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CHAPITRE Vm

MONTAGNES A VACHES ET ALPAGES DE MOUTONS DE PROVENCE. — COMPARAISON DES REVENUS. — SUBS- TITUTIONS POSSIBLES.

Les résultats que fait ressortir le chapitre précédent^ nous permettent de comparer maintenant le revenu des montagnes louées aux bergers provençaux, et celui que procurerait la vache lorsque la topographie, les herbages et les eaux laissent toute latitude de recourir soit à Tune, soit à Tautre des espèces ovine ou bovine, pour utiliser les pâturages.

Je prends pour exemple la montagne dite ^ TAlpe i>, qui englobe les sources de la Romanche, territoire de Villardd' Arène (Hautes- Alpes). Ce magnifique alpage ne se loue jamais plus de 2,000 fr., pour le pâturage de 2,000 moutons transhumants. Tout le monde reconnaît, dans la commune, que TAlpe nourrirait bien 200 vaches, qui, broutant à discrétion une herbe fraîche, dont la richesse est accusée par la magnifique couleur jaune d'or, et Tarome exquis du beurre des quelques vaches que Ton y envoie déjà aujourd'hui, produiraient au moins 7 litres par jour. Leur appliquant le revenu net de 64 fr. par tête, trouvé dans Tétude de la montagne Viallet, on voit qu'elles produiraient en tout 12,800 fr. ou, en défalquant 24 fr. de location par tête, 8,000 fr. au lieu de 2,000 au profit des habitants.

Villard-d' Arène renferme 177 hectares de terres arables

comprises entre 1 ,600 et 2^000 mètres. Si Ton en convertissait en prairies de 120 à 150 hectares^ cela suffirait pour permettre à cette localité d'hiverner 200 vaches de plus, et d'appliquer en plein le système pastoral qui vient d'être préconisé. Mais en attendant cette réforme, les habitants trouveront facilement à louer dans TOysans les vaches qui leur manquent.

Une statistique détaillée de toutes les montagnes pastorales des Alpes actuellement livrées aux bêtes ovines, quoique propres au parcours du gros bétail, sortirait du plan de cet ouvrage, mais nous en avons énuméré, dans notre étude spéciale aux Hautes-Alpes, environ 50 qui reçoivent plus de 60,000 moutons*.

Il n'est pas exagéré d'affirmer, qu'à la suite de recherches semblables en Savoie, dans l'Isère, les Basses-Alpes et les Alpes-Maritimes, on trouverait que la substitution du gros bétail pourrait s'appliquer à 150,000 moutons.

J'ai évalué à un million, pour les Hautes- Alpes, l'efifort pécuniaire nécessaire pour constructions de fruitières d'hiver et de chalets d'été. Une somme quadruple environ, ou une dépense annuelle moyenne de 200,000 fr., suffirait donc pour créer la perfection industrielle laitière, en 20 ans, partout où elle est possible, dans l'ensemble de la région.

1. Étude sur l'économie pastorale des HatUes-Alpes, p. 109. — Bureaux de la Bewe des Eaux et Forêts.

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