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Étude mr les torrents âtê Hautes- Âfpes, II, p

iiieors des ponts et chaussées^ mais dont refficacité sur la restauration des montagnes est évidente, quoique indirecte.

Dans notre étude statistique détaillée sur le département des Hautes- Alpes, seul, rappelée précédemment (page 167), nous avons fait ressortir plus de 10,000 hectares de nouvelles superficies à couvrir de canaux, sans compter celles qui sont l'objet de travaux en cours d'exécution. Dans toute notre zooe pastorale, il y en a certainement plus de 30,000, et Ton peut dire que Tirrigation de cette surface ferait compensatioD, comme ressource pastorale, à plus de dix fois autant de terrains dégradés, s'il y avait lieu d'en reboiser, d'en réglementer, ou d'en mettre en défends, autant que cela.

De 1869 à 1875, le ministre des travaux publics a accordé aux syndicats des Alpes des subventions égales aux deux tiers des dépenses. Actuellement, bien qu'aucun principe ne soit établi, on réduit d'habitude ces subventions à la moitié. L'administration des forêts, dans les cas intéressants pour son œuvre, en allouant un sixième, ramènerait l'ancienne proportion qui était des plus stimulantes et des plus propres à faire triompher des difficultés qu'elle rencontre. Quelle opposition, en effet, pourrait raisonnablement soutenir une commune à laquelle on dirait : <r Nous voulons, cela est vrai, supprimer temporairement le pâturage dans tel quartier ruiné de vos montagnes, où vous envoyez telle ou telle quantité de moutons et de chèvres durant trois ou quatre mois ; mais il est entendu, qu'en revanche, on vous paiera les deux tiers des frais de construction d'un canal qui vous procurera, pour toute l'année, la nourriture de cinq à six fois plus de bétail qu'il vous en faut retrancher, ce qui vous permettra de recueillir, des terrains que vous conserverez en terres arables, plus de grains qu'aujourd'hui, par suite d'un surcroît d'engrais, et, en somme, dans peu de temps, plus de produits de toutes sortes avec infiniment moins de peines, d

•234 ÉTUDES SUR l'économie alpestre.

g VI. — Olxemins et sentiers.

Des réseaux de chemins ou de sentiers^ facilitant au gros bétail Taccès sans fatigues des points éloignés des chalets^ et permettant aux bergers de transporter les fumiers partout^ sont nécessaires pour assurer la marche régulière et méthodique d'une exploitation pastorale. On les établira sur une largeur de 1 mètre seulement^ et en donnant aux pentes des inclinaisons pouvant atteindre jusqu'à 20 p. 100. Ce seront, en somme^ de simples passages qu'on laissera se regazonner naturellement, après les terrassements. Lorsqu'on rencontrera des rochers à franchir, on y taillera simplement, avec quelques coups de mine, des gradins et des escaliers. La pose de barrières grossières en bois, destinées à éviter au bétail des chutes dangereuses dans les crevasses et les ravins, qui se rencontrent si nombreux, ne devra pas être négligée. Le tout ne coûtera pas plus de 0 fr. 50 c. par mètre courant moyen.

Je me suis rendu compte que beaucoup de conseils municipaux imposeraient très volontiers, outre les taxes pastorales, une jouniée de prestation par famille, à la condition qu^elle fût affectée à l'exécution des chemins nécessaires, sous la direction de l'administration des forêts, et que d'autres consentiraient à y affecter la journée que la loi sur les prestations leur permet de consacrer aux chemins ruraux.

§ vu. — Oolmatagres, endlgnements, fertiliBation des cônes de déjections.

L'ENDiGUBMENTdes coursd'cau dans les vallées, et conjointement le COLMATAGE des terrains arides riverains, seraient encore une œuvre extrêmement productive, qui se rattache

étroitement au système d'améliorations que nous poursuivons : le développement de la culture intensive dans les plaines et les vallées pour faciliter r aménagement des montagnes. Costa de Bastelica^ ancien conservateur des forêts à Gap, a consacré un chapitre de son ouvrage sur les Torrents, à ce moyen d'utilisation des eaux^ et a fait ressortir les incalculables bénéfices que procurerait une telle opération^ dans les bassins des principales rivières.

Combien de maires des communes du bassin de la Durance j'ai entendu me dire souvent : (c L'endiguement de notre rivière régénérerait le pays; les digues engloberaient d'immenses surfaces^ dont la mise en culture ferait descendre la population de toutes les petites vallées aboutissantes. L'État pourrait alors acquérir dans la montagne^ à très bas prix^ tous les terrains qu'il conviendrait de reboiser. »

L'exécution de pareilles entreprises, applicables certainement à plus de 10,000 hectares dans l'ensemble des Alpes, est du ressort de l'administration des ponts et chaussées. Mais nous devions en signaler l'intime connexion avec les travaux dont l'administration des forêts est chargée, pour fournir un argument de plus en faveur des crédits qu'elles méritent.

Les CÔNES DE DÉJECTIONS TORRENTIELLES font partie, pour ainsi dire, du domaine des forestiers. Leur mise en valeur est l'opération la plus propre à justifier, économiquement parlant, les travaux coûteux qu'exige, dans les bassins do réception et les canaux d'écoulement, l'extinction complète des torrents, et à faire produire une rente ostensible, palpable aux capitaux dépensés.

On ne peut pas évaluer à moins de* 5,000 hectares la surface totale qu'ils occupent dans les Alpes.

L'héliogravure VI représente un cône recouvrant à lui

236 ÉTUDES SUR l'économie AX.PESTRE.

seul 125 hectares^ celui du Riou-Bourdoux^ torrent qui se jette dans l'Ubaye à 3 kilom. en aval de Barcelonnette.

Trois cas sont à examiner :

l"" Le sol est plus ou moins rîche^ mais tellement tourmenté et couvert de blocs et de pierres^ qu'on recule devant les dépenses de nivellement. Dans ce cas, on reboisera le cône en essences feuillues fourragères.

On y créera de ces « prairies en Tair > ou de ces « taillisfourrages y> proposés par MM. Girard^ Grandeau^ Gormouls- Houlès et Mer.

