‹ Les Alpes françaisesChapitre 63 sur 212 · LIVRE U · texte numérisé non relu

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Alpes; toutes leurs espèces fournissent un fourrage sain et nourrissant, apprécié de tous les animaux. — La Fètuque ovine (Festuca ovina) [fig. 86\y vivace et bien gazonnante, mais trop peu répandue à Fétat spontané^ croit en terrain sec, sablonneux ou pierreux, et est la plante préférée des moutons entre toutes ; elle les engraisse rapidement, et mériterait d'être semée le plus possible dans nos montagnes, son succès étant assuré sur des terrains où d'autres graminées échoueraient complètement. — La Fétuque à feuilles menues {F. tenuifolia) [fig. S7]y très ressemblante à Tovine, est commune ; mais ses touffes sont moins fournies ; elle convient pour créer des pâtures et gazons sur les terres les plus pauvres, calcaires ou siliceuses, siliceuses principalement, découvertes ou abritées, en dessous de 1 000 mètres. — Propriétés analogues chez les Fétuques dureUe et traçante (F. duriuscula et rubra) \fig. 88 et 89]. — Les Fétuques élevée et des prés (F. elatior etpratensis) [fig. 90 et 91], h souches courtes, mais très fibreuses, sont bien gazonnantes

Fig. 90. — Fétuque éleyêe.

ÉTUDES SUR l'économie ALPESTRE.

et encore préférables aux trois précédentes, mais elles ne réussissent qu'en terrains frais et fertiles. — La Fétuque hétérophylle {F. /leteropAylla) [fig. 92] se contente de terrains siliceux, frais, mais même, à la rigueur, secs et pauvres, et vient parfaitement sous bois. — D'autres espèces, à feuilles

Fig. 91. ~ Fétnqn* des préi.

yig. 91. — Fétuque héiérophyll*.

fines et gazonnantes également, se rencontrent beaucoup plus haut que les précédentes, entre 1,500 et 3,000 mètres. Ce sont : les Féttiques des Alpes, de Haller et naine (F. alpina, Haller i, nana), dans les rochers et pelouses sèches; la Féluqtie violette {F. violacea), à remarquer pour son enracinement vigoureux, qui fixe très solidement les terres ; la

Fétuque jaune {F. flavescens)^ dans les bois de mélèzes; enfin les Fétuqties noirâtre, poilue, brunâtre et changeante (F. nigrescensy pilosa, spadicea et varia) dans les calcaires argileux

du lias 9 les schistes lustrés et les terrains cristallins, jusqu'à 2,000 mètres.

La F/éole des prés {PAleum pratense) [fi.g. 93} est une plante de première qualité; elle réclame un sol fertile et frais, et réussirait dans les al-

Pi«. 93. — Fléole dea prêt.

Plg. 94. — Flonve odorante.

luvions riches des cônes de déjection. — La Fléole des Alpes {P. alpimim)y très précieuse dans sa station naturelle, et destinée surtout à être broutée, est très recherchée par les moutons ; elle préfère les terrains bas, un peu humides et argileux. La Flouve odorante {Anthoxanthum odoratum) [fig. 94] vient dans tous les terrains, tout en étant plutôt à sa place dans les sols secs et sablonneux. Elle supporte deux ou trois coupes.

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mais convient mieux cependant pour les pâturages que pour la fenaison ; elle est propre à la création de pacages^ et parfume la chair des moutons. Toutefois^ son nom lui vaut une réputation surfaite ; les prairies en contiennent généralement assez, et il suffit de mélanger 1 kilogramme de ses graines par bec- I tare à d'autres semences, dans

\ Sri i^^i^ï*^*'*^ ^® ^^^ ^® parfumer le foin.

r i>^^*è^^^ La Houlqiie laineuse il

{Holcus

Fig. 95. — lloalqae laineuse.

l'if. m. ~ Ivraie vlvaM.

lanatus) [fig. 95] est vivace, assez précoce, et donne un fourrage de bonne qualité. Sa présence est considérée comme un bon indice. — La Houlque molle {H. mollis) est beaucoup moins productive, mais très traçante, et par là même utilisable pour fixer des terrains frais, froids, glaiseux, humides, ombragés ou couverts.

VIvraie vivace {Lolium perenne) ou Ray-grass anglais [fig. 96\ est un très bon fourrage. Plus il est brouté, plus il se ramifie et talle à la base; mais il exige des sols frais, arrosables, un peu argileux, du fumier, et un climat assez brumeux, qu'on ne trouve que dans le nord de nos Alpes.

Les Méliques penc/iée et élevée {Melica nutans et dtissima) [fig. 97 et 98] conviennent pour utiliser comme pacages les lieux les plus improductifs des montagnes calcaires, pourvu qu'ils se trouvent à Fombre des bois, ou exposés au nord.

Le Millet étalé (Milium effiisum, Agrostis effusa)^ très pauvre

n?. ^'' - Méli<|iM p«nebée.

Fig. 98. — Méliqne élevée.

Fig. 99. ^ Nard raide.

en tiges, présente peu d'importance comme fourrage ; il y a cependant lieu de le citer, vu sa propriété de croître parfaitement sous bois. Il exhale une odeur de mélisse.

Le JV«rrf raide (JV. stricto) [fig. 99] est une espèce des plus précieuses pour la montagne, en raison de son aptitude à croître dans tous les terrains et à toutes les altitudes, jointe

iCOSOXU AI*P£STKE.

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à des qualités nutritives très passables^ eu égard aux hautes stations qu'il occupe; il préfère cependant les sols schisteux. Les Paturins, très analogues aux Fétuques, sont des plantes, toutes de première qualité^ nourrissantes et hâtives^ qui donnent au foin un parfum et une finesse marqués. — Les Paturins des prés et commun {Poa pralensis et trivialis) [/i(f. iOO et iOl\, traçants et résistants à la sécheresse, réussissent en

Fig. 100. — Patnriu des prés.

Fig. 101. — Patnrin commun.

prairies et pâtures dans tous les terrains, même secs, tout en préférant les terres franches et grasses ; ils supportent Tombre ; le second, cependant, craint plus la sécheresse que le premier, et doit être exclu des calcaires très secs. — Le Paturin des bois ou à feuilles étroites (P. nemoralis, angtistifolio) [fig. /02] jouit des mêmes propriétés que les précédents, mais prospère davantage sous le couvert des arbres. — Le Paturin annuel {P. annua) est extrêmement rustique; il serait même difficile de le faire disparaître, tant il se réense-

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