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MATIÈRES

Axolèe».

13.56 12.94 lt.25 9.50 S.tO 7.81 6.85 6.14 6.11 4.22 4.06 4.00 3.38 3.00

EitnciÎTM.

Granet

Il ressort de ces chiffres^ que l'analyse assigne aux ramilles de chêne récoltées au moment de Técorçage^ et à celles d'acacia, une valeur supérieure à celle des foins oixlinaires, et que les ramilles de six autres essences prennent rang avant la paille.

Les ramilles alimentaires ne peuvent provenir que de cépées des taillis en exploitation, de branches gourmandes d'arbres de tout âge, d'essences cultivées en têtards, ou encore de broussailles. On doit les réunir en fagots, que l'on fera sécher lentement à l'abri du soleil et de la pluie. Il faut abso-

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lument éviter le noircissement qui se produit par la dessiccation naturelle sur le sol, et faire en sorte que les bran chattes et les feuilles conserrent encore une coloration presque verte ; sans cela^ les animaux les rejettent.

Le docteur Pressler, de TÂcadémie royale forestière de Tharand (Saxe), a analysé quatre catégories de produits forestiers: feuilles, pousses de Tannée, branchettes de 0*,5, branchettes de 0%5 à l',5 de diamètre. Il a constaté que les quantités relatives de protéine brute diminuent du simph au quarl, du mois de mai au mois de novembre, dans les feuilles et pousses de Tannée, mais que, dans les branchettes anciennes, la réduction est bien moindre, et ne s'abaisse, en moyenne, que de 4.87 à 4.32.

En revanche, les poids absolus augmentent énormément dans le même temps. Des pesées rigoureuses lui ont démontré qu'un hectare de chênes, exploité pourTécorce entre 1 5 et 25 ans, pouvait fournir en pousses et feuilles desséchées à Tair libre, et ne contenant plus que 13 p. 100 d'humidité :

En mai, 1,390 kUogr. valant (comparés an foin estimé à 8 fr.ksiOOLilogr.). 135'

En juillet, 2,407 kilogr. — — 160

En août, 3,029 kilogr. — — 237

En septembre, 3,077 kilogr. — — 240

De ces chiffres, on conclura que si Tacheteur doit préférer les ramilles de mai, qui lui fournissent un fourrage plus riche, le propriétaire de la forêt a grand intérêt à retarder Texploitation des ramilles jusqu'en septembre.

Les premières expériences faites en Allemagne portaient sur des ramilles allant jusqu'à 1 centimètre de diamètre. Mais M. Grandeau ne cesse de recommander que Ton se borne à remploi de branchettes de 5 à 6 millimètres au plus, T analyse lui ayant démontré combien la teneur en matière azo-

tée diminue au fur et à mesure que le diamètre s'épaissit; il est arrivé aux résultats suivants :

mBUK

•n «■tien aiotéc.

Bnnchettes de 3 à 1 centimètre 3 à 4 p. 100

— de 1 à 0%5 4 à 4 1/2 —

— de 0*,4 et au-dessous 5 à 8 —

Poiifl8e8derannéede0«,5à0«,l 8 à 16 —

Ainsi; avec des ramilles de 5 millimètres^ on obtient facilement un fourrage contenant 12 à 14 p. 100 de matières azotées; tandis qu'avec delà branchettes plus épaisses^ la proportion des matières azotées tombe à 3 p. 100.

Les ramilles peuvent incontestablement être consommées à rétat naturel. C'est ainsi qu'elles servent à la nourriture de tous les grands animaux sauvages^ chevreuils, daims^ cerfs et chamois et qu'elles ont été utilisées de tout temps^ plus ou moins, dans les étables des Alpes. Il est certain, cependant, que leur division en une sorte de paille, permettant de les mélanger à d'autres denrées, facilite leur assimilation. C'est ce qu'un industriel, M. Kiihn, a commencé à faire, en 1893, dans la forêt de Senart, au moyen d un broyeur, mû par un moteur à pétrole. Mais en attendant que des machines spéciales, aisément transportables, aient été construites, on saura qu'en réduisant simplement les ramilles en petits cylindres de 0,5 à 1 centimètre de diamètre, avec un hachepaille, pour les faire passer ensuite au concasseur ordinaire, on obtient déjà d'excellents résultats.