L'entreprise rentrera dans la catégorie des boisements pastoraux^ dont nous avons parlé pages 210 et suivantes.

2* Le sol est riche, profond, substantiel et irrigable ; l'épierrement, le défrichement et le nivellement en sont faciles. Dans ce cas, on mettra le cône en prairies, par les méthodes ordinaires, décrites sommairement plus loin, au § X du présent chapitre.

3"^ Le nivellement est possible, mais le sol est maigre, et réclame beaucoup d'engrais. Le procédé de fertilisation le mieux approprié sera alors celui qu'a prôné Gœtz avec tant d'ardeur, vers 1865, et qui réussit toujours, même sur les terres les plus pauvres, pourvu qu'elles soient fraîches et perméables.

La création de la prairie Gœtz repose sur les deux principes suivants :

l"" Emploi exclusif d'espèces graminées vivaces, fleurissant toutes à la même époque, parfaitement appropriées au sol et au climat ;

2'' Division du terrain à régénérer en deux parties distinctes, d'égale surface : sur l'une, on constitue à grands renforts d'irrigations, défoncements, labours et engrais, une prairie à laquelle l'inventeur a donné le nom de prairie-mère; sur l'autre, une seconde prairie, mais que l'on forme presqiie

sans dépenses^ avec les engrais et les graines engendrés par la première^ et qui reçoit le nom de prairie de la méthode.

Avec 500 à 1,000 fr. par hectare, Gœtz garantit que Ton peut arriver, des la première année, à obtenir sur la prairiemère, 10,000 kilogr. de foin sur cette même surface, et deux mois de pâturage.

Cette provision nourrit largement deux fortes têtes de gros bétail. Le fumier de ces deux têtes est restitué à cette même prairie-mère, jusqu'à Tépoque où elle atteint son rendement maximum, c'est-à-dire pendant deux à six ans.

Une fois ce résultat obtenu, on n'affecte plus à la prairiemère que le fumier d'une seule tête ; celui de la seconde est entièrement employé à l'enrichissement du sol des prés de la méthode, puis, l'on traite les deux prairies de la même manière.

Gœtz recommande tout particulièrement, et avec grande raison : l^'des labours très profonds, et un ameublissement complet du sol ; 2"" remploi des engrais en couvertures et en composts ; d"" une sélection des plus attentives de plantes mûrissant au même moment; 4*" la coupe des foins pendant la floraison.

La profondeur des labours ne présente, en effet, que des avantages : dans les années de sécheresse, le sol ne perd son humidité qu'à la surface, l'eau s'élève des couches inférieures, en vertu de l'équilibre de mouillure, et les racines ne sont pas exposées au dessèchement; dans les années pluvieuses, l'eau pénétrant profondément à travers une terre bien ameublie et perméable, les racines ne sont ni privées du contact de l'air, ni exposées à la moisissure comme celles qui plongent dans des couches saturées d'eau.

Le famier de ferme, répandu en couverture pendant l'hiver, protège les plantes contre la rigueur des froids, et constitue une réserve alimentaire, dont elles profitent dès le réveil

238 ÉTUDES SUR l'économie alpestre.

de la végétation ; mélangé à des amendements appropriés au sol, il forme des composts de première valeur, qu'on sèmera secs et pulvérulents, au printemps.

II est entendu qu'une culture de plantes sarclées, avant tout ensemencement de graines fourragères, augmentera de beaucoup les chances de succès.

Le choix des plantes doit se fixer, d'après Gœtz, à la suite d'expériences faites par places d'essai, entre quinze espèces, toutes propres à fournir d'excellents foins, et cinq autres espèces destinées à être mangées en vert. Toutefois Boitel, plus éclectique, en restreint le nombre aux sept espèces que voici : en première ligne, le fromental, le dactyle, la houlque laineuse et l'ivraie vivace; en seconde ligne, la flouve odorante, l'avoine jaunâtre et le paturin commun.

La condition de la simultanéité de la floraison des espèces à semer, est la conséquence de l'opportunité de faucher les fourrages en fleurs : nous avons vu, dans le premier livre, que les plantes fourragères possèdent toutes leur maximum de valeur nutritive au même moment, celui de leur floraison, nous n'avons pas besoin d'y revenir.

Il eût été difficile, il y a vingt ans, de constituer sur les cônes de déjection des Alpes, l'avance considérable d'engrais qu'exige l'application du système Gœtz, il n'en est plus de même aujourd'hui, que d'excellentes voies de terre et de fer permettent de transporter, sans frais exorbitants, des engrais chimiques au pied de tous les cônes torrentiels.

Je puis affirmer qu'on trouvera toujours des propriétaires prêts à déployer, pour la mise en valeur des cônes de déjection, des efibrts Inouïs, une fois la rémunération de leur travail assurée par la correction du lit, la canalisation du torrent et des digues. Certaines communes de Savoie ont obtenu les meilleurs résultats, en concédant gratuitement l'autori-

satioD de cultiver leurs cônes pendant dix ans; au bout de ce délai, elles ont repris leurs droits et vendu par lots les terrains conquis. Cette gratuité suffit toujours pour mettre en mouvement d'énergiques travailleurs. Ils enlèvent tout d'abord ou entassent les pierres et les blocs, défoncent le sol, élèvent des clôtures pour délimiter leurs concessions, construisent des baraques pour abriter leurs récoltes, et conduisent ensuite les boues du torrent dans des fosses creusées à la bêche, ou dans des cavités naturelles, puis répandent les fins et fertilisants limons qui se déposent, au râteau. Après avoir ainsi nivelé le sol, ils le cultivent avec proût.

g VIII. — IDéfriclieTnenta et nettoiements.

Nous appellerons défrichement, l'opération ayant pour objet de convertir en pâturage de rapport, les terrains désignés dans le cadastre sous les noms de friches, landes, terres vaines, bruyères, etc.

Les principales espèces à faire disparaître sont : le rhododendron, le genévrier, les airelles myrtille et canche, les busseroles, et dans certains cas, l'aune vert.

