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ÉTUDES SUR L'ÉCONOMIK ALPESTRE

chalet est la construction ^ ou Tensemble de constructions qui renferme les locaux nécessaires pour la fabrication fromagère^ et le logement du personnel^ et des étables^ ou des halles pour les animaux.

La création de chalets, ou au moins d'étables, est le point de départ et le fondement de toute amélioration culturale, dans un pâturage de quelque importance.

Pas de chalets dans les communaux^ pas d'aménagement convenable ni de fumures suffisantes possibles, partant point de gazons complets, le bétail se trouvant obligé de retourner tous les soirs sur des propriétés particulières, plus ou moins éloignées qui, elles, profitent seules de la plus grande partie des éléments fertilisants, auxquels le communal aurait droit; les parcelles les plus basses se trouvent alors toujours surchargées ; tandis que les plus éloignées, insuffisamment pâturées, et privées de tous soins, se voient envahies par des rhododendrons, myrtilles, genévriers, et toute espèce de plantes nuisibles, ou de qualité inférieure. Au contraire, avec un chalet bien placé, la prospérité des gazons est assurée.

Les conditions principales auxquelles doit satisfaire Torganisation d'un chalet, senties suivantes : l"" proximité d'une source ou d'un ruisseau; 2*" position abritée contre les vents et les avalanches ; S"" situation en plateau, et favorable au départ d'un réseau de rigoles, destinées à la distribution du purin et des déjections des animaux.

Il n'est pas toujours facile de réunir ces trois avantages. Quand la dernière condition n'est pas réalisable, l'engrais doit être utilisé par le parcage, lorsque le temps le permet, ou transporté à dos de mulet sur les parcelles à sol trop accidenté.

Ne devant servir que pendant trois mois, il va sans dire que toute dépense de luxe est interdite, dans la construction des chalets.

Les plans, coupes et élévations des pages suivantes^ en diront plus que de longues descriptions.

On 7 remarquera, que les largeurs moyennes accordées à chaque tête de bétail, sont partout bien inférieures à celle de i";36, conseillée par les ouvrages spéciaux sur les constructions rurales ordinaires; néanmoins elles suffisent, attendu qu'il 7 a toujours un certain nombre d'animaux qui se tiennent debout, quand les autres sont couchés.

Souvent, il n'y a point de crèches, mais cette économie est assurément fort mal entendue, vu les pertes de fourrages qu'elle occasionne.

Quatre de nos types seulement sont représentés avec des fosses à purin étanches ; cependant, ces fosses ne sont point un luxe; nulle part on n'aurait dû les négliger.

Presque partout, les bergers couchent sur des planches régnant d'une ferme à l'autre, et s'appuyant sur les entraits de ces fermes. Ces mêmes planches portent les provisions de foin, réservées pour les mauvais temps.

Si la montagne pastorale s'allonge considérablement de bas en haut, et se trouve partagée en un certain nombre de sections, d'altitudes très différentes, dans chacune desquelles le bétail ne stationne pas plus de quinze jours à un mois par saison, une économie des plus strictes est de rigueur dans toutes les constructions et Ton est forcé de se contenter de simples halles.

Mais si la montagne est peu étendue, en revanche, parfaitement gazonnée, très riche, et de conformation topographique assez régulière pour qu'il soit facile de réunir le bétail tous les soirs sur un même point central, d'où le fumier puisse être transporté par eau sur les parcelles inférieures, ou à dos de mulet, sans trop de frais, sur les parcelles supérieures, c'est alors seulement qu'on se permettra d'adopter des types plus confortables.

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Quant aux bâtiments affectés à la fabrication fromagère, on ne saurait trop s'attacher à les pourvoir partout d'ustensiles perfectionnés. Les produits se ressentiront de toutes les dépenses que Ton fera^ pour améliorer les réduits actuels précédemment décrits^ page 145. Four cette portion capitale du chalet^ il n'y a rien à économiser sur le type de la Losette. On s'épargnera cependant les frais d'une cave spéciale^ quand les circonstances permettront de descendre les fromages dans les caves des fruitières des vallées^ ou de les déposer dans une cave centrale^ construite à frais communs par les propriétaires d'un groupe de montagnes pastorales voisines.

Il y a grand intérêt à abriter les génisses comme les vaches ; en cas d'impossibilité^ provenant du manque de matériaux à proximité, on se contentera de les enfermer dans des parcs en pierres sèches, de i mètre de hauteur. Un parc de 12 mètrçs de côté, loge 70 à 80 génisses.

Passons à la description succincte de nos dessins des pages 193 à 205.

Les types n"" 1 et 2 représentent de ces petits bâtiments, si multipliés au bas de tous les communaux, et entre lesquels se répartissent les bestiaux d'un même village, par groupes de 10 à 15 têtes appartenant à deux ou trois propriétaires. Ces types ne sont pas à conseiller pour les constructions neuves; mais, lorsqu'on fusionnera de petites propriétés où il s'en trouvera, pour former de grandes montagnes à fruit commun^ les chalets de ce genre existants pourront être conservés, pourvu qu'ils soient situés de façon que le fumier soit transportable, sans trop de frais, sur les parcelles où il est nécessaire. Le type n* 1, vu à Crest-Voland, sur les montagnes de la rive gauche de l'Arly, reçoit 16 vaches, sur un développement de 1 4 mètres; le type n* 2, vu à Mont-Denis, près de Saint- Jean-

de-Manrienne^ en reçoit 13^ sur un déyeloppement de i0'"^80^ dont 8 sur le mur en face la porte^ et 5 à droite de cette porte.

Étables à génisses.

TTPB No 1.

GrasUYolaiid, TaUée de TArly.

(Ait. 1,800 m.)

TTPE No 2.

ICont-Denla en ICaiirlenne.

(Alt. 1,700 m.)

Flg. 4. — Coapet tnafrenalM.

.2i,fela

Flg.5. — PlJUif.

Les trois types qui suivent figurent des halles à deux rangs de bétail. Le n"" 3 se voit sur le Semnoz^ à Leschaux (Haute- Savoie); le n*4^ à Bourg-Saint-Maurice, montagne Facemaz^ dite de Lancevard; le n"" 5^ au Petit Saint-Bernard, commune deSéez^ montagne Carquet^ dite Les Laix. Ce dernier^ le moins coûteux de tous^ n'est qu'un simple abri, formé d'amas de pierres sèches^ constituant des murs des plus

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rustiques^ avec une toiture formée par la seule épaisseur de planches grossières^ et supportée par des troncs d*arbres à peine équarris; le bétail y est exposé à de vifs courants d'air; cependant^ cet abri primitif vaut encore mieux que le

ÉtabUs ou Halles à vaches.

TYPE No 3.

Kontagne du Bemnox, à Lesohaux (Haute-SaTOle).

(Alt.lJ00m.)

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