Quant à la fermentation conseillée par Ramann, M. Grandeau, loin de la croire indispensable, est disposé à la regarder comme une complication à éviter, ayant constaté que l'analyse de ramilles fermentées et non fermentées donnait des résultats identiques. La fermentation ajouterait seulement un parfum de thé assez agréable.

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M. Grandeau recommande tout particulièrement Tensilage, dont nous avons parlé tout à Theure^ au sujet des feuilles, comme un mode de conservation qu'on ne saurait trop propager.

MM. Cormouls-Houlès^ dans le Tarn^ et Emile Mer, dans les Vosges, ont expérimenté, en 1893, tous les genres de ramilles, depuis celles des grands arbras de futaie, jusqu'à celles des plus petits sous-arbrisseaux, et aux rejets d'un an des taillis. Leurs conclusions affirment toutes l'incontestable valeur fourragère des ramilles. Il s'agit seulement de se procurer les ramilles à un prix modéré'. La solution se trouvera évidemment dans la culture en têtard des essences qui se prêtent à ce traitement, dans l'utilisation des branches buissonnantes et rampantes des futaies, l'émondage des cépées de taillis en exploitation, la création de taillis-fourrages d'un an sur les terres délaissées, non susceptibles d'être améliorées par l'apport d'engrais.

Sans doute, les exploitations dont nous venons de parler ne doivent être en aucune façon appliquées d'une manière générale aux forêts existantes, dont la fonction consiste dans la production du bois avant tout ; mais, répétons-le, toutes sortes de considérations de premier ordre commandent de les créer sur ces ten'es presque totalement stériles, incapables d'être restaurées autrement, où, tout en fixant le sol, elles fourniront abondamment aux populations voisines les produits qui leur sont le plus utiles, et qu'elles apprécient le plus.

Aucun des forestiers qui ont traité du reboisement avec autorité, ni il y a 30 ans le distingué Mathieu, professeur à Nancy, ni plus tard M. Demontzey, aucun n'a négligé de faire ressortir la valeur fourragère des essences qu'ils ont décrites, sachant parfaitement que la question des fourrages est de toutes, pour nos montagnes, la plus importante. La

science et rexpéritnentation nous indiquent aujourd'hui des voies toutes nouvelles^ qui permettent de la résoudre; nous devons, au plus tôt, faire profiter les Alpes de leurs intéressantes découvertes.

Ajoutons maintenant quelques détails sur les exigences des essences propres à servir d'adjuvants comme fourrages, existantes déjà dans les Alpes, ou susceptibles d'y être introduites, ainsi que sur l'appétence particulière des animaux à leur égard.

Abiétdnées. — Les feuilles des Sapins, Pins et Mélèzes ne sont mangées bien volontiers par aucun animal; les moutons et les chèvres seuls y touchent. Pour rendre cette nourriture plus appétissante, on ne cueille les branches qu'au fur et à mesure de leur emploi, et on les arrose d'eau salée. Mais encore, n'y recourt-on qu'en cas de disette extrême, et Ton doit toujours l'employer avec circonspection, car les bourgeons des conifères sont classés parmi les aliments pathogènes de rhématurie.

Acérinées. — Les cinq espèces à! Érables, Sycomore, Plane, Champêtre, de Montpellier et à feuilles d'obier {Acer pseudopliUanuSy platanoides, campestris, Monspessulanum, apulifolium), existent dans les Alpes, jusqu'à des altitudes considérables. Leurs feuilles sont très aimées du bétail. Mais toutes ces essences exigent des sols frais et riches, excepté l'érable de Montpellier, qui se contente de terrains secs et rocheux.

Berbéridées. — Les feuilles et jeunes pousses à saveur aciduléede VÉpine-vinette {Berberis vulgaris) plaisent beaucoup au bétail. Cet arbrisseau prospère sur les versants les plus secs, calcaires ou marneux; ildrageonne et fixe parfaitement les terres.

Bétulacées, — VAune blanc {Alnus incana) est très commun^ et précieux par suite de sa faculté de propagation sur les terres meubles des lits de déjection et les pentes des terres noires, ainsi que par sa puissance extrordinaire de drageonnement. UAune vert {A. viridis) n'est qu'un arbrisseau qui caractérise les régions les plus élevées^ et qui, en raison des stations qu'il occupe, ne peut être utilisé que dans les chalets. Les feuilles d'aune ne sont pas comestibles en vert, à cause de l'enduit glutineux qui les recouvre, mais elles sont toujours acceptées par le bétail une fois sèches.