Les moutons et chèvres, poussés par la faim, épointent toutes ces plan tes : les deux premières sont vénéneuses; les suivantes ne déterminent pas d'accidents, mais elles ne sont évidemment pas profitables comme les gazons, dont elles occupent la place.

Lorsque les r/tododendrons, les airelles et les busseroles sont clairsemés, il suffit, pour les anéantir, de les couper et de fumer par un parcage intense le sol dégagé de végétation ; l'année suivante, on fauche en pleine sève les rejets qui se sont produits; et généralement, au bout de deux ans, on n'a plus à se préoccuper de ces buissons. — Si ces mêmes plantes for-

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ment une épaisse couverture^ on se contente d'en faucher la moitié au printemps; on étend les plantes fauchées sur le reste, et Ton met le feu pendant une période de sécheresse. On répand ensuite les cendres avec les engrais dont on dispose.

Les genévriers et les aunes sont beaucoup plus résistants : il faut les arracher, ou bien les couper entre deux terres, et fumer très fortement.

Aux altitudes peu considérables, c'est-à-dire en dessous de 1,500 mètres, on aboutira plus économiquement en labourai\t le sol après T arrachage des plantes; on sèmera du seigle ou de Tavoine, et Ton obtiendra une récolte qui paiera la plus grande partie des frais de toute nature : des semis artificiels, et même, s'il ne s'agit que de petites surf aces, le réensemencement naturel par les pâturages ou les prairies avoisinantes, assureront complètement le succès de l'opération dès la seconde année.

Il est bien entendu qu'à l'égard des aunes verts, on doit procéder avec les plus grandes précautions; il faut les conserver sur les pentes humides, ravinées et menacées d'éboulements quelconques, à moins qu'on n'ait fait disparaître tout danger par des drainages préalables. En outre, on aura soin d'examiner avant de les attaquer, s'ils n'offrent pas, pour le chauffage des chalets existants ou projetés, une ressource difficile à remplacer. S'il est possible de les remplacer par des mélèzes, on n'y manquera point; des mélèzes rendraient plus de services qu'eux, en tant qu'arbres, n'étoufferaient pas les gazons, et n'empêcheraient pas le bétail de pâturer sous leur couvert.

En résumé, la disparition des broussailles nuisibles ou inutiles, dominant les gazons, s'obtient par deux opérations successives : 1* extraction , écobuage ou fauchage ; 2" fumure dans le but de fortifier les graminées et les légumineuses^ d'empêcher leur étouffement, de changer en leur faveur

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riDtensité relative du développement des espèces; et cette seconde opération^ si elle est abondamment pratiquée^ assurera toujours le succès définitif de la première.

Lorsque la situation des lieux permettra plus de dépenses^ on ajoutera des semis artificiels, qui seront préparés et pratiqués conformément aux règles posées plus loin, à Tarticle c Gazonnement j».

Dans nombre de communes, les améliorations de ce genre permettront d'arriver à conserver pendant Tété tout le bétail hiverné, alors qu'aujourd'hui ces communes se voient, faute de montagnes en bon état, forcées d'envoyer dans des localités étrangères, leurs vaches, leurs brebis et leurs génisses; elles créeraient aussi une ressource, propre à compenser les interdictions de pâturage que réclame la restauration de certaines forêts.

Toutefois, il faut bien se mettre dans l'esprit que l'on ne saurait parvenir qu'au bout de très longtemps, au-dessus de 1,500 mètres, à créer des pâturages susceptibles de rapporter hO fr. nets par hectare, et que, pour être sûr de faire un placement fructueux, il sera prudent de ne jamais consacrer en capital plus de 100 fr. par hectare aux défrichements dont il s'agit.

Nous appellerons nettoiement, l'extraction des plantes herbacées, nuisibles ou inutiles. Ce travail doit être fait sans frais spéciaux par les bergers. On leur apprendra à en reconnaître les principales espèces. Ces espèces sont les suivantes :

Amaryllidôes. — Tous les Narcisses sont dangereux, mais surtout le Narcisse à fleurs rayonnantes {N. radiflorus), très fréquent dans les montagnes calcaires ; la graine de celuici mûrissant de bonne heure, il n'y a guère moyen de se débarrasser de cette plante que par l'arrachage des bulbes.

ÉCOVOMIB ALPBCTBS. 16

ÉTUDKS SUR l'économie ALPESTRE.

Asparagacées. — Le Muguet de mai {Convallaria maialis) [fig. 35] et la Parisette à quatre feuilles {Paris quadrifoUa) [fig. 36] sont des poisons assez violents. Ils croissent dans les lieux ombrages des montagnes peu élevées.

Fig. 85. — Mngaet de mal.

Fig. 36. ' Parisette à quatre feoillef.

Colchicacées. — Les Colchiques sont extrêmement vénéneux à rétat vert; ils le sont même dans le foin^ quand ils y existent en forte proportion. Le plus répandu, le Colcldque d'automne (C. autumnale) [fig. 57], se reproduit à la fois par des bulbes souterrains et par la graine : un bulbe n'engendre qu'une plante, mais sa fleur, qui apparaît avec l'automne, donne naissance au printemps suivant à une capsule pouvant contenir de 60 à 80 graines. Il s'ensuit que, pour empêcher la propagation de la plante, il suffit d'enlever les fleurs au fur et à mesure de leur apparition, ce qui est facile. On parviendrait encore à détruire aisément la plante au printemps, dans les sols mous et humides, en enlevant, avant la maturité, le bulbe lui-même avec la rosette de feuilles qui entoure le fruit. Mais, dans

PIg. 87.

Colchique d'automne.

les terres tenaces^ cette extraction ne peut avoir lieu qu'à la pioche, et devient coûteuse.

Le Vérâtre blanc {Veratrum album) \/lg. 38] n'est pas moins nuisible et vénéneux que le colchique ; les bestiaux s'en doutent et ne le touchent pas. Il est très commun dans la haute montagne, mais n'étant pas bulbifère, il s'extrait facilement.

Fig.88.

Vérâtre blanc.

