiment indépendant, trop souvent incommode et étroit. Mais, les propriétaires de Roselend ont donné récemment un exemple utile, et qui sera certainement suivi, en en construisant une, à frais communs, très spacieuse et saine, au centre de ce vallon, pour desservir à la fois toutes les montagnes qui en dépendent.

L'administration municipale seconde les particuliers autant que possible. Il y a 25 ans, toutes les génisses des habi-

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tants étaient remises à une dizaine de propriétaires^ qui les retiraient tous les soirs dans leurs propres étables^ ou les parquaient sur leurs prés. Mal soignées^ et soumises à de trop longs trajets^ elles n'acquéraient que peu de développement. En 1868, le Conseil vota 1^000 fr. et la coupe des bois nécessaires pour la construction^ dans deux montagnes spéciales communales ^ de deux chalets destinés au logement de quatre bergers chacun^ affecta ces montagnes aux génisses de la commune^ et adopta un règlement prescrivant le parcage de celles-ci sur le communal pendant la nuit. Depuis, toutes les parcelles sont successivement fumées, à peu près tous les 3 ans. L'herbe est devenue deux fois plus abondante que par le passé, et de meilleure qualité, ainsi que cela arrive toujours dans toute montagne cultivée.

Chaque montagne reçoit 200 têtes.

La commune se charge complètement de l'administration des deux troupeaux; elle choisit les bergers, fournit le sel, les chaînes d'attache, etc., et, pour chaque montagne, 3 taureaux qu'elle achète au printemps et revend en automne, le tout, moyennant une redevance par génisse de 5 fr. 65 c, sur lesquels on compte :

r A titre de taxe pastorale 2^50

2^ Pour remboursement des dépenses occasionnées par le troupeau 3 15

Total égal 5'65

Autrefois, on engraissait de 1,000 à 1,500 moutons dans ces mêmes montagnes; la municipalité a préparé de longue date la substitution qui s'est opérée, en imposant sur les bêtes à laine des taxes de plus en plus fortes.

Il ne reste plus dans la commune que deux montagnes à moutons situées dans des coins escarpés et rocheux, absolu-

ment inaccessibles au gros bétail ; elles sont louées à des bergers de Provence.

Ce beau et immense territoire de Beaufort se recommande ^ de toutes façons à l'attention des économistes. Ils trouveront d'ailleurs à l'étudier^ non moins de plaisir que de profit.

Torrents écumants^ cascades retentissantes^ forêts séculaires^ pelouses parfumées^ romantiques paysages remplis de la vie et des sonneries des troupeaux^ champs éclatants de rhododendrons peuplés de gelinottes et de tétras lyres^ cimes de granité aux grandioses découpures, retraites estivales de nombreux chamois^ toutes les grandes poésies alpestres s'y trouvent réunies et s'y conservent. Invincible attrait, ce sont elles qui retiennent, passionnément attachée à ses foyers, une population satisfaite, et ramènent chaque été en ses chalets rustiques un peuple entier de pasteurs heureux et de montayn(»'(fe riches.

Pâtoniges, adieu ! Prés que le soleil dore, n faut que le berger vous quitte ! — L'été fuit. Mais au printemps prochain nous reviendrons encore, Quand le coucou lance aux échos son cri sonore, Quand tout dans nos vaUons renaît, chante et fleurit !

Batu de Sehwitt (SohUler, Glu»{a«iiie Tell),

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