Le Bouleau blanc {Betulus alba), en raison de son couvert si léger, ne mérite guère d'être artificiellement implanté; je le cite cependant, parce qu'il s'introduit naturellement sur les sols légers et siliceux, et que ses feuilles sont mangeables.

Celtidées. — Les feuilles du Micocoulier austral {Celtis australis) sont une excellente nourriture d'hiver pour tous les bestiaux; toutefois, le tempérament de cet arbre ne permet pas de songer à sa propagation ailleurs que dans les derniers contreforts des Alpes basses et maritimes.

Corylacées. — Le Charme commun (Carpinus betulus) ne croit pas dans les Alpes; mais le Charme houblon {Ostrya carpinifolia) peut être cultivé dans les régions basses; très riche en feuillage, comme le premier, il peut servir à créer des ressources fourragères fort importantes vers le littoral.

Cupulifères. — Dans le genre Chêne, le Rouvre {Quercus sessiliflora) est la seule espèce qui puisse réussir dans les Alpes; il préfère les sols graveleux, sablonneux, et même calcaires, pourvu qu'ils soient doués d'une certaine fraicheor. Ses feuilles sont celles qui occasionnent le plus facilement.

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au premier printemps^ le mal de bois, mentionné plus haut; mais plus tard, elles deviennent une bonne nourriture.

Le Hêtre {Fagus sylvaticd) est d'une introduction difl5cile par voie artificielle^ les plantations de cette essence ayant besoin d'abri pour réussir. Mais là où l'on parviendra à l'introduire^ il offrira une ressource fourragère des plus abondantes. Oole trouve jusqu'à 1^600 mètres.

La feuille du Châtaignier n'est touchée que par la chèvre.

Jasminées. — Le Frêne commun {FYaxinns excelsior) réussit à toutes les altitudes, surtout dans les sols frais, mais il croit également en terrain sec. U convient à tous les animaux. On le plante en bien des pays, sur les bords des chemins et ruisseaux, dans le but uniquement d'augmenter les ressources fourragères pendant la stabulation. Ses fagots, assaisonnés d'un peu de sel, servent presque exclusivement, avec des fascines de saules, à nourrir les moutons en hiver, aux environs deFaverges, dans la vallée del'Arly, et la Basse-Maurienne.

Papilionacées. — Le Baguenaudier commun {Colutea arbarescens) et le Cytise à feuilles sessiles {C. sessilifolius) croissent spontanément dans les Alpes jusqu'à 1,000 mètres, et se contentent de sols arides et graveleux. Ils fournissent un excellent fourrage. Les brebis qui s'en nourrissent deviennent, dit-on, plus fécondes. Malheureusement, les Cytises faux ébénier et des Alpes {C. labumum et alpinus), également très fiches en feuillages, très peu difficiles sur le choix du terrain, et qui réussissent si bien dans nos reboisements, ont été signalés par M. Cornevin, comme espèces des plus toxiques.

Le Robinier faux acacia {Robinia pseudo-acacia) repousse de souche, trace et drageonne extraordinairement ; il croit partout, tout en préférant les sols légers et un peu frais, ne le cédant en rien au charme, comme fixateur d'azote; ses

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feuilles sèches, réduites en poudre fine, forment un aliment d'une richesse exceptionnelle. Il ne présente qu'un inconvénient, c'est d'être hérissé d'épines fort aiguës. Aussi ne peuton employer que ses brindilles terminales qui sont sans épines et ses feuilles, à l'état sec, après leur détachement des fagots.

Rosacées. — Le Sorbier des oiseleurs {Sorbus aucuparia), s'élève des vallées jusqu'à 1,700 mètres au moins, sur tous les sols calcaires ou siliceux ; cependant, il ne prospère que sur les terrains légers et frais. Ses feuilles sont un bon fourrage.

Salicinèes. — Le genre Saule renferme des espèces appropriées à chaque nature de terrain, et dont les feuilles offrent toutes un bon aliment, très utilisé dans le nord de l'Europe.