Convolvulacées. — Deux espèces de cuscute, les Cuscutes à grandes fleurs et à petites (leurs (C. niajor et minor) sont très redoutables, dans les prairies artificielles surtout ; la première est parasite de la vesce ; la seconde, de la luzerne principalement. On les évitera autant que possible en n'achetant que des graines contrôlées et garanties. Quand elles apparaîtront, on les détruira au moyen de l'un des procédés suivants : faucher et ratisser la surface envahie, puis l'arroser d'une solution au 1/10 de sulfate de fer; — ou bien dégazonner complètement et brûler le produit — ou enfin, après avoir fauché, répandre une couche très épaisse (0",06 environ) de fumier concentré. — Quel que soit le procédé choisi, on doit l'appliquer non seulement sur la surface envahie, ?ig.39.-Enpiiorbeépurge. ma^s cucore à 1 mètre autour.

Euphorbiacées. — Tous les Euphorbes ont des propriétés toxiques très marquées; le type le plus connu est V Euphorbe

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èpurge {Euphorbia lalhyris) [fig. 39] ; mais dans les Alpes, le plus commun est VEup/iorbe cyprès {E. cyparissias).

Gentianées. — Aucune bonne plante à pâturer dans la famille. L'espèce la plus commune, la Grande gentiane ou Gentiane jaune (G. lutea) [fig. 40], est cependant broutée

quelquefois par des bêtes à cornes, poussées par la faim. — Sont également très communes :

la Gentiane pr intanière {G. vema)

Fig. 40. — Gtentiane Janne.

Fig. 41. — Gentiane printonière. Fig. 42. — Gentiane acaule.

[M' ^^] ^® ^* ^^^ ^®® vallées aux neiges éternelles, et à

partir de 1,500 mètres, la Gentiane des Alpes {G. alpina), celle-ci peu importante, vu sa petitesse, mais qu'on ne peut s'empêcher de nommer en raison de la beauté de sa fleur, du bleu le plus intense; enfin, dans tous les terrains de haute montagne, les Gentianes ponctuée, pourprée et acaule (G.

punctata, purpurea et acaulis) [fig. 42].

Fig. 48. — Sauge des préi. " "^

Labiacées. — La Sauge des prés {Salvia pratensis) [fig. 43] n'est pas aimée du bétail ; elle nuit aux bonnes espèces

et les étouffe parfois ; elle doit être extirpée avec soin^ et fauchée avant maturité des graines.

Liliacées. — Les Asphodèles du Dauphiné {A. subalpinm) etde ViUars{A. Villarsii), très répandus, le premier, dans les montagnes cristallines, le second, dans les Alpes calcaires, sont très nuisibles, et se propagent très rapidement ; mais leurs graines mûrissent après celles des graminées; on les combattra donc en évitant les fauchages tardifs.

Ombellifères. — La plupart d'entre elles, précoces, vivaces et très envahissantes, ne font qu usurper la place d'espèces infiniment supérieures.

La Berce brancursine elle-même {Heracleum spondylium) Ifig. 44]^ quoique passant pour augmenter le lait, à cause dç son large feuillage, est dans ce cas.

Les Œnanthes sont presque toutes vénéneuses ; VŒnanthe

FIg. 4i. — Beree bnmcnnine.

Fig. 46. — Œiuuitlie laflranée.

safranée {Œnantlie crocata) [fig. 45] Test même à un haut degré, mais elle est très rare; VŒnanthe de Lachenal{Œ. La-

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clienalii)y au contraire, est assez commune dans les prés subalpins. On détruira ces plantes en les arrachant, ou en les fauchant avant l'apparition des graines, et en extrayant leurs rejets par des sarclages fréquents.

Mêmes soins à prendre à l'égard de VAnthrisque sylvestre {Anthriscus sylvestris) [fig. 46] et des cerfeuils, dont plusieurs espèces, parmi lesquelles le très envahissant Cerfeuil ciguë {Chœrophyllum cicularia), s'élèvent jusqu'à 1,800 mètres.

Orobanchées. — UOrobanche à petites fleurs. {0. minor)y la plus grande ennemie du trèfle, s'implante sur les racines des trèfles rouge et blanc surtout, et se nourrit de leur sève en parasite. Elle est fort à redouter en raison de l'énorme quantité de graines qu'elle produit. Elle occasionne aux animaux de violentes coliques. Mais elle disparaît de la prairie avec la légumineuse sur laquelle elle vit. Le vrai moyen de la combattre, c'est donc de n'employer que des semences parfaitement épurées et garanties.

Flg. 46.

Anthrlsqae sylvestre.

Personacées. — Les Digitales sont toutes plus ou moins vénéneuses. Les plus fréquentes dans les Alpes sont : la Digitale à grandes fleurs {D. grandiflora) \fig. 47], dans les terrains primitifs, et la Digitale jaune dans les régions jurassiques.

Le Rhinanthe crête-de-coq {R, crista galli) [fig. 48]y et dans les hautes montagnes, les Rhinanthes à petites fleurs et à feuilles étroites {R. minor et augustifolia), toutes plantes fort envahissantes, sont annuels, mais répandent de grandes quantités de graines; ils ne donnent qu'un foin mauvais, et de plus, sont parasites des graminées : quand ils abondent, les

herbes d'alentour sont maigres, malades, et semblent arrêtées dans leur développement. On les détruit par des fauchages réitérés, et le pâturage avant la fructification.

Fi^.47.

Di^tale à grandes fleurs.

Flg. 48.

Rhinanthe oréte-de*coq.

Flg. 49.

Pédicnlaire des marais.

Observations identiques sur les Pédiculaires (fig. 49), jolies plantes représentées dans nos pelouses par plusieurs espèces.

Polygonacées. — Les Patiences ou Rumex, très communs dans les parcelles fertiles et fraîches des pâturages, arrêtent par leurs larges feuilles, le développement des graminées. On les détruit tous, par une coupe entre deux terres, avant la maturité de la graine.

Le Rumex à feuilles rondes {R.

sctUatus) caractérise les rochers et terrains calcaires ; — le Rumex é de montagne {R, montanum), les terrains granitiques ; le Rumex des Alpes {R. alpinus)^ vulgairement appelé Rapontic ou Rhu-

Fig. 50. ~ OseUle patience.

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barbe des moines, se rencontre surtout autour des chalets , dans les endroits engraissés par les déjections du bétail, et est utilisé pour la nourriture des porcs, auxquels on le donne après l'avoir cuit. — Enfin, les Rumex oseille \fig. 50\ et à feuilles crépues {R. acetosa et crispus) se trouvent dans toutes les prairies, et y sont multipliés souvent par l'irrigation.

Renonculacées. — Presque toutes dédaignées du bétail, et la plupart dangereuses. — Le Trolle d'Europe {Trollius

Flg. 51. — Trolle d'Europe.

FIg. 52. — Benoncale floaire.

europœus) [fig. 5f\ ou Roule d'or, très fréquent dans les pâturages des Alpes, est simplement mauvais. — La Renoncule ficaire {Ranunculus ficaria) [fig. 52], inoffensive au printemps, devient toxique au moment de la floraison. La Renoncule à feuilles d'aconit {R. aconitifolius) recouvre en entier des pâturages humides, que l'on reconnaît à plusieurs kilomètres de distance. — Les Anémones des bois [fig. Ô3] et des Alpes {A. nemorosa et alpina), ainsi que toutes les autres plantes du même genre, passent pour être vénéneuses ; mais les Anémones des prés, pulsatille [fig. 54] et des bois {A. pratensis, pulsalilla et nemorosa), le sont sûrement. — Sont vé-

néneuses aussi : VActée à épi {Actœa spicata) [fig. 55], les

Fig. 53. — Anémone dm boii.

Flg. 5A. — Anémone poliatille.

Fig. 55.^Aetéeàépl.

Aconits anthore {fig. 56), napel {fig. 57), panictdé et tue-loup {A. anthora, napellus, pantcidatus^t lycoctonum), les Dau-

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Fig. 56. — Aconit anthore.

Fig. &8. — Dauphinelle élevée.

Fig. 59. — Kllébore Doir.

Fig. 60. — Ellébore fétide.

Fig. 61. — Renoncule l&ngne.

phinelles élevée {fig. 58) et fendue {Delphiniiim elatum et

fissum) y les Ellébores noir (fig. 59), vert et fétide {fig.

60) [H. niger, viridis et fetidus]j le Populage des marais {Calt ha palustris), les Reîwncules scélérate, langue {fig. 61) et t/iora (R. sceleratus, lingua et thora).

Fig. 68. — Belladone ofBeinale.

Solanées. — La Belladone {Airopa beUadona) [fig. 62] et la Jusquiame noire {Hyosciamus niger) [fig. 6S\ existent dans les Alpes : la première se trouve dans les terrains calcaires, et principalement dans les bois humides des hautes montagnes; la seconde, qui est d'ailleurs beaucoup plus rare, ne se rencontre guère que sur le bord des chemins, dans le voisinage des habitations. Ces deux solanées sont très toxiques.

Fig. 63. — JafqaUtme noire.

352 ËTUDBS SUR L'ÉœNOMIB ALPKSTRE.

g IX. — Epierrements.

Au pied de toutes les cimes rocheuses, on voit des pelouses qui seraient parfaitement gazonnées^ si des pierres roulantes n'occupaient pas une portion plus ou moins grande du terrain. L'entassement de ces débris constituerait une très notable amélioration. L'opération peut être exécutée par les bergers pendant leurs moments de loisirs^ sans autres dépenses que des gratifications accordées à la fin de la campagne^ après constatation du travail fait.

On augmentera Futilité de ce travail en employant les pierres : à des drainages d'assainissement, à des constructions de murs horizontaux, ayant pour but de transformer les pentes trop fortes en terrasses; à la création de petits barrages dans les ravins; à l'élévation de clôtures, autour des groupes de jeunes arbres, autour des semis et des pépinières volantes; enfin à la protection des racines des jeunes plants résineux, contre le dessèchement.

g X. — Q-azomleiueiit proprement dit.

Nous commencerons par décrire les caractères et les propriétés des plantes fourragères, qui méritent à un titre quelconque d'être utilisées dans nos Alpes : soit à découvert, si le sol est bon ; soit après reboisement, si le reboisement semble nécessaire pour aider à la formation de la pelouse.

Nous exposerons ensuite les notions les plus essentielles à connaître sur Tensemencement.

Nous indiquerons en troisième lieu les mélanges ou formules d'ensemencement les plus recommandables.

Deux familles occupent le premier rang et distancent de beaucoup toutes les autres, en tout et pour tout, ce sont les Graminées et les Légumineuses.

Les Graminées se distinguent par une germination facile et prompte^ même en terre légère, et une force d'expansion extrême^ soit par le marcottage des tiges^ soit par le développement des nombreux germes qui entourent le collet de leurs racines.

Les Léguminemes l'emportent par leurs qualités nutritives; elles renferment plus d'éléments protéiques que les graminées, et presque autant de matières grasses ; en outre^ elles absorbent directement l'azote élémentaire^ par l'intermédiaire de micro-organismes^ révélés par des travaux récents.

Toutefois, c'est par le mélange de ces deux familles^ que l'on tire le meilleur parti du sol, en raison de leurs exigences et de leur mode de végétation si différents : les graminées vivant et se développant dans les couches superficielles; les légumineuses, au contraire, avec leurs racines pivotantes, cherchant leur nourriture dans les profondeurs du sol et du sous-sol, et l'améliorant par la décomposition de leurs racines.

Mais, beaucoup d'autres plantes se recommandent, par un avantage ou par un autre, à notre attention. Nous allons les passer toutes en revue, en nous arrêtant plus ou moins sur chacune d'elles, selon son mérite, et en suivant Tordre alphabétique des familles auxquelles elles appartiennent.

1* Caractères bt propriétés des plantes a employer.