Le Saule blanc {Salix alba) est le plus commun, il pousse très vite et croît partout, pourvu qu'il trouve de Thumidité. — Le Saule marceau {S. caprœa), est moins fréquent; mais comme tous les sols lui conviennent, secs ou frais, compacts ou légers, on parviendrait certainement à le propager ; il est, de tous les saules, le plus productif en fourrage, et peut-être celui qui rejette le plus vigoureusement. — Les Saules fragile, daphné, noircissant et à cinq étamines (S. fragilis, daphnoides, nigrescens et pentandra)^ sont faits pour les lieux humides et les alluvions des rivières et torrents; le dernier se plaît même en sols tourbeux. — Le Saule à larges stipules (S. appendiculata) préfère les calcaires, et s'élève jusqu'à la région du mélèze. Citons en outre plusieurs espèces naines : les Saules herbacé, à stipules hastées, glauque, arbrisseau, à feuilles d'arbousier, des Lapons et bleuâtre (S. herbacea, hasiaia, glauca, myrtilloides, myrsinites, Lapponum, cœsia), qui se montrent tous dans les prairies humides et lieux tourbeux des hautes montagnes cristallines.

Les feuilles des Peupliers blanc et tremble {Populus alba et tremfda) sont mangées par tous les animaux ; les premières 8ont aimées plus particulièrement par les moutons et les chèvres; les secondes^ par les vaches. — Celles des Peupliers noir et iltalie (P. nigra et fastigiata) peuvent servir également de fourrage, mais ne valent pas les précédentes.

Tiliacées. — Tous les Tilleuls croissent aux altitudes moyennes^ et peuvent être cultivés avantageusement sur les terres noires, comme plantes fixatrices et fourragères; leurs feuilles larges et abondantes sont un excellent aliment.

nimacées. — L'Orme commun (Ulmus campestris) produit des feuilles très estimées; cuites, elles engraissent les porcs très rapidement. Ses graines même sont comestibles.

VOrme de inontagne (U. montana), qui s'élève jusqu'à 1,600 mètres, est aussi, par suite de la largeur de ses feuilles, très productif comme fourrage.

2^ Pâturages d'été.

Les plus beaux alpages renferment des clairières, clapiers, casses, passages d'avalanches, ressauts dénudés, etc., et sont traversés par des ravins très nombreux, dernières ramifications des torrents. Le reboisement de tous leurs vides et de toutes leurs parcelles à fonds trop médiocre pour que le gazon y prospère, ainsi que le traitement de leurs ravins par des corrections peu coûteuses, barrages ou seuils en pierres sèches, seront des opérations extrêmement avantageuses, et d'utilité publique incontestable.

A ces travaux de boisement, les communes propriétaires n'opposeront jamais qu'une objection, la même qu'elles élèvent aussi à l'égard du voisinage des périmètres obligatoires,

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la crainte du procès- verbal^ leurs bergers ne devant jamais être à même, disent-elles^ de faire respecter les bouquets de jeunes arbres par leurs troupeaux. On triomphera bien facilement de cette difficulté^ en protégeant les parcelles restaurées contre la dent du bétail par des clôtures quelconques.

Les travaux de correction dans les lits torrentiels, et la création de périmètres formés de tous les terrains où le danger est né et actuel, suivant les expressions de la loi, ne doivent pas faire exclure Tidée de périmètre de gazonnement, avec reboisements facultatifs. Loin de là. En réfléchissant en effet aux difficultés inéluctables que rencontre l'acquisition des périmètres obligatoires, on se dit que des boisements facultatifs doivent nécessairement compléter les autres. Us seront comme le prolongement de ceux-ci jusqu'aux limites extrêmes de la végétation, soit par taches couvrant toutes les surfaces stériles, soit par rayons suivant les dernières ramifications des plus petits ravins. Ces travaux doivent figurer au premier rang des mille petits moyens à la portée de l'homme, que se plaisent tant à recommander Viollet-le-Duc et M. Demontzey, pour combattre l'action des agents physiques, par des procédés économiques à effets ra-

J'entends évidemment que lesdits reboisements facultatifs devront être exécutés par le personnel expérimenté de Tadministration des forêts, avec le même soin que les reboisements obligatoires.

Ces boisements dans les pâturages répondraient d'une façon parfaite aux manifestations de l'opinion des populations, qui, jamais, ne se sont montrées hostiles aux reboisements en principe, mais seulement aux projets de périmètres obliga-

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