Caryophyllées. — Les Céraistes, peu importants en raison de leur petitesse, mais précoces et doués d'une faculté de reproduction rapide, au fur et à mesure de leur coupe, doivent être mentionnés, comme plantes appropriées aux pâturages à moutons les plus élevés. — On trouve jusqu'à 2,800 mètres les Céraistes des champs, à larges feuilles et des Alpes {C. arvense, latifolium etalpinum).

Le Lin des Alpes (L. alpinum), la seule espèce du genre

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spontané dans nos montagnes^ est mangé par les troupeaux, mais sans être très recherché.

Les Sablines sont toutes très petites^ et ne conviennent qu'aux moutons ; ceux-ci les broutent assez avidement. — La Sabline à feuilles de serpolet (Arenaria serpillifolia) est la plus commune ; elle habite les terrains pierreux ou sablonneux, et s'élève jusqu'à 3,000 mètres. — Les Sdblinesàfeuilles trinervées, ciliées, bfflore, à grandes fleurs et de montagne {A. trinervia, ciliata, biflora, grandi flora, montana) sont moins répandues, mais s'élèvent à peu près aussi haut que la précédente.

Le Silène enflé {Silène inflata) [flg. 64\ est fort commun. On le trouve soit sous sa forme ordinaire, soit sous sa forme couchée (S. alpina), du niveau de la mer jusqu'à 3,000 mètres. Il est très rustique, s'accommode de tous les terrains, tout en préférant les sols légers et sablonneux, est fort aimé des vaches, et pourrait être propagé utilement dans les endroits arides et secs, où peu d'autres végétaux réussissent. On trouve encore : sur les terrains cristallins, et les grès nummulitiques le 5/lène à bouquets (S. armeria) ; plus haut, entre 1,200 et 2,000 mètres, le Silène des rochers {S. rupestris) et le Silène du Valais (S. Vala^ia); en terrains divers, le Silène à quatre dents (S. quadrifida), le Silène saxifrage (S. saxifraga), plante à tige très courte, presque nulle, mais remarquable par le développement de ses souches très fixatrices, enfin le Silène acaule qui, sous trois formes diflfér entes (S. exscapa, elongata et acaulis), constitue à lui seul des pelouses très étendues. Ces dernières espèces, à l'exception du Silène à bouquets, sensi-

Fig. 64. — Silône enflé.

blement trop petites pour les vaches^ ne sont pâturées que par les moutons.

Les Spargoutes sont de petites plantes croissant dans les terrains Irais, et même tourbeux ou marécageux, des chaînes granitiques et nummulitiques, mangées volontiers par le bétail, et très favorables à la qualité du lait. — Les Spargoules, noueuse, glabre et fausse sagine {Spergula nodosa,gla' hra, saginoides) se voient jusque sur les plus hauts sommets.

Les Stellaires holostée et des bois {Stellaria holostea et nemorum) sont très précoces, et donnent un fourrage aimé de tous les bestiaux, principalement des vaches; la première est très répandue dans les bois, les prés, et les haies de tous les terrains ; la seconde, dans les bois humides des grès et granits surtout. — Les Stellaires moyenne ou mouron des oiseaux, aquatique, et fausse céraiste {Stellaria média, aquatica et cerastoides)^ ne sont pas moins agréables au bétail, mais elles ont peu d^mportance, à cause de leur ténuité; la deuxième atteint les plus hauts sommets.

Cistées. — Les nombreuses espèces d'Hélianlhèmes plaisent toutes au bétail, et se distinguent par leur précocité, leur résistance à la sécheresse, leur peu d'exigence à Tégard du sol.

VHéliantkème commun {H, vulgare) se rencontre dans les Alpes comme dans les plaines. — Mais les espèces caractéristiques de ces montagnes sont surtout : les Hélianthèmes à ffrandes fleurs, blanc et d'Italie (H. grandi florum, canum , italicum), qui poussent jusqu'aux plus grandes altitudes; le premier, partout; le second, dans les rocailles; le troisième, dans les lieux secs, pierreux et sablonneux.

Composées. — Les Achillées, toutes précieuses, excitantes et aromatiques, repoussent avec une vivacité remarquable, après avoir été broutées. — Deux grandes espèces, les Achille es

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mille feuilles et à larges feuilles {A. mille folium et macro-

phylla) \/ig. 65 et 66] s'élèvent à plus de 2,000 mètres, la première, sur les sols les plus secs de toute nature, la seconde, dans les lieux frais, abrités par les arbres. — Deux autres espèces, les AcMllées naine et des Alpes {A. nana et alpina)y diminutifs des précédentes, s'élèvent plus haut encore, dans les Alpes à moutons, cristallines et nummulitiques.

Les Armoises, quoique

amères, sont mangées quelquefois avec avidité par le bétail;

elles jouent un rôle

Fig. 65.

Aohlllée mUlefenUle.

Fig. 66.

A. m«erophyUe.

tonique et stimulant dans le mélange des plantes qu'oflfrent les pâturages alpins. — L'Absinthe (Artemisia absinthum) [fig. 67] croît dans les lieux pierreux. — Les Armoises mutelline {A, mutellina) et des glaciers {A. glacialis), vénérées toutes deux des montagnards sous le nom de génépi, en raison de leurs propriétés médicales, sont broutées par les

moutons et les chèvres^ et figurent parmi les plantes caractéristiques des plus fortes altitudes de presque tous les terrains de la zone alpine.

La Centaurée Jacée ou Jacée des prés {fig. 68), dont la présence est regardée

comme un indice de ^\tt^ ^^

bon pâturage^ et la Centaurée des montagnes {Centaurea jacea et montana) sont aimées du bétail à Tétat vert; mais desséchées^ elles ne fournissent qu'un fourrage médiocre ; la seconde, commune jusqu'à •2,200 mètres, se recommande par sa résistance à la sécheresse, de longues racines stolonifères et sa rusticité. — Les espèces nervosa, Ferdinandi, nniflora, axillaris, alpeslris, leucophœa, croissent également jusque sur les points les plus élevés des Alpes.

La Chicorée sauvage {Cichorium intybus), précoce, résistante à la sécheresse, très productive, et excellente comme pâturage, réussit dans tous les sols profonds.

Les Crépides dorée et à racines tronquées (Crépis aurea et prœnwrsa) sont aimées du bétail, mais ne dépassant pas 1 à 3 décimètres, elles ne donnent qu'une faible quantité de nourriture. — Les Crépides bisannuelle et à grandes fleurs {hiennis et grandiflora), qui atteignent les plus fortes dimen-

Fig. 68. — Jacée des prés.

iOOSOMIK ALPBSTRC.

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Fig. 69. — Épervière dorée.

sions, peuvent rendre plus de services : Tavant-dernière se trouve surtout dans les terrains argileux et frais; la dernière, sur les plus hauts pâturages des montagnes schisteuses. Toutes les Épervières {Hieracium aureum) [fig. 69], aurantiacum, alpinum, etc.) sont à classer parmi les bonnes plantes de montagnes. Elles sont très répandues dans nos Alpes granulitiques : la plupart d'entre elles atteignent des cotes très élevées.

Le type des laiterons, le Laùeron commun {Sonchus oleraceus) [fig. 70], est annuel. Répandu surtout dans les lieux cultivés, et très recherché pour sa saveur, il convient parfaitement aux vaches laitières. — Mais les Laiterons de Plumier et des Alpes {S. Plumieri et alpinus) sont vivaces, ils recherchent l'ombre et la fraîcheur dans les terrains cristallins, les grès nummulitiques et les calcaires.

Le Léontodon hérissé (L. hispidnm) dans les stations inférieures, les Léontodons écailleux, de Villarset des Alpes {L. squammosum, Villarsii et alpinum) Bxix altitudes élevées, sont des plantes toutes vivaces, croissant sur tous les sols^ et plaisant à tous les animaux.

Le Pissenlit commun {Taraxacum dens leonis) [fig. li\ est excellent pour tous les bestiaux. Il est très rustique, et abonde partout, jusqu'à 2,600 mètres, tout en préférant les prairies grasses et humides. Il favorise la sécrétion laitière et l'engraissement. Il ne donne, après la dessiccation, qu'une nour-

Fig.70.— Lfdteroneomman.

riture médiocre; mais il mérite d'être compris en légère proportion dans tous les mélanges .

ponr pacage.

Le Prénant/ie à fleurs purpurines (P. purpurea) est brouté par tous les animaux. Il aimeTombreetles mêmes stations que les laiterons vivaces précités.

Les Scorzonères basse, à feuilles enlières et d'Espagne {Scorzonera humilis, glastifolia et hispanica) passent pour augmenter le lait des vaches et des brebis au pâturage. Les deux premières croissent sur les rochers et lieux secs des montagnes alpines et subalpines^ jurassiques et schisteuses; la troisième réclame un sol plus fertile^ et s'élève moins haut.

Fig. 71. — Pisaenlit commun.

Crassulacées. — Parmi leurs nombreuses espèces, YOrpin reprise {Sedum telepMum) seul, assez commun sur les rochers, dans les bois et sur les pentes humides des montagnes jurassiques, est aimé du bétail.

Crucifères. — Cette famille ne comprend, dans les pâturages alpins, qu'un très petit nombre de plantes tant soit peu alimentaires.

Les Arabettes des Alpes, du Mont-Cenis, des rochers et à feuilles de serpolet (Arabis alpina, cenisia, saxatilis et serpyU lifolia) sont de très petites plantes répandues sur les rochers et pâturages rocailleux de toutes les montagnes calcaires.

La Cardamine des prés (C. pratensis) abonde dans les lieux humides de tous les terrains; mais sa force d'expansion par voie d'ensemencement est si considérable, qu'on doit la corn-

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battre par des fumures propres à faire prédominer des espèces plus utiles. — Les Cardamines des Alpes et à feuilles de réséda {C. Alpina et resedi folio) ^ beaucoup plus petites et peu importantes^ vivent sur les pelouses humides et les rochers des plus hautes montagnes cristallines.

Le Sisymbre cresson {Sisymbrium nasturtium) croit dans tous les endroits arrosés d^eaux vives.

Le Tabouret bourse à pasteur {Thlaspi bursa pastoris) est commun partout; le Tabouret de montagne {T. montanum) habite les bois et rochers calcaires^ et le Tabouret des Alpes {T. alpinum), les pelouses des montagnes schisteuses.

Ces plantes ne sont ni dédaignées ni recherchées par le bétail; mais à la condition de ne pas prédominer^ elles exercent certainement dans son alimentation une action condimentaire utile.

Cypéracées. — Leurs racines vivaces, traçantes et longues,

fixent parfaitement les terres fortement inclinées, mais leur fourrage est généralement mauvais; toutefois, quelques espèces font exception jusqu'à un certain point, et sont acceptées par le bétail. Ce sont : les Carex et Scirpe gazonnants (C. et scirpus cœspitosa) [fig. 72] et le Carex panicée (C. panicea), qu'on trouve dans les prés humides et marais peu élevés de tous les terrains; le Carex précoce (C prœcox) [fig. 75J, dont le prompt développement

Pig.72.

L4dehe gazonueuse.

tK^M.-.i

Fig. 73.

Carex précoce.

rend service au printemps^ et le Carex toujours vert (C. sempervirens), qui préfèrent au contraire les lieux secs; ce dernier extrêmement remarquable par la puissance fixatrice de ses longues racines et de ses souches^ qui retiennent admirablement les terres, et même les blocs en éboulement; le5owchet long {Cyperus longus)y plante méridionale qui pourrait être cultivée avec succès dans les parties sableuses des cônes de déjection des Alpes Maritimes.

— La Scabieuse des champs (S. arvensis) [fig. 74] et la Scabieuse des bois (S. sylvatica ou ctispidata) sont considérées comme engraissantes et rafraîchissantes ; malgré

Fif. 74. — Scabieuse des elutiups.

Fig. 75. — Scabiense eolombaire.

cela, il ne faut pas leur laisser prendre un rôle prépondérant au détriment d'espèces meilleures. La seconde est la plus alpestre, la plus productive, et la plus aimée, mais elle a besoin d'irrigations, ou de sols humides. Après avoir été broutée, elle rejette rapidement d'abondantes feuilles. — La Scabieuse colombaire (S. columbaria) [fig. 75] ne dépasse pas 1,500 mètres; mais sa puissance extraordinaire de végétation sur des sols extrêmement secs, sa propriété de fleurir jusqu'en

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décembre, en recommandent fortement Fessai^ dans les pacages de printemps et d'automne^ pour moutons. Aux altitudes supérieures, on trouve encore la Scabieuse des Alpes {S. alpina) et la Scabieiise subcandescenle (S. subcandescem).

Graminées. — Les Agrostis sont rustiques, vivaces, et se

contentent de terrains secs, sans être insensibles pour cela à Faction de la pluie et de rirrigation ; mais ils ne donnent qu'un foin très ordinaire, et on peut leur reprocher de devenir parfois très envahissants. — JJ Agrostis commun {A. vulgaris) [fig. 76] croît dans tous les terrains, mais surtout dans les sols siliceux. — v j làÉt^

L' Agrostis stoloni - . J l ^ \P y^^

fère {A. stolonifera) ^^ '' ' "^--^ ^f ^-^^>^ [fi^g. 77] trace fortement en sols frais et humides, mais devient plus touflfu en terrains secs. — VAgrostis des chiens {A.

canina), moins bon et moins productif que les précédents, peut rendre service, néanmoins, en terrains maigres, tourbeux, mouillés et froids, où il se propage remarquable-

Fig. 76. — Agrostif oomman.

Fig. 77. — AgroatiB «tolonifère ou trAçant.

ment, par des bourgeons qui naissent sur tous les nœuds de ses tiges et stolons. — Les Agrostis des Alpes et des rochers {A. - (dpina et rupestris) vivent

dans les plus hauts pâturages des montagnes argilocalcaires et granulitiques^ jusqu'à 2,000 et 3,000 mètres.

L'Avoine élevée, ou Fromental {Avenu elalior) [fig, 78]y est cultivée en prairies artificielles dans plusieurs

Wig, 78. — Avoine élevée.

Fig. 79. — Avoine Jaunâtre.

vallées, nous Tavons vu. Elle donne aussi, à Tétat spontané, les plus beaux résultats^ aux grandes altitudes et sur tous les terrains. — L'Avoine jaunâtre {A. flavescens) [fig. 79] se plaît surtout en terrain calcaire^ et ne demande que peu d'humidité. — Les Avoines à feuilles distiques, de montagne, des

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prés, pubescente, toujours verte, pauciflore, sétacée et bigarrée {A. distic/iophylla, monlana, pratensis, pubesccns, sempervirens, paucifloray setacea, versicolor) sont d'autres espèces très répandues aussi ^ que les moutons en particulier recherchent beaucoup.

La Brize commune {Briza média), vîvac^ et très rustique,

ne produit que des feuilles très courtes, qui la destinent spécialement au mouton; mais elle réussit partout^ dans les endroits les plus froids, comme sur les sols les plus graveleux.

Legenre^raw^ne possède que peu de qualités alimentai res; il est précieux, néanmoins, à cause de sa très remarquable rusticité et de sa faculté de développement sur les montagnes sèches. — Le Brome des prés ou dressé {Bromus pratensis ou erectus) \fig. 80] foisonne beaucoup, et fixe très solidement les terres inclinées ; il réussit et se réensemence indéfiniment sur les sols les plus maigres, soit calcaires, soit sablonneux, même en plein midi, et est à employer sur les talus et pentes raides. — Le Brome inerme {B. inermis) {p^g. 81], très vigoureux, traçant, durable et productif, s'adapte à de plus mauvais sols encore, où

Fig. 80. — Brome dea préa.

la plupart des autres plantes refusent de croître, et recouvre admirablement le terrain ; il n'est pas spontané dans les Alpes, mais il y réussirait sans doute. — Le Brome géant {B.

giganteus)y plutôt appelé dans le commerce Brome des bois (B. sylvatictis), croît à Tombre, et pourrait être utilisé sous le couvert des arbres, dans les pâturages plus ou moins boisés.

Les CalamagrosUs ne fournissent qu'un mauvais fourrage , dur et sans saveur; néanmoins, dans les communes pauvres, on recueille à la faucille le Calamagrostis argenté {C. argentea), très connu sous le nomie Bauche, et qui se rencontre en touffes isolées sur les bords des torrents et dans les précipices. Il est à recommander, de même que le Calamagrostis de montagne (C. montana)y pour les ravins à sol sec, pierreux ou sablonneux, quand on veut y introduire un commencement de végétation.

Les Canches sont assez tendres, tant que leurs feuilles sont jeunes, mais elles deviennent très dures ensuite; peuproduc-

Pig. 81. — Brome incrme.

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tives, elles ne conviennent bien qu'aux moutons. On trouve, dans les Alpes, jusqu'à 2,000 mètres : la Cmiclte élevée ou gazonnaïUe {Aira cœspitosa) [fig, 82] qui peut rendre service pour créer des gazonnements dans les terrains bas et

Fig. 8S. — Canehe élevée.

Fig. 81. — Orételle des prAc.

mouillés, et la Candie flextietise {A. (kxuosa) [fig. 83] qui convient pour les terrains siliceux secs de toutes les formations, boisés ou non.

La Crételle des prés {Cynerosus crislatus) [fig, 84] donne

un pâturage et un foin fins. Très durable^ résistante, et des plus élastiques, au point de vue de la nature du sol, elle réussit parfaitement dans les pâtures sèches ou humides de tous les terrains.

Le Dactyle pelotonné {Dactylis glomerula) [fig. 85], vivace et très rustique, croit à toutes les altitudes ; quoique excel-

Fiff. 86. — Dactyle pelotonné.

lent en vert, il ne fournit pas un foin des plus délicats ; mais sa rusticité le recommande en premier rang, pour les mauvais sols, très secs, ou glaiseux.

Les Fétuques abondent dans les pâturages et les bois des

Pig. 86. — Fétaqne oviae.

Fig. 87. — Fétaqtie à fenlllet mennes.

Fig. 88. — Fétaque âarette